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Infos citoyennes

01/08/05
Résolution des scientifiques en congrès au Brésil


DECLARATION D’UBERLÂNDIA



L’OBLIGATION DE RALENTIR
LE RYTHME DE DEFORESTATION DE L’AMAZONIE


ATTENDU que les forêts de l’Amazonie jouent un rôle critique comme zones refuges pour la diversité biologique, régulent le régime des précipitations à l’échelle régionale et globale, permettent de stocker le carbone terrestre et de diminuer l’augmentation des gaz à effet de serre dans l’atmosphère; et

ATTENDU que les forêts d’Amazonie apportent aussi des bienfaits aux diverses populations locales et indigènes; et

ATTENDU que les deux tiers des forêts de l’Amazonie sont au Brésil; et

ATTENDU que le rythme de destruction de la forêt a considérablement augmenté au cours des 15 dernières années en Amazonie brésilienne où, chaque année, de vastes étendues de forêt sont détruites et dégradées;

ATTENDU que le “Amazonian Protected Area Program (ARPA)” a apporté une contribution significative à la conservation en délimitant un nombre important d’Aires Protégées; et

ATTENDU que des initiatives passées et actuelles des gouvernements Brésiliens pour ralentir le rythme de déforestation ne prennent pas en compte une des causes initiales cruciales de la destruction de la forêt, à savoir l’expansion rapide des autoroutes, des routes et des autres infrastructures en Amazonie qui facilitent considérablement l’accès à de vastes étendues de forêts intactes aux éleveurs, aux exploitants forestiers, aux agriculteurs sur brûlis et aux spéculateurs terriens;

ATTENDU que des décisions pour construire et améliorer les infrastructures routières en Amazonie sont classiquement prises sans étude préalable de l’impact de ces projets sur l’environnement et les sociétés humaines;

ATTENDU qu’un renforcement des actions de protection est rendu nécessaire pour prévenir la prolifération des routes illégales, de l’exploitation clandestine forestière, minière et agricole, et des habitations en Amazonie;

ATTENDU que le morcellement de l’Amazonie par des projets d’infrastructure à grande échelle va certainement fragmenter les forêts de l’ensemble du bassin Amazonien créant de fait des forêts relictuelles isolées les unes des autres qui sont bien plus vulnérables que les forêts intactes aux effets dévastateurs des coupes de bois, des feux et de l’emprise par des mineurs illégaux;

ATTENDU que les Nations Amazoniennes supportent déjà une part disproportionnée des dépenses et des coûts non compensées des initiatives pour la conservation de l’Amazonie;

ATTENDU que des financements et des infrastructures inappropriés pour la protection environnementale est une des raisons clés pour une exploitation prédatrice de l’Amazonie;

ATTENDU que les financements des bailleurs de fonds, tels que la World Bank et la Inter-American Development Bank, et ceux des bailleurs de fonds commerciaux ont contribué dans une certaine mesure à la disparition rapide des forêts d’Amazonie;

PAR CONSEQUENT, est déclaré à Uberlândia, lors son meeting annuel en juillet 2005 au Brésil, que l’ Association for Tropical Biology and Conservation:

1) demande au Gouvernement Brésilien de respecter les engagements pris dans le cadre du programme ARPA, et requiert que ARPA facilite le transfert rapide des ressources critiques pour la protection et la gestion des parcs;

2) presse le gouvernement fédéral Brésilien de reporter les projets plannifiés d’infrastructures en Amazonie et identifiés par le groupe de travail inter-ministériel afin de réduire la déforestation de l’Amazonie qui devrait vraisemblablement entraîner des dommages environnementaux à grande échelle, en particulier les autoroutes BR-319 (Porto Velho–Manaus), BR-163 (Cuiabá-Santarém), BR-230 (Lábrea–Humaitá), les projets de barrages hydroélectriques River Madeira (Santo Antônio et Jirau), et le pipe line de gaz Urucu–Porto Velho; ce délai devrait permettre de prendre des mesures beaucoup plus rigoureuses afin de réduire les impacts environnementaux et sociaux de ces projets;

3) requiert du Gouvernement Brésilien de faire un effort significatif pour réduire la prolifération rapide des routes illégales et autres infrastructures à travers l’Amazonie brésilienne;

4) insiste pour que les bailleurs de fonds internationaux et commerciaux retiennent les projets sur des critères environnementaux exigeants afin de s’assurer que ces prêts et projets ne favorisent pas ou n’augmentent pas la déforestation de l’Amazonie;

5) presse le Gouvernement Brésilien de renforcer les mesures environnementales de régulation, incluant celles qui s’appliquent aux routes spontanées, aux décrets pour des infrastructures gouvernementales, aux réserves légales, aux Aires Permanentes de Protection dans les propriétés privées;

6) presse la communauté internationale, en particulier les puissances économiques comme les Etats-Unis d’Amérique, le Canada, le Japon et l’Union Européenne, d’augmenter considérablement son soutien au Brésil pour ses initiatives de conservation de l’Amazonie de manière à partager le coût économique élevé de la préservation de la forêt.


Traduction de la version en langue anglaise par Dr Pierre-Michel Forget, ATBC councillor 2003-2004 - Maître de conférence, Muséum National d’Histoire Naturelle, Brunoy, France

Texte original de la Déclaration d’Uberlândia, en Anglais et en Portugais du Brésil (format pdf)


PROJETS IDENTIFIES PAR LE GROUPE DE TRAVAIL INTER-MINISTERIEL COMME POUVANT CONTRIBUER A LA DEFORESTATION


1. Projets pouvant générer de nouveaux fronts pionniers d’occupation en régions vulnérables

- BR 319 - Porto Velho – Manaus (RO-AM)
- BR 230 - Lábrea – Humaitá (AM)
- Hidrelétricas do Rio Madeira: Santo Antônio e Jirau (RO)
- Gasoduto Urucu – Porto Velho (AM-RO)

2. Projets créant de nouveaux fronts pionniers en régions déjà occupées mais avec des infrastructures sociales précaires, une absence d’infrastructures sociales, d’investissement publiques et à populations vulnérables.

- Hidrelétrica de Belo Monte (PA)

3. Projets génèrant une déforestation localisée

- BR 156 – Ferreira Gomes – Oiapoque (AP)
- BR 364 - Sena Madureira – Riozinho (AC)
- BR 401 - Bonfim – Normandia (RR)
- Gasoduto Coari – Manaus (AM)
- LT Tucuruí – Manaus – Amapá (PA/AM/AP)

4. Projets contribuant à consolider le processus historique d’occupation

- BR 230 - Marabá – Altamira (PA)
- LT Vilhena – Ji-Paraná – Jauru (RO/MT)

5. Routes favorisant l’expansion de nouveaux fronts de déforestation

- BR 317 - Rio Branco - Boca do Acre (AC/AM)

6. Routes favorisant le développement de nouveaux fronts pionniers

- BR 163 – Cuiabá – Santarém (MT-PA)

Le site de l’Association for Tropical Biology and Conservation :
http://www.atbio.org/