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On pourrait penser que tout va mal en Guyane, certes c'est un peu vrai, mais cet espèce de tableau noir qui est devant nos yeux est peut-être seulement l'image d'une réalité déjà ancienne qu'on a jusqu'ici soigneusement essayé d'ignorer, et un tableau sur lequel on n'a rien inscrit pour ne pas avoir à le prendre en compte.
Ce qui est en train de changer, et qui est un signe d'espoir, c'est qu'on commence à écrire des mots sur ce tableau noir, des mots sans doute douloureux, mais les seuls qui puissent nous permettre d'avancer. Les squats, les bidonvilles, par exemple, qui s'entassent depuis des années et des années semblent soudain poser problème.

Pour n'avoir pas voulu voir la misère, elle nous explose à la figure. Ce qui nous vaut un article dans le Canard enchaîné : «Pourquoi tant de Cayenne ?», disponible aujourd'hui en Guyane : retour sur les démolitions de la Digue Ronjon qui nous font encore vômir aujourd'hui, et sur les propos d'un individu, pourtant sénateur de la République, qui déclare, à la suite de cette affaire : «Je vous rappelle que ce squat que l'on a détruit, c'est le lieu où Jean-Richard Robinson a été assassiné, c'est donc que les gens qui étaient dans ce squat sont des criminels.» Des paroles indignes qui devraient envoyer son auteur directement en tôle pour incitation à la haine. Nous les inscrivons en rouge sur notre tableau noir.

Une bombe pour certains, un simple réalité pour d'autres
qui attendent depuis longtemps que "ça sorte" : 150 tonnes de déchets à risques chimiques et toxiques, de pièces anatomiques à risque infectieux, sont entassés dans la cour de l'hôpital de Cayenne depuis qu'on a arrêté l'incinérateur qui intoxiquait la population en rejetant dans l'atmosphère pas moins de 466 fois le taux de dioxines autorisé, sans parler du monoxyde de carbone et des métaux lourds. Une "affaire" dénoncée par Frédéric Farine dans la Semaine Guyanaise sortie hier (à Cayenne) sous le titre : «Cet hôpital qui nous empoisonne», et traitée par France-Guyane jodla plus sobrement : «Fermeture préfectorale de l'incinérateur pollueur». Des mois pourtant, des années peut-être que durent ces dysfonctionnements, mais il est toujours temps d'en parler. Alors inscrivons-les sur notre tableau noir, et acceptons de les regarder, avec tout le reste. On avance, on avance !

Côté nature cette fois, les énormes pluies ont provoqué d'importantes inondations sur les rives du Maroni et des villages ont dû être évacués. Voir le journal de Télé Guyane du 10 mai qui devrait être mis en ligne dans la journée : www.rfo.fr

Blada, mai 2006

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