Miel de Guyane

Bruno et Joséfa Gaucher


Etre libre, être heureux, vivre, choisir... comment faire ?
par Bruno Gaucher


La première maison construite par 
Bruno et Joséfa, sur les bords de la Crique Toussaint, 
à 3 km de la piste de Saint-Elie.

Et c'est là qu'avec la fillette qui rêvait d'être indienne nous avons vécu pendant sept ans en pleine forêt, sans eau, si ! l'eau de la crique, sans électricité, si ! un panneau solaire qui nous donnait de la lumière et de la musique, mais sans téléphone, sans réfrigérateur et sans télévision.

C'est là que nous avons commencé à développer notre petite entreprise familiale d'apiculture, avec l'abeille africanisée appelée par les médias "abeille tueuse".

A huit ans, je collectionnais les timbres,  et parmi les quelques centaines que j'avais, l'un exerçait sur moi une grande fascination : en haut était écrit Guyane française et l'on y voyait un amérindien en kalimbé rouge, pointant son arc dans les frondaisons de la forêt amazonienne. 
Je le regardais, je le regardais...

Et puis... loin de là, une gamine du même âge, espagnole, rêvait d'être  indienne...

Vingt ans plus tard, las de la métropole, déprimé et désireux de vivre autre chose, je prenais l'avion pour la Guyane française. C'était en 1986. Trois ans plus tard, je faisais un abattis en pleine forêt, j'y construisais une maisonnette en bois en forme d'alvéole, au bord d'une petite crique...

Pendant dix ans, nos 50 ruches nous ont donné généreusement 36 tonnes de miel (70 kg par ruche et par année). Nous travaillons avec une abeille agressive mais nous n'avons aucune maladie (ni varroase, ni loques, ni mycoses) et nos miels ne sont issus que des fleurs sauvages de la forêt amazonienne qui donnent des miels brun-rouge assez corsés, ou des fleurs de la forêt secondaire, des savanes ou du bord de mer où domine le palétuvier, et qui donnent un miel clair très doux et très parfumé.

 

 

 

 

 

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Blada Editeur
 Le Petit Journal de Kourou