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A huit ans, je collectionnais les timbres,
et parmi les quelques centaines
que j'avais, l'un exerçait sur moi une grande fascination : en haut
était écrit Guyane française et l'on y voyait un amérindien en
kalimbé rouge, pointant son arc dans les frondaisons de la forêt
amazonienne.
Je le regardais, je le regardais...
Et puis... loin de là, une
gamine du même âge, espagnole, rêvait d'être indienne...
Vingt ans plus tard, las de la
métropole, déprimé et désireux de vivre autre chose, je prenais
l'avion pour la Guyane française. C'était en 1986. Trois ans plus tard, je faisais un
abattis en pleine forêt, j'y construisais une maisonnette en bois en
forme d'alvéole, au bord d'une petite crique...
Pendant
dix ans, nos 50 ruches nous ont donné généreusement 36 tonnes
de miel (70 kg par ruche et par année). Nous travaillons avec une abeille
agressive mais nous n'avons aucune maladie (ni varroase, ni loques, ni
mycoses) et nos miels ne sont issus que des fleurs sauvages de la forêt
amazonienne qui donnent des miels brun-rouge assez corsés, ou des
fleurs de la forêt secondaire, des savanes ou du bord de mer où domine
le palétuvier, et qui donnent un miel clair très doux et très parfumé.
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