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Jodla 16/01/10
Les brèves de FF
Catastrophe d’Haïti

Un prêtre de Kourou voit la « main de Dieu » dans le caractère diurne du séisme

Ce sont des mots qui auraient dû provoquer un tollé. En Guyane, ce témoignage a été diffusé, sans réserves, dans l’émission Parol Kontré, du média public, RFO, mercredi 13 janvier. Depuis, localement, ni la classe politique, ni les associations humanitaires, ni les médias n’ont sourcillé. Ces propos sidérants ont été prononcés le lendemain du séisme en Haïti, par le prêtre Jude Mompoint, d’origine haïtienne, officiant à Kourou pour le clergé catholique. Voilà mot pour mot ce qu’a déclaré l’homme d’Eglise, au nom de l’espérance, en commentant le séisme : « Imaginons un peu si c'était arrivé par exemple à 5 heures du matin, les résultats seraient plus catastrophiques. Dans tout ça, on voit, malgré tout, la main de Dieu. Dieu a vraiment un amour spécial pour ce peuple. ». Voir « malgré tout » une intervention divine par le biais d’un prétendu horaire judicieusement choisi pour un séisme aussi dévastateur en Haïti, il fallait oser.

Voici, à l’inverse, une description du drame de Port au Prince sur le site du Figaro Magazine : « 16 h 53, une longue secousse de magnitude 7 secoue la capitale haïtienne (…) Des frêles constructions des bidonvilles au palais présidentiel, les murs cèdent. Jetée dans les rues jonchées de gravats, la population survivante marche, hagarde, fantomatique dans la poussière. Dans les décombres, des milliers de corps emprisonnés étaient déjà sans vie. Puis la nuit a tout avalé. ‘Il n'y a plus d'électricité, plus de réseau de communication, plus d'accès à l'eau potable, plus de service hospitalier, c'est une catastrophe d'envergure’, commentait Simon Schorno de la Croix-Rouge Internationale au lendemain du séisme ». A la Fédération de la Croix Rouge, juste après la catastrophe, on n’évoquait nullement la « main de Dieu » dans ce séisme diurne : concrètement, toujours selon Le Figaro, on s’y préparait « à venir en aide à 3 millions de personnes. Un chiffre impressionnant. ». Et le journaliste sur place de témoigner : « En remontant l'une des principales artères de la capitale, il y avait beaucoup de bâtiments complètement effondrés (…) et il y avait même des enfants sur le pavé, morts et abandonnés là.»


FF