La couleur des organismes vivants joue un rôle fondamental et complexe tant au niveau individuel que spécifique. Les principales fonctions des couleurs animales sont le camouflage d’une part, les signaux - vrais ou trompeurs - d’autre part, fonctions auxquelles il faut ajouter pour les organismes poidkilothermiques (ou à « sang froid », comme les insectes par exemple) la gestion thermique du corps par absorption de l’énergie solaire et rayonnement infrarouge. Ces impératifs vitaux sont souvent globalement incompatibles et l’optimum dans ce domaine réside dans l’équilibre et le partage des taches. Sur cette base, les couleurs animales ont été classées en fonction de leur rôle, réel ou supposé. La première partie de l’exposé est consacrée à la présentation et l’illustration de cette classification historique, principalement à l’aide des insectes. Quelques exemples montreront alors les limites d’une telle approche purement statique. La seconde partie montre comment la couleur d’un organisme vivant ne doit être perçue et ne peut être comprise que sous son aspect dynamique, ce qui impose une connaissance à la fois des mouvements et déformation à toute échelle de cet organisme, comme du mode de perception de l’observateur. Nous nous appuierons pour cela sur une famille de papillon emblématique de la Guyane : les Morphos.