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Infos citoyennes

12/12/25
« Encore beaucoup d'élèves ignorent que l'on peut se former aux métiers du soin en Guyane »

L'institut de formation de soins en santé de Guyane ouvre ses portes au public ce samedi de 9h à 15h, à l’Ifsi, campus de Troubiran, à Cayenne. Sa directrice Tadéa Stephenson et Kamblia Moua Mo, coordinatrice pédagogique de l’IFS, nous présentent les nouveautés.

Samedi, vous organisez vos portes ouvertes. Qu'est-ce que les visiteurs vont découvrir ce jour-là ?

Les visiteurs font découvrir les 4 formations que nous proposons au sein de notre institut de formation en santé :

  • Préparateur en pharmacie hospitalière ;
  • Infirmier ;
  • Auxiliaire de puériculture ;
  • Aide-soignant.

Ils vont aussi découvrir les ateliers de formation infirmiers, les ateliers liés aux formations d’auxiliaire de puériculture et d'aide-soignant, animés par nos formateurs.

L'an dernier, vous aviez reçu un peu plus de 400 personnes. En attendez-vous davantage ?

Nous avons attiré un peu plus large en s'y prenant plus en amont. Nous avons sollicité les écoles et les lycées plus tôt. Nous revenons du forum des métiers de la cité scolaire de Saint-Georges. Encore beaucoup d'élèves ignorent que l'on peut se former à ces métiers en Guyane pour, un jour, revenir exercer dans sa commune.

La prochaine année sera marquée par la réforme des études d'infirmiers. En quoi consiste-t-elle ?

Il y aura désormais 13 compétences. Les étudiants se renforcent sur la recherche, le raisonnement clinique, la prévention, l'éducation thérapeutique. Cette réforme se traduit également par une augmentation horaire sur la théorie et la clinique. Nous devons également mettre en place la formation par simulation avant que les étudiants ne partent en stage.

Comment s'organise cette formation en simulation ?

Notre premier objectif et de former tous nos formateurs à la simulation en santé. Quatre le sont depuis mercredi. Le deuxième objectif sera d'acquérir le matériel pour faire de la simulation. Nous avons d'ores et déjà équipés nos deux salles de simulation cette année. Elles sont prêtes. Il nous manque certains mannequins. Le troisième objectif sera de faire un partenariat avec les professionnels de santé des sites du CHU et même des hôpitaux privés.

Vous avez envoyé sept premières étudiantes en Erasmus pour des stages au Portugal. Quels sont leurs retours ?

Elles sont satisfaites de ce stage. C'est une première fois dans un pays étranger. Elles ont appris de nouvelles techniques par rapport à ce que l'on apprend sur le territoire français. Elles ont découvert une autre culture. C'était très positif. Elles ont toutes validé leur stage. Elles ont aussi progressé au niveau de la langue. Les étudiantes qui étaient inquiètes sont revenues très à l'aise. Elles étaient également satisfaites de l'encadrement du stage, des relations avec les équipes de soignants.

Où en est le projet d’Ifsi à Saint-Laurent-du-Maroni ?

Il est toujours d'actualité. Nous allons passer à la phase de recherche des locaux, de rencontres avec les institutionnels comme la CTG et l'ARS. Nous aimerions faire la rentrée en septembre 2027. Nous aurons l'expérience d'une année de la réforme des études à Cayenne. Nous pourrons reproduire la même chose à Saint-Laurent.

Vous vous étiez positionnés pour les formations de masseurs-kinésithérapeutes et de manipulateurs radio. Où en êtes-vous ?

La priorité, c'est manipulateur radio. Le nouveau directeur général du CHU nous positionne clairement sur les activités de médecine nucléaire et de radiothérapie. La priorité est donc la création de cette filière de formation de manipulateur radio. Nous avons pris les premiers contacts en ce sens. Nous sommes sur l'étude de faisabilité. Dès que nous aurons les éléments, nous pourrons avancer une date. Nous le ferons au plus tôt, à la demande du DG de CHU. Il y a aujourd'hui une formation assurée par le GIP du rectorat. La prochaine promotion sortira en 2027. Nous espérons prendre le relais. L'idéal serait que nous puissions démarrer en septembre 2027 pour cette formation de trois ans.

Et s’agissant de la formation d’infirmiers d’anesthésie (Iade) ?

Pour l'instant, c'est suspendu. Nous avions recruté quelqu'un pour la coordination de la formation, qui nous a fait faux bond. Aujourd'hui le besoin est moins prégnant. C'est donc reporté.

La prochaine promotion de préparateurs en pharmacie hospitalière débutera à la rentrée 2026. Ce sera la première qui sera universitarisée. Qu'est-ce que ça changera pour les étudiants ?

À l'issue, ils auront un grade de licence. Cela permet aussi aux étudiants de poursuivre vers un master. La formation a évolué et se fera en unités d'enseignement par compétences. L'université de Guyane n'ayant pas d’UFR de pharmacie, nous avons conventionné avec l'université de Bordeaux, qui valide leur diplôme.

Cette année a été marquée par la création du CHU. Qu'est-ce que cela a changé pour vous ?

Pour nous, cela facilite les stages et la communication avec les établissements. Pour ma collègue coordinatrice clinique, cela facilite la coordination et l'organisation de stages sur tous les sites du CHU. Désormais, nous avons une seule convention avec le CHU, alors qu'avant il nous en fallait une avec chaque site.

Quels sont vos autres projets ?

Nous avons celui de de la mise en ligne du site internet de l'institut des formations en santé. Nous espérons d'ici à la fin du premier trimestre à 2026. Ce sera une grande étape en termes de communication. Les usagers pourront trouver des informations sur les formations que nous proposons, le déroulement des inscriptions, l'accès aux résultats des sélections et des diplômes. Nous finalisons les travaux des nouveaux locaux pour les filières courtes, sur la route de Baduel. Nous travaillons sur la coopération régionale. Nous rentrons d'une mission à Macapa, en coopération avec le campus des métiers. Nous souhaitons proposer à nos étudiants des stages chez nos voisins. Comme ils sont partis au Portugal, ils pourraient partir au Brésil, réaliser des stages chez nos voisins qui soient qualifiants. Cela permet aussi de s'ouvrir à des pratiques soignantes qui nous ressemblent peut-être plus puisque nous partageons le même environnement.

Les taux de réussite en hausse

En ce début de mois, les étudiants qui avaient échoué aux épreuves de juin ont passé leur rattrapage. Les résultats viennent de tomber. Ils montrent une forte hausse des taux de réussite :

  • infirmier  : le taux passe de 65% en 2024 à 75% cette année ;
  • aide-soignant  : il passe de 68 à 75% ;
  • auxiliaire de puériculture : ils passent de 66 à 89%.

Arrivée il y a deux ans à la tête de l'institut de formation en santé de Guyane, Tadéa Stephenson estime, avec Kamblia Moua Mo avoir renforcé « le niveau d'exigence tant au niveau de la sélection qu'au niveau des attendus lors des évaluations. Les méthodes pédagogiques ont évolué, notamment lors des travaux dirigés. Nous utilisons de nouvelles méthodes pédagogiques d'apprentissage qui permettent aux étudiants de mieux assimiler les attendus de chaque unité d'enseignement et de transférer sur le terrain ce qu'ils apprennent. Nous utilisons davantage les outils numériques. Cela leur permet d'acquérir plus de connaissances plus facilement. »

L’IFS réfléchit à créer une prépa pour certains élèves dont le niveau est trop juste après le bac mais qui ont le profil et la motivation pour embrasser les carrières soignantes. En effet, environ 10 % des 100 étudiants infirmiers de première année décrochent ou échouent dans les premiers mois. « Il y a nécessité de créer cette prépa. Nous sommes à 75 % de réussite chez les étudiants infirmers. Pour atteindre 100 % de réussite, il faut travailler en amont. L'idéal serait de démarrer cette formation l'année prochaine. Tout dépendra de notre capacité à trouver l'encadrement ad hoc. En tout cas, le projet est toujours dans les tuyaux. Cela a été confirmé par le nouveau directeur général du CHU. Il nous demande de tout mettre en œuvre pour que ça soit mis sur pied rapidement. »

La directrice de l'IFS envisage également de revoir les critères de sélection sur Parcoursup. L'an dernier, 1085 candidats se sont inscrits, pour cent places. « C'est largement suffisant. Mais Parcoursup ne nous donne pas vraiment les moyens de sélectionner comme nous voudrions. Au-delà des notes, où le logiciel effectue lui-même la sélection, nous avons du mal à évoluer le dossier à partir de la lettre de motivation. Avec l'intelligence artificielle, elles sont toutes excellentes. Nous allons réduire la part de la lettre de motivation qui n'a plus de sens. Nous nous pencherons davantage sur les remarques des professeurs sur les bulletins, en lisant entre les lignes. Nous ne rencontrons pas cette difficulté avec les étudiants en formation continue puisqu'il y a une épreuve de sélection écrite avec un exercice en mathématiques, un autre en expression écrite, et un entretien oral. Là, nous avons vraiment les moyens d'aller chercher des profils que nous souhaitons. »

Bâtiments : ce qui va changer… ou pas

Les instituts de formation d'aides-soignants et d'auxiliaires de puériculture pourraient effectuer la prochaine rentrée dans de nouveaux bâtiments. Actuellement installés derrière l’Ehpad de l'hôpital de Cayenne, ils doivent déménager au premier étage du centre commercial City Market, route de Baduel à Cayenne. L'hôpital attend une livraison du chantier au premier trimestre 2026. En libérant leurs actuels locaux, les 2 instituts de formation pourrait lancer des opérations à tiroirs. L'un des scénarii prévoit d'installer à leur place le plateau technique des soins médicaux et de réadaptation (SMR) pendant la réhabilitation du bâtiment médico-chirurgical.

En revanche, l'institut de formation en soins infirmiers ne devrait pas déménager prochainement. S'agissant du projet de bâtiment de formation en santé de l'Université de Guyane, Tadéa Stephenson confie que « les nouvelles ne sont pas bonnes. Pour l'instant, c'est en stand-by. »

Infirmier, aide-soignant, auxiliaire de puériculture : comment candidater ?

Infirmier (100 places) :

  • En formation initiale, l’inscription se fait sur Parcoursup à partir de mercredi 17 décembre.
     
  • Formation professionnelle continue : dossier à récupérer sur le site internet du CHC à partir de 

Parcours spécifique aide-soignant : dossier à récupérer sur le site internet du CHC à partir de lundi. 

Aide-soignant et auxiliaire de puériculture (20 places chacun) : les dossiers sont à retirer sur le site internet du Centre Hospitalier de Cayenne à partir de lundi. Les épreuves ça te viendront courant avril.

Préparateur en pharmacie hospitalière (15 places) : dossier à récupérer sur le site internet du CHC à partir de lundi. 

Seize nouveaux préparateurs en pharmacie diplômés

Le 3 décembre, une délégation de l'UFR de pharmacie de l'Université de Bordeaux est venue en Guyane pour remettre leurs diplômes à 16 nouveaux préparateurs en pharmacie (à distinguer des étudiants préparateur en pharmacie hospitalière de l'institut de formation en santé de Guyane).

Sur le territoire, cette formation est délivrée par le Centre de Formation des Apprentis. Or elle est désormais universitaire. Le CFA a donc noué un accord avec l'Université de Bordeaux qui garantit le volet universitaire et délivre le diplôme. En pratique, environ 80% de la formation est toujours assurée sur place par le CFA. Ce genre de partenariat est inédit puisqu'en général les universités portent à 100% la responsabilité des formations.

La majorité des seize nouveaux diplômés a déjà un contrat de travail puisqu’ils ont effectué les stages au sein des officines. Cet universitarisation de la formation leur permettra de continuer études vers une mention supplémentaire, une licence de préparation pharmacie hospitalière voire vers la PASS-LAS en pharmacie.

 

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