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Infos citoyennes

09/01/26
Des financements pour favoriser la recherche sur la santé mentale et la précarité en Guyane

L’Agence Régionale de Santé s’est rapprochée de la Fondation hospitalière pour la recherche sur la précarité et l’exclusion sociale, pour le développement de projets de recherche interventionnelle concernant les situations de précarité en Guyane. Trois premiers projets de recherche ont été financés dans le cadre de l’appel à projets « Précarité et santé mentale, rompre le cercle vicieux » émis par la fondation fin 2024. La fondation vient de lancer un nouvel appel à projets.

Héritier de la Maison de Nanterre, où étaient envoyés les indigents de Paris au XIXe siècle, l’hôpital de Nanterre (Hauts-de-Seine) a conservé une orientation très forte d’accueil social et médico-social au sein de l’hôpital, avec notamment plus de 200 personnes qui viennent y dormir chaque nuit. En juillet 2024, il avait conduit une étude en Guyane sur les pathologies de rue, c’est-à-dire la médecine sociale focalisée sur la population la plus précaire (lire la Lettre pro du 26 juillet 2024). 


Parmi les membres de la mission figurait Alexandre Martini, directeur de la Fondation hospitalière pour la recherche sur la précarité et l’exclusion sociale, créée à l’initiative de l’Hôpital de Nanterre par décret en 2019. Celle-ci finance des programmes de recherche en lien avec des actions sur la pauvreté, l’exclusion sociale, la santé mentale, le vieillissement ou le handicap. Se concrétise aujourd’hui le financement de trois projets de recherche sur le territoire, conjointement par la fondation et par l’Agence régionale de santé.

« J’ai mené des entretiens avec des acteurs associatifs, des acteurs de terrain et des acteurs de la recherche, relate Alexandre Martini. Le but était d’explorer les opportunités de développement de la recherche interventionnelle en lien avec les actions de lutte contre la précarité, et de voir le rôle que pourrait jouer la fondation. Cela a abouti à une convention avec l’ARS pour contribuer au développement de la recherche, en plus de ce que font déjà les acteurs locaux. »

Fin 2024, la fondation a lancé un appel à projets de recherche sur la santé mentale et la précarité. Elle a fortement insisté pour que les porteurs incluent un volet sur le contexte guyanais : soit en réalisant des inclusions sur le territoire, soit en étudiant la réplicabilité de leurs résultats en Guyane. De son côté, l’ARS contribue à leur financement. De 120 lettres d’intention au départ (un nombre record pour la fondation), six projets ont été retenus, dont trois concernant la Guyane. Deux autres pourraient être retenus, tous deux concernant également le territoire.

Dans le même temps, la Grande cause nationale sur la santé mentale a été prolongée cette année. La fondation a donc lancé un nouvel appel à projets de recherche « précarité et santé mentale » (lire ci-dessous). Si on ne sait pas si les prochains projets sélectionnés auront également un volet Guyane, Alexandre Martini constate que « beaucoup de choses sont mises en place en Guyane, du fait de la complexité du territoire. Certaines pourraient être des éléments d’inspiration en dehors du territoire. C’est quelque chose auquel il faut réfléchir. »

Les trois projets sélectionnés pour la Guyane

■ Traumas de l’enfance, troubles cognitifs et exclusion sociale

Le projet Cicatrices (Comprendre l’impact chronique des adversités et des traumas infantiles sur la cognition des adultes en situation d’exclusion sociale), porté par Claire Vallat-Azouvi (Université Paris 8 - Laboratoire DysCo) s’intéresse aux expériences adverses dans l’enfance (EAE) vécues par les personnes sans abri. Il consistera à tester le lien entre EAE, troubles cognitifs et précarité sociale à l’âge adulte. Il sera mené en Île-de-France et en Guyane. En comprenant mieux l’impact à long terme des EAE sur la neuropsychologie des personnes à risque de grande précarité, ce projet pourrait déboucher sur deux grands axes d’application :

  • Prévention à travers la prise en charge neuropsychologique des jeunes victimes d’EAE, réduisant ainsi le risque de marginalisation à l’âge adulte ;
  • En montrant le rôle des EAE dans les fragilités cognitives des adultes marginaux, contribuer à la reconnaissance de leur handicap, même en l’absence d’antécédents neurologiques diagnostiqués.

Un objectif secondaire du projet Cicatrices sera de vérifier si les données peuvent être généralisées aux territoires d’Outre-mer en associant au projet des structures guyanaises (Association départementale d’entraide des personnes accueillies en protection de l’enfance Guyane, services du Groupe SOS) et obtenir ainsi un échantillon de la population en dehors de l’Hexagone. La réplicabilité de la méthodologie et l’adaptation des outils et des mesures au contexte guyanais feront l’objet d’une étude pilote ancillaire durant la dernière phase du projet.

■ Santé mentale du post-partum chez des femmes migrantes

La dépression et l’état de stress post-traumatique après l’accouchement peuvent avoir des conséquences délétères à court comme à long terme sur la santé des mères et des enfants. Des questionnaires spécifiques ont été validés en population générale pour dépister ces pathologies, sans prendre en compte les expressions locales et les présentations culturelles spécifiques de la détresse, entraînant possiblement un sous-dépistage dans certains groupes de femmes migrantes. L’objectif de cette recherche est d’évaluer la validité de deux échelles pour dépister les problèmes de santé mentale du post-partum chez des femmes au profils de migration multiples. L’étude Psy4Mums, conduite par le Pr Élie Azria (Fondation Hôpital Saint-Joseph), sera mené en Île-de-France et en Guyane. L’étude mêlera approches qualitative et quantitative pour évaluer les deux échelles sur un échantillon de 80 femmes par la comparaison des résultats des tests aux résultats d’un entretien psychiatrique, gold standard en matière de diagnostic. Ces approches permettront au besoin d’adapter les seuils où d’envisager des questions additionnelles pour couvrir des symptomatologies non couvertes actuellement.

Le repérage des femmes éligibles se fera après l’accouchement dans les services de suites de couches des maternités de Cayenne, Montreuil (Seine-Saint-Denis) et de l’hôpital Saint-Joseph (Paris), par les sages-femmes de recherche ou techniciens d’étude clinique.

■ Stratégies d'intervention psychosociale adaptées aux personnes en situation de précarité et d'exclusion sociale

Les équipes de la Croix-Rouge française déploient des activités de soutien psychosocial auprès des personnes accueillies et accompagnées, au quotidien et dans les situations d’urgence, à la rue, en hébergement ou en habitat informel. Ce projet associe expertise de la recherche en sciences humaines et sociales, spécialisée dans le domaine de la santé mentale, et expertise de terrain dans l’action sociale et humanitaire de la Croix-Rouge française. Il a pour ambition de répondre aux questions de recherche suivantes : Quels sont les déterminants et les leviers les plus efficaces pour construire des stratégies d'intervention psychosociale adaptées aux personnes en situation de précarité et d'exclusion sociale ? Dans quelle mesure les stratégies actuelles d'intervention psychosociale répondent-elles aux besoins réels des personnes en situation de précarité et d'exclusion sociale, et comment les améliorer ? Il sera conduit sur une grande diversité de terrains d’étude (Hauts-de-Seine, Fontenay, Calais et Grande-Synthe, Nîmes, Cayenne) et a pour objectif de formuler des réponses concrètes pour améliorer et transformer les interventions. En Guyane, c’est le Centre de Prévention Santé et l’Équipe mobile santé environnement (EMSE) qui participeront à l’étude.

Il est à noter qu’un quatrième projet retenu ne concerne pas la Guyane mais est porté par le Dr Florence Huber (Centre Hospitalier Le Vinatier), qui a longtemps exercé sur le territoire. Il a pour objectif principal de décrire et quantifier les principaux troubles psychiques et conduites addictives parmi les jeunes migrants isolés primo-arrivants, incluant le public des mineurs non accompagnés.

Un nouvel appel à projets de recherche sur la santé mentale

La Fondation Hospitalière pour la Recherche sur la Précarité et l’Exclusion sociale a lancé en décembre 2025 un nouvel appel à projets de recherche sur la thématique « précarité et santé mentale ». Elle souhaite contribuer à faire émerger de nouvelles solutions pour améliorer la prise en charge des problématiques de santé mentale pour les personnes précaires les plus vulnérables, en priorisant trois sous-thématiques :

  • Enfance et adolescence en situation de précarité, repérage et prévention des troubles psychiques ;
  • Précarité et familles monoparentales, effets psychiques et accompagnements ;
  • Impact de la surexposition aux aléas climatiques sur la santé mentale des personnes précaires et interventions.

Le dépôt des candidatures, via une lettre d’intention dans un premier temps, se fera via une plateforme en ligne jusqu’au 9 février (19h59, heure de Guyane).

 

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