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Infos citoyennes

12/06/26
Des outils pour garantir à tous l’accès à l’eau et à une eau sûre

La onzième édition d’Eau’rendez-vous, organisée la semaine dernière par l’ARS et l’Office de l’eau de Guyane, a permis de présenter les diagnostics territoriaux d’accès à l’eau et les futurs plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux. Ces documents, qui seront élaborés par les mairies et par la CACL, fourniront des recommandations pour s’assurer que tous les habitants aient accès à l’eau en quantité suffisante et pour garantir en permanence sa sécurité sanitaire.

En Guyane, chaque habitant dispose de 800 000 m3 d’eau douce. Pourtant « bien que cette ressource soit abondante, 15 % de la population guyanaise n’aurait pas accès à l’eau, ce qui représente 48 000 personnes habitant dans les communes isolées mais aussi dans les habitats informels du littoral. » Ce paradoxe a été rappelé par le Dr Manuel Munoz, directeur de la santé publique à l’Agence régionale de santé, vendredi au second jour d’Eau’rendez-vous, la rencontre entre les acteurs de l’eau du territoire, organisé par l’ARS et l’Office de l’eau de Guyane. Or la loi fixe désormais « entre cinquante et cent litres d’eau par personne et par jour (…) la quantité suffisante d’eau destinée à la consommation humaine ». Cette « consommation humaine » concerne l’eau de boisson mais aussi les autres usages : hygiène corporel, hygiène du logement, cuisine et linge. Ces cinquante à cent litres doivent être disponibles « au domicile ou dans le lieu de vie des personnes ou, à défaut, en un point d'accès le plus proche possible ».

Pour disposer d’un état des lieux précis des habitants ayant ou pas de l’eau en quantité suffisante, les mairies et la communauté d’agglomération du Centre littoral (pour Cayenne, Matoury, Rémire-Montjoly, Macouria, Montsinéry-Tonnegrande et Roura) doivent établir des diagnostics territoriaux d’accès à l’eau. Outre dénombrer et localiser les personnes n’ayant pas un accès suffisant à l’eau, ce document établit un état des lieux des modalités d’accès à l’eau et formule des recommandations d’actions ou de solutions destinées à améliorer les conditions d’accès à l’eau. Ce diagnostic doit couvrir tous les habitants de la commune, y compris celles installées illégalement ou étant en situation irrégulière. Il devra être mis à jour au moins tous les six ans.

Les participants à Eau'rendez-vous ont pu s’exercer à l’élaboration de DTAE à partir de situations rencontrées en Guyane : des forages isolés à Grand-Santi, des puits dans les quartiers périphériques de Saint-Georges, le tarissement de la ressource dans le secteur de Corossony à Sinnamary, l’écart de Saint-Soit à Camopi ou encore des bornes-fontaines à Saint-Laurent : « Aller chercher cinquante litres par jour et par personne, c’est énorme comme activité, surtout si on habite loin », ont fait remarquer les participants. Parmi les pistes avancées, la Croix-Rouge française a présenté ses interventions sur le traitement de l’eau (lire la Lettre pro du 24 mars). 

« C’est la première fois qu’on a une contrainte de réaliser ce genre d’étude pour l’accès à l’eau pour tous », a souligné l’ONG Solidarités International, vendredi. Ses représentants ont d’ores et déjà fourni de premières recommandations aux participants : « Penser des solutions de long terme et ne pas rentrer dans une logique de crise. Effectuer un retour d’expérience des crises passées », par exemple le coût de revient des packs d’eau livrés par hélicoptère dans les communes de l’intérieur, lors de la sécheresse de 2023. « Diversifiez les solutions : à une situation de précarité hydrique ne correspond pas une seule solution d’accès à l’eau. »

Garantir la sécurité sanitaire de l’approvisionnement en eau

Outre les diagnostics territoriaux d’accès à l’eau, les collectivités locales – la communauté d’agglomération du Centre littoral et les mairies des seize autres communes de Guyane - doivent établir des plans de gestion de la sécurité sanitaire des eaux (PGSSE). Leur objectif est de garantir en permanence la sécurité sanitaire de l’eau pour le consommateur. Le document consiste en un ensemble d’actions, dont une étude de dangers, conduisant à la définition d’un plan d’actions adapté se déclinant sur l’ensemble du système de production et de distribution d’eau, de la ressource en eau jusqu’au robinet du consommateur. Il devra être mis à jour régulièrement.

Dans un premier temps (juillet 2027), le document doit se concentrer sur la qualité de la ressource, qu’il s’agisse d’eaux de surface récupérées par un captage ou d’eaux souterraines puisées à l’aide d’un forage. Dans un second temps (janvier 2029), le PGSSE traitera de la production de l’eau potable et de sa distribution aux consommateurs. Aux côtés d’autres organismes, l’Agence régionale de santé prévoit, à travers le Plan Régional Santé-Environnement, d’accompagner les mairies dans leur rédaction. En attendant, quiconque le souhaite peut consulter en ligne les résultats des analyses du contrôle sanitaire des eaux destinées à la consommation humaines, réalisées par l’ARS. 

 

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