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Infos citoyennes

23/10/07
Communiqué de Maïouri Nature

Industrie minière : quand les masques tombent !
En prélude à l'ouverture du Grenelle de l'Environnement, au cours duquel l'implantation en Guyane de la multinationale IAMGOLD ex-CAMBIOR sera discutée, nous tenons à vous annoncer la sortie d'un ouvrage édifiant sur les agissements des multinationales minières en Afrique.

Ce livre-enquête de Gilles Labarthe « L'or africain » (1), est paru la semaine dernière et de nombreux articles et interviews au niveau national ont déjà médiatisé ce document qui prend littéralement à contre-pied les partisans d'IAMGOLD en Guyane.

L'auteur, journaliste et ethnologue suisse, spécialiste de l'Afrique, part de l'exemple des communautés de Sadiola, au sud-ouest du Mali. Ces populations dénoncent depuis dix ans la pollution effroyable causée par l'extraction industrielle de l'or par les multinationales.

Mais d'abord, plantons le décor !
Sadiola représente l'un des gisements les plus rentables du monde, du fait de la main d'oeuvre bon marché et de la teneur en or du sous-sol, bien supérieure à celle de la montagne de Kaw. 5 millions de tonnes de minerai y sont traités chaque année dans des conditions qui défient l'imagination.
IAMGOLD, société canadienne, actuel concessionnaire de la mine de Cambior à Kaw, est actionnaire majoritaire à 38 % de la SEMOS qui exploite les mines d'or de Sadiola au Mali

Malgré les bénéfices records de ces mines annoncés sur le site web d'IAMGOLD (2), on peut lire dans cet ouvrage des révélations effarantes et par la même inquiétantes pour notre département.

«Normes de sécurité, rejets toxiques, quantités réelles de métaux précieux extraites de la terre africaine… autant de données qui semblent se perdre dans les nuages de poussière soulevés quotidiennement aux alentours de la mine. (…). P 14 »

L'auteur poursuit : « Les cadences imposées aux ouvriers sont épuisantes. Les normes de sécurité souvent inexistantes, ou sans commune mesure avec celles en vigueur dans les pays occidentaux. Décès prématurés, fausses couches, maladies étranges dans les villages avoisinants, déversements d'arsenic et de cyanure… Et il conclut : « Pour dépolluer tous les sites aurifères en Afrique, notamment les mines à ciel ouvert dont le minerai est traité au cyanure, il faudrait dépenser environ 16 milliards de dollars ».

Quant aux retombées économiques :
« En dix ans, le Mali est devenu le troisième exportateur d'or en Afrique, après l'Afrique du Sud et le Ghana. Ses exportations d'or ont triplé. (...) Dans le même temps, le pays a dégringolé dans l'Indice de développement humain des Nations unies, tombant dans la catégorie des trois Etats les plus pauvres du monde. »
Le gouvernement malien n'arrive pas à obtenir des multinationales le paiement correct des taxes d'exploitation et des royalties.
Les contrats miniers sont tenus secrets, l'information sur la gestion des sites d'extraction de l'or, hors de portée des fonctionnaires africains, les administrateurs locaux, écartés du monde des affaires ».

La partie 2 de cet ouvrage consacre un chapitre entier, pour le moins troublant, sur la biographie des fondateurs d'IAMGOLD

Si la lecture de ces lignes ne vous suffit pas, réécoutez l'émission "Cosmopolitaine" sur France inter (3) du dimanche 21 octobre. Durant 20 minutes, un état des lieux de la situation catastrophique autour de cette mine est dépeint au travers un interview de l'auteur. Attention, l'écoute est possible sur internet jusqu'au 27 octobre seulement .
<http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/cosmopolitaine>
(se positionner à la 65eme minutes de l'émission)

En conclusion, nous nous posons la question essentielle :

La Guyane sera -t-elle mieux armée pour détecter les éventuels rejets polluants qui s'infiltreront dans les bassins versants de la montagne ? On est en mesure d'en douter, pour peu qu'on se remémore le scandale de l'incinérateur de l'hôpital de Cayenne. Rappelons nous ces taux de dioxine, 400 fois supérieurs aux normes, qui s'étaient échappés, durant des années au cœur de la ville. Il est plus facile d'éteindre un incinérateur que d'arrêter l'activité d'une multinationale minière en pleine exploitation.

Des compagnies minières dénoncées sur le continent africain pour leurs agissements nocifs tant en matière d'écologie qu'en matière de droits de l'homme (cf. Campagne d'Amnistie international) (4) ne pourront certainement pas être en Guyane un pôle d'excellence environnemental, comme les promoteurs du projet tentent en vain de nous le faire croire !

Maiouri Nature Guyane
maiouri.nature@gmail.com

Attac Guyane
monier.p.m@wanadoo.fr


Pour en savoir plus :

(1)
http://survie-france.org/article.php3?id_article=1004
http://atheles.org/editeurs/agone/dossiersnoirs/lorafricain

(2)
http://www.iamgold.com/sadiola.php

(3)
Cliquer sur le lien suivant pour écouter le reportage de "l'or en Afrique" extrait de Cosmopolitaine de Paula Jacques
http://www.radiofrance.fr/franceinter/em/cosmopolitaine
• Choisir "Ecouter l'emission du 21 octobre"
• le reportage sur les agissements des compagnies minières canadiennes au Mali a lieu à 65 eme minutes de l'émission.
Déplacez donc le curseur de votre lecteur (real player ou Window media player) sur 1h05. L'emission dure 20 minutes.

(4) Amnistie international s'est aussi mobllisée depuis le début du mois contre les compagnies minières canadiennes
http://www.amnistie.ca/images/stories/section_agir/campagnes/mine_campagne