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Parc amazonien : La Finale ?...
par Lo.tuna

L’enquête d’utilité publique du Parc amazonien de Guyane tire à sa fin, sur un concert aux accords pour le moins brouillés. Il n’est que d’entendre l’étonnant échange de maillots, presque émouvant, qui s’est déroulé sur les ondes, à l’occasion d’un débat sur le parc censé opposer deux partis et leurs avis antagonistes sur le sujet.

Au sortir du match, un consensus invraisemblable s’est affiché comme score nul, mais alors vraiment nul, entre les deux équipes qui se disputaient la timbale du « Non » au parc.
Non à la Mère Patrie pour les uns, qui doivent se penser plus guyanais que d’autres, amérindiens par exemple dont ils ont curieusement oublié le plébiscite pour les avantages du cœur du parc. Non pour les autres, pour qui la protection de la nature et le développement de ceux qui l’habitent ne peuvent se faire que sur le seul coup de baguette magique de leur parti, sinon rien… Orgueil louable, s’il n’était sa trop courte vue pour observer qu’il s’agit d’un processus où la discussion de la charte du parc, subséquente à sa création et déterminante pour ses avantages à la population (puisque assujettie à enquête publique), permettrait des avancées significatives parce qu’en bon ordre chronologique et démocratique. C’est donc ainsi qu’à s’emmêler les pieds sur le même gazon de la dénégation , on se joue piteusement de l’avenir de cette terre qui ne peut donner que ce qu’elle a : un joyau vert qu’il conviendrait tout d’abord de mieux apprécier tel quel, avec sa forêt et toutes ses bêbêtes qui font peur aux bêtes, pour en comprendre les véritables et réalistes perspectives. Une richesse différente de celles que l’on voudrait prendre pour modèles, des modèles d’ailleurs que l’on veut bien recevoir à condition de lâcher ensuite les chiens sur le facteur : curieuse façon de s’émanciper… en se parant des décorations du « colon », plusieurs n’en ont gardé, déjà, que les épingles, de par ce monde.

Pour revenir au sport, il était un spectateur de la partie, dont il serait bien d’entendre parler le plus tôt possible. Celui ou ceux à qui profitent réellement un refus du Parc et de toutes initiatives du même ordre. Cette faction d’intérêts qui veut nous faire croire que nous sommes assis sur une montagne d’or, mirage de n’être, spécialement en territoire de subsistance amérindienne, sur le haut Maroni, très probablement rentable à exploiter que sur des procédés, pas propres du tout, de clandestins. « De l’or, de l’or »… partout, oui, jusque dans nos os, en Guyane aussi, en telle quantité et situation de gisements que, à l’exception d’une minorité d’opérateurs légaux qui peuvent être de bonne foi quant à leur souci de préserver l’environnement, l’orpaillage ne peut se faire et ne se fait qu’essentiellement clandestin, pour rapporter de quoi satisfaire l’appétit des rapaces qui se verraient bien dépecer la Guyane sans procès, sans témoins.

Il faudra bien avoir le courage, un jour, de les montrer du doigt, ceux là qui ne sont pas les pauvres bras s’épuisant dans la boue pour trouver pire que leur misère dans la fièvre du métal précieux. Montrer du doigt ceux qui manipulent les pauvres gens en les incitant, par exemple, à venir orpailler en Guyane sur la foi de documentaires alléchants, vus par plusieurs témoins sur les chaînes télévisées de notre grand voisin…

Voilà ce qu’il faudrait que tous, nous sachions : à qui profiterait vraiment un « non » au parc amazonien, pour que l’enquête soit réellement d’utilité publique…au bénéfice et bien-être de toute la Guyane et spécialement des sociétés traditionnelles de ce pays, les seules, à ce jour, à savoir en vivre autrement qu’au dessus de sa réalité et de ses moyens.

Lo.tuna, un membre du collectif amérindien de défense des Wayanas et tékos.
lo.tuna@laposte.net

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