Exposition de la collection Mama Bobi :
Le tembé peint, un art populaire contemporain
Salle d'exposition de l'EnCRe
Ateliers avec l'artiste
Sawanie Pinas jusqu'au 15 juillet
Ouverture au public
Du 24 juin au 15 juillet
Horaires
De 9H00 12h30 / 15H00 18H30
Atelier de création:
Pour adultes et enfants à partir de 12 ans
Groupes de 10 personne maxi par semaine
Dde 15h à 18h
Les inscriptions se font sur place.
Table ronde
Mercredi 7 juillet à l’auditorium de L’EnCRe
Thème: «Regards civilisés, arts «primitifs» : le Tembé peint, un art populaire contemporain ? Une esthétique entre traditions recomposées et significations réinventées.»
Horaires
De 18h à 20h00
Renseignements 05 94 29 81 20
Depuis maintenant un demi siècle, le Centre Culturel Mama Bobi constitue et structure méthodiquement une collection d'art Tembé peint, un art visuel de l'ouest guyanais, héritage plastique des langages symboliques des fugitifs du 18ème siècle et des métissages à l'oeuvre dans les sociétés issues du Marronnage. L'exposition présente une sélection d'œuvres réalisées entre 1960 et aujourd'hui par les artistes du collectif "Mawina tembé". Elle permet de présenter au public les évolutions stylistiques, les ruptures et les continuités d'un art dont l'histoire s'écrit encore à peine, masqué qu'il était par le discours ethnologique porté par les "regards civilisés sur les arts premiers" (Sally Price). Cet art, qui se nourrit autant des traditions picturales héritées des "temps du marronnage" que des influences artistiques de la société contemporaine, sera aussi présenté sous la forme du Tembé sculpté par l'exposition parallèle des collections du Musée des Cultures Guyanaises. Hors de tout discours anthropologiquement réducteur, qui assignerait une production artistique à son milieu ethnique ou social d'origine, il s'agit d'inscrire résolument et définitivement l'art Tembé comme un art populaire contemporain et non plus comme un art marron ou businengé, considéré aujourd'hui par la critique internationale comme "un manifeste esthético-philosophique unique dans le monde contemporain".
« Comme d’autres aspects de la vie des marrons, leurs arts sont perçus par les observateurs comme des traditions immuables, à l’origine importées au Suriname au XVIIè et au XVIIIème siècle par des Africains réduits en esclavage et que leur descendants ont fidèlement conservées intactes et inchangées. [… Or il faut] étudier l’art des marrons dans l’optique de l’histoire de l’art, en tenant compte de la présence de changements stylistiques et techniques, de la créativité individuelle attestée et de la conscience collective de l’évolution chronologique » Sally Price, Arts primitifs, regards civilisés, p.160-161
Les 106 tembés peints présentés ici sont le fruit d’une collecte systématique auprès des « tembéman » de l’ouest guyanais, combinée à un travail de commande impulsé par un regard de collectionneur, celui de Gé Guillemot et d’Antoine Lamoraille de l’association « Mama Bobi ». Dans la continuité des propos de Sally Price, la collection Mama Bobi invite les spectateurs à s’arrêter sur plus de 20 ans de création artistique et d’en discerner ainsi les lignes de force et de rupture, les écoles, les styles et techniques propres à chacun des artistes exposés. Le regard du collectionneur restitue les tembés peints dans une histoire de l’art traversée par des évolutions techniques et stylistiques, l’introduction et l’exploitation d’innovations. Le choix opéré dans la sélection des œuvres apporte ainsi une autre consistance à la connaissance du passé artistique en formalisant la conscience individuelle des changements propres à chaque artiste insérée désormais dans une chronologie artistique plus précise.
Exposer la collection Mama Bobi s’inscrit ainsi dans un manifeste « esthético-philopsophique » qui entend véhiculer une autre définition du « Tembé », à l’inverse de l’écume et des scories encore portées par certaines analyses, émanant d’auteurs qui font autorité, sur les arts premiers :
« L’art primitif est produit par des peuples qui ne connaissent aucune forme d’écriture, au niveau de développement technique peu avancé. […] Il correspondrait à toute tradition artistique pour laquelle les cartels d’exposition ne donnent pas le nom de l’artiste, auteur des objets exposés. Il consisterait en l’art des peuples dont la langue maternelle n’est pas enseignée à l’université dans un cursus sanctionné par des diplômes. »
Extraits regroupés par David Redon et cités par Sally Price, Arts primitifs, regards civilisés, p.18-20.
John Lie-A-Fo
Artiste-peintre
Vidéo du 28/05/2010 (5mn)

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Patochard
Un certain journalisme...