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Jodla 13/07/10
Les infos de FF
Le corps sans vie du militaire a été retrouvé

Le corps sans vie du 1ère classe Julien Giffard, 25 ans, originaire de la région rouennaise, a été retrouvé lundi en fin d’après-midi à « 600 mètres en aval » de la collision entre les deux embarcations qui a eu lieu jeudi dernier en soirée sur la rivière Tampok, a-t-on appris vers 18h30 auprès du cabinet du commandant supérieur des forces armées de Guyane (FAG).

« Nous avions élargi la zone des recherches et son corps a remonté, c'est comme cela qu'il a été retrouvé » a-t-on indiqué au cabinet du général des FAG. Lundi, en fin d’après-midi, un Puma de l'armée s’est envolé sur les lieux du drame « pour récupérer le corps et le remettre aux autorités judiciaires » ont encore indiqué les forces armées. Le Puma devait aussi ramener des gendarmes de la section de recherche de Cayenne qui enquêtent sur place depuis vendredi. Ils devaient auparavant effectuer les premières constations sur le corps du militaire depuis le poste de Cayodé, a indiqué une source à la gendarmerie.

« L’hypothèse privilégiée c’est l’abordage »

Julien Giffard militaire au 1er Régiment d'infanterie (RI) de Sarrebourg, était venu en renfort en Guyane, cette année, notamment dans le cadre de l'opération Harpie remise en œuvre en mars/avril après les 4 mois de renforts en hommes de Harpie 1 en 2008 et les 6 mois de Harpie 2 en 2009. Le jeune militaire était porté disparu depuis jeudi soir vers 22h30 locales suite à la collision d'une pirogue des forces de l’ordre avec une autre embarcation qui restait toujours introuvable lundi soir. La justice soupçonne cette seconde embarcation d'avoir éperonné volontairement la pirogue militaire.

Vendredi, le procureur de la République de Cayenne, François Schneider avait annoncé avoir ouvert une « enquête de flagrant délit criminel pour tentative de meurtre sur personne dépositaire de l’autorité publique ». Joint au téléphone, lundi en fin d'après midi, François Schneider a confirmé que le corps avait été retrouvé et précisé que « l'hypothèse de l'accident n'est pas exclue mais l'hypothèse privilégiée, c'est l'abordage volontaire de la pirogue des militaires ».

« Les premiers éléments indiquent que, même si les deux pirogues ont pu être surprises parce que c’était la nuit et qu’elles n’étaient pas éclairées, manifestement la seconde embarcation n’a pas cherché à éviter celle des forces armées. Elle lui a foncé dessus après avoir allumé un projecteur » avait notamment indiqué le procureur vendredi dernier. Le retour des gendarmes de la section de recherches de Cayenne devrait peut-être apporter un éclairage plus précis sur ce dossier.

Pas de journaliste sur place

Car, en effet, la justice soupçonne l'autre pirogue d'être un convoi de matériel pour les sites aurifères clandestins, toujours nombreux dans cette zone. Depuis vendredi, la presse locale, en partie faute de vista éditoriale ou de moyens, en partie faute d’invitation des autorités à se rendre sur place, fait avec ce qu’on lui rapporte. Vendredi, lorsque l’auteur de ces lignes avait demandé au procureur au cours du point presse en préfecture (1), quels étaient les éléments qui permettaient déjà d’affirmer que la pirogue ayant percuté celle des forces armées était une pirogue de convoyeurs de matériel à destination des sites aurifères illicites, l’explication avait été : « On le déduit. Elle était manifestement lourdement chargée puisque lorsqu’elle est arrivée sur la pirogue des forces armées, le poids était tel que la pirogue des FAG a immédiatement coulé » avait répondu le procureur Schneider coupé dans son élan par le colonel Daniel Strub, adjoint du commandant de la gendarmerie, qui avait alors précisé : « en général, quand des pirogues se chevauchent, elles ne coulent pas ».

« Tout un côté du barrage était abîmé »

Julien Giffard était en fonction depuis plusieurs semaines au poste de Cayodé (du nom du village amérindien à proximité), un poste conjoint armée/gendarmerie sur la rivière Tampok où se trouve un barrage fluvial. Au moment de la collision, le piroguier civil de l'armée, 3 militaires (dont Julien Giffard) et un gendarme avaient pris place à bord d'une pirogue qui « s’apprêtait à se positionner en sonnette à plusieurs centaines de mètres en aval du barrage afin détecter les pirogues qui arrivent lentement à la rame de nuit le long des berges pour s’approcher du barrage fluvial » avait indiqué vendredi le colonel Inaky Garcia-Brotons, un des adjoints du commandant supérieur des forces armées de Guyane. Preuve que le barrage ne suffisait pas. Vendredi dernier, les autorités ont admis, devant la presse, que ce barrage, abîmé par des embâcles charriés par les hautes eaux de la saison des pluies, était régulièrement franchi par les pirogues ravitaillant les sites d'orpaillage clandestins de la zone. Le procureur Schneider, qui a été sur place vendredi, a remarqué que « tout un côté du barrage était abîmé ». Et depuis un bon moment semble-t-il. Selon les autorités, des réparations auraient été décidées.

FF


(1) Au cours d’un point presse donné par la préfecture, l’armée, la gendarmerie, le parquet. (Voir aussi communiqué de presse de la préfecture.)