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Infos citoyennes

30/08/19
CNPMEM : avis défavorable au projet de pêche exploratoire au large de la Guyane

Le CRPMEM Guyane, structure consulaire regroupant l’ensemble des professionnels de la pêche en Guyane et représentant les intérêts du secteur auprès des élus, de la collectivité territoriale, des services de l’État, des pouvoirs publics nationaux et européens, tient à informer la population guyanaise.

Le 5 Mars 2019, s’est tenue une réunion de la commission DOM du CNPMEM (Conseil National des Pêches Maritimes et des Elevages Marins) à Paris. L’un des objectifs du CRPMEM Guyane à cette réunion était de faire modifier l’avis défavorable prononcé par cette même commission à la réunion du 5 Décembre 2018 portant sur l’ambition Guyanaise d’explorer les zones de pêche hauturières, au large de la Guyane. En effet, le CRPMEM Guyane défend depuis plus d’un an les demandes de deux sociétés guyanaises qui, pendant 2 ans, souhaitent expérimenter la pêche au large des eaux territoriales guyanaises en affrétant temporairement des ligneurs vénézuéliens.

Le CRPMEM Guyane avait déjà communiqué en décembre 2018 un avis argumenté et favorable concernant ce projet, comme l’a aussi fait l’IFREMER Guyane. Le CRPMEM Guyane comptaitsur le soutien de ses compatriotes nationaux et antillais afin que l’ambition guyanaise soit appréciée à sa juste valeur.

Pour rappel le CRPMEM Guyane réaffirme sa demande de mise en place des pêcheries hauturières expérimental pour :

• Diversifier notre gamme de ressources à exploiter,
• Soulager l’effort de pêche sur la bande côtière et mieux appréhender les questions de conservation des ressources halieutiques,
• Exploiter des ressources à haute valeur ajoutée pour leurs transformations en Guyane,
• Redéployer une partie de notre flotte aujourd’hui obsolète vers la pêche hauturière.


Pourtant, force est de constater que la demande des entreprises guyanaises n’a pas été justement évaluée,
puisqu’elle a même été rejetée une deuxième fois, et ce, malgré la présence du CRPMEM Guyane et des
demandeurs à la commission de Paris.

Pour rappel, les « LES MEMBRES de la commission DOM et le BUREAU DU CNPMEM ONT ÉMIS UN AVIS
DÉFAVORABLE À L’UNANIMITÉ» en Décembre 2018 précisant « que les transbordements(échanges de produits
entre les bateaux en mer au Antilles) et les importations illégales de produits de la mer de navires vénézuéliens
aux Antilles risqueraient d’être amplifiés avec cette autorisation ». Ils ajoutent que « ces agissements [mettent]
déjà en péril la filière pêche locale (des Antilles) et comportent d’importants enjeux sanitaires pour la population ».

Le CRPMEM Guyane souhaite rappeler ces éléments :
- Selon les informations du CRPMEM Guyane, les débarquements de vivaneaux frais en provenance de ligneurs vénézuéliens qui mettent « déjà en péril la filière » sont organisés par les antillais eux-mêmes et sont donc autorisés et légaux !
Il faut souligner qu’aujourd’hui, tous les ligneurs qui pêchent le vivaneau en Guyane, en partenariat commercial avec les entreprises guyanaises (46 licences communautaires), sont équipés de balises Iridium qui permettent de surveiller les allers-retours entre le Venezuela et la Guyane. Les entreprises guyanaises exigent que les navires vénézuéliens avec lesquels elles travaillent, effectuent des trajets directs, excluant ainsi toute possibilité de livraison de produits d’origine guyanaise aux Antilles par cette flotte. De plus, l’ensemble des produits débarqués par les vénézuéliens en Guyane est recensé. D’ailleurs, pour aller plus loin dans la démarche d’une bonne surveillance de nos pêcheries les entreprises guyanaises financent
l’équipement de tous les navires vénézuéliens avec des journaux de bord électroniques, ce qui permet de recenser plus exactement les espèces pêchées et la zone de pêche.

- Des navires martiniquais pratiquent la pêche aux casiers en Guyane alors qu’elle est interdite, par délibération du CRPMEM Guyane, depuis des années. Les quantités capturées par les caseyeurs ne sont pas communiquées auprès des instances scientifiques ou étatiques, ce qui empêche toute évaluation de leur impact sur le stock de vivaneaux guyanais. Pourtant, le CRPMEM Guyane travaille activement avec l’IFREMER afin de gérer correctement la ressource halieutique guyanaise qui est certainement impactée par les casiers perdus par ces navires. Ces casiers perdus contribuent donc, à une pêche fantôme, c’est-à-dire que les casiers, fabriqués en plastique, pêchent pendant encore des années sans jamais être vidés des innombrables carcasses de poissons piégés.

- Ce sont aujourd’hui des ligneurs vénézuéliens sous licence communautaire qui pêchent l’ensemble des vivaneaux débarqués en Guyane. Le prétexte des supposés « enjeux sanitaires importants pour la population » n’a, jusqu’à preuve du contraire, jamais été soulevé auparavant par les antillais qui, eux, importent depuis des décennies la grande majorité des vivaneaux pêchés en Guyane.

- le principal risque sanitaire pour les Antillais reste la consommation des poissons et crustacés antillais contaminés par la chlordécone, phénomène pour l’instant non répertorié en Guyane. Dans l’article de Josué Jean-Bart, de la revue Ouest-France, publié le 28/09/2018, le Pr. Pascal Blanchet, chef du service urologie du CHU de Point-à-Pitre, affirme qu’en Guadeloupe et en Martinique, on compte « deux fois plus de cancers de la prostate que dans les autres régions de France ». Et il ajoute : « nous avons le record du monde du nombre de cancers de la prostate par habitant ».


Finalement le CRPMEM Guyane rappelle que l’avis du CNPMEM dans ce contexte est consultatif, ce qui veut dire que l’États et sa direction des pêches (la DPMA) à Paris peuvent s’en exonérer et trancher en faveur du développement du secteur de la pêche en Guyane.

En conclusion, le ressenti du CRPMEM Guyane est que le développement de la Guyane est encore une fois pris en otage par les Antilles, et cette fois-ci avec la complicité du CNPMEM, en insistant sur des prétextes aussi légers que mal argumentés. Le CRPMEM Guyane compte bien continuer de défendre ce dossier en priorité, et de ce fait a besoin du soutien politique local et étatique qui reste sensible à la volonté de la population. Malheureusement, aujourd’hui nous n’avons aucune garantie de voir l’avis du CNPM renversé, ainsi, nous n’avons aucune certitude que le préjudice du retard pris dans l’instruction de ce dossier, ne soit dédommagé.

 

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