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Infos citoyennes

23/07/20
« Météorite virale : l’hôpital a absorbé le choc »

Hier au centre hospitalier de Cayenne, les Prs Félix Djossou, chef de l’unité des maladies infectieuses et tropicales (Umit), Mathieu Nacher, directeur du centre d’investigations cliniques Antilles-Guyane, et Hatem Kallel, chef du pôle urgences et soins continus, et le Dr Jean Pujo, chef du Samu-Urgences, ont fait le point sur la prise en charge des patients atteints de Covid-19 dans l’établissement.




LE PIC


Mathieu Nacher. « Un des objectifs était d’aplatir la courbe. En Guyane, on l’a fait. Pourquoi ? L’objectif était d’éviter que l’hôpital se trouve complètement submergé (…) On est de l’autre côté du pic. Maintenant, l’histoire du Covid n’est pas terminée. »

Pas de saturation des capacités.



LES DECES

Mathieu Nacher. « Avec la vague, le nombre de morts a augmenté. En Guyane, on a eu entre 0,5 et 0,6 morts pour 100 cas confirmés. La France est à 20 % : comme les gens n’étaient pas testés, on n’a qu’une partie des cas. Or, en Guyane, on teste (…) A Marseille, dont tout le monde est d’accord pour dire qu’ils ont testé : 9,1 % de la population a été testée. En Guyane, on en est à 11,6 % de la population. L’effort de dépistage est assez considérable. »

Félix Djossou. « Alors que la courbe du nombre de cas positifs se stabilise, l’augmentation des décès peut interpeler. En réalité, il n’y a pas de miracle : les patients sont dépistés, puis ils sont stabilisés. Leur état s’aggrave. Il faut du temps. Certains vont en réanimation. Le séjour en réanimation peut durer 3, 4 semaines. Donc même si la situation s’améliore, nous pouvons encore déplorer, malheureusement, des décès. »

UN DECES EST TOUJOURS UN DECES DE TROP

Félix Djossou. « Dans le diagnostic, piloté par l’ARS, l’hôpital de Cayenne a joué un très grand rôle. Quand on a dépisté les gens, il faut les prendre en charge. Chez eux si leur état ne nécessite pas qu’on les hospitalise. Les autres, à l’hôpital. Malheureusement, leur évolution peut les conduire en réanimation. Et parmi ceux de réanimation, certains malheureusement décèdent. Si le bilan montre qu’on n’a pas eu plus de décès que les autres, il n’empêche que pour nous, professionnels de santé, un décès est toujours un décès de trop. »

Mathieu Nacher. « C’est une météorite virale qui tombe sur la Guyane. C’est difficile. Avant qu’arrive la vague, ça fait très peur. Quand on voit comment ça s’est passé,  l’hôpital a absorbé le choc. Les urgences se sont serré les coudes, les associations qui font de la médiation, l’ARS, la préfecture, les médecins libéraux, les infirmières libérales, les soignants… tout le monde joué son rôle. Un décès, c’est toujours un décès de trop. Derrière les chiffres, il y a des vies, des familles. On en est toujours très conscient. Ça a été difficile, mais je pense que ça a été plutôt remarquablement géré. »

LES EVACUATIONS SANITAIRES

Félix Djossou. « Nous avons eu des prévisions, de la part de modélisateurs. On s’appuie toujours sur ces choses-là pour s’organiser et ne pas se laisser surprendre. Ces prévisions d’occupation de lits étaient plus élevées que ce que nous avons connu. Il a donc fallu s’organiser pour du "délestage", ce qu’on appelle les évacuations stratégiques. Quand l’Hexagone a été au pied du mur, il y a eu des évacuations vers la Belgique et vers des territoires moins touchés. »

Jean Pujo. « Depuis le 18 juin, nous avons opéré 31 évacuations : 12 liées au Covid, et pour le reste la majorité vers les Antilles et 5 vers Paris. C’est notre travail normal. Compte tenu de notre offre de soins, il y a des problématiques en néonatalogie, en cardiologie interventionnelle. Donc sur les 31 évacuations que nous avons faites, seulement 12 étaient liées au Covid. Tout le reste est le travail habituel du Samu. S’agissant des vecteurs, on a vu arriver l’A400M, avec ses équipes, qui a effectué 3 vols avec 2 patients. Le reste a été effectué en Casa avec les équipes du CHC. L’A400M repart. Cela ne pose pas de problème en terme de gestion puisqu’un deuxième Casa est arrivé en renfort. Cela nous permet d’effectuer de manière tout à fait confortable les évacuations sanitaires pour des patients Covid ou non Covid. »

Hatem Kallel. « Dès le début de la crise, nous avons travaillé sur l’augmentation du capacitaire et la mise à disposition de lits de soins critiques. Ils sont capables de recevoir, à tout moment, des patients Covid ou non Covid graves. Nous sommes partis d’une capacité de 11 lits de réanimation de 5 lits de surveillance continue pour atteindre aujourd’hui au CHC 31 lits de réanimation Covid et 8 lits de réanimation non Covid. Il y a 9 autres lits de réanimation Covid, à Cayenne. Ils sont équipés mais pas encore ouverts parce que le taux d’occupation en réanimation est de 67 %. »

Félix Djossou. « Nous n’attendons pas que les patients soient en besoin d’un plateau technique pour les transférer. Nous anticipons. Il y a des critères qui définissent des patients qui sont évasanables, qui sont stables, pour lesquels le transport peut se faire en toute sécurité. Le second élément est le seuil de déclenchement des évacuations. Aujourd’hui, nous sommes largement en dessous avec 67 % d’occupation des soins critiques. Nous ne sommes plus dans le besoin, mais personne ne peut dire ce qu’il en sera demain. »

Jean Pujo. « Quand a été prise la décision de faire les évacuations stratégiques, nous savions que le capacitaire pouvait être saturé assez rapidement. Depuis, nous sommes largement montés en puissance. Le profil de l’épidémie fait que le capacitaire est tout à fait raisonnable. 67 % de saturation des lits de réanimation, 72 % des lits de médecine : nous avons la capacité d’absorber les nouvelles entrées. Nous ne sommes jamais à l’abri d’un rebond, on s’y prépare, mais ce n’est pas devenu une priorité. »

« JAMAIS EN SATURATION »

Hatem Kallel. « Pendant tout le temps de la crise, le service de réanimation a été en mesure d’accepter des patients Covid et non Covid. On n’a jamais été en saturation de 100 %. Pour créer ce capacitaire, il y a l’ouverture de lits. Une partie du matériel était disponible et l’autre nous a été livrée au fur et à mesure. Aujourd’hui, nous avons un parc très confortable pour faire face à l’augmentation d’activité. Il fallait aussi pouvoir libérer des lits en transférant des patients réanimatoires pour lesquels nous avons jugé que leur transfert pouvait se faire en toute sécurité vers des lits mis à disposition en Martinique et en Guadeloupe. Nous avons évacué 12 patients. C’est l’équivalent du remplissage d’un service de réanimation. »

S’agissant du décès, la semaine dernière, d’une patiente de Kourou, qui n’a pas été transférée en réanimation à Cayenne, le Dr Hatem Kallel précise que « ce dossier fait l’objet d’une enquête. En tout cas, ce n’était pas lié à une saturation du système. Ce n’était pas lié à une sélection de patients, ni à un choix de ne pas l’hospitaliser. » Félix Djossou poursuit : « Nous avions 23 patients en soins critiques, sur une capacité de 29 lits. »

Félix Djossou. « Il y avait des procédures pour qualifier les patients. S’ils n’allaient pas bien, les emmener en réanimation. Cela peut créer une tension. Nous avons eu des plans de montée en puissance. En médecine, on a commencé avec 7 lits, ça suffisait. Puis 11, puis toute l’unité de maladies infectieuses de 20 lits. Puis 26, 27, 33 lits. Chaque fois qu’il fallait monter, le plan de montée en puissance était établi. Il fallait armer avec les personnels. Cela pouvait prendre douze à vingt-quatre heures. Si c’est ça le gros problème, alors tout le monde en a eu partout et plus que nous peut-être. »

LA SITUATION AUX URGENCES

Jean Pujo. « Je suis intervenu il y a trois semaines pour dire que nous étions en difficultés. L’afflux de patients était important et les renforts n’étaient pas encore arrivés. La conjonction de l’arrivée des renforts, la diminution de l’activité font que nous sommes revenus à une situation gérable et normale. On a dû trouver des solutions, ouvrir des lits, trouver du personnel. Cela s’est fait en partie grâce aux renforts sanitaires qui sont venus, grâce à l’Escrim, grâce à nos propres filières qui nous ont permis de rameuter du monde. Depuis deux ou trois semaines, nous sommes dans une situation beaucoup plus confortable. »

Jean Pujo. « A Cayenne, contrairement à d’autres hôpitaux métropolitains, ce sont les urgences qui accueillaient les patients Covid. Une fois que vous les avez gérés, il faut les hospitaliser. Le temps que l’hôpital monte en puissance, ouvre des services, puisse récupérer du personnel, il y a eu une période où la tension en lits étaient plus compliquée que maintenant (…) Il y a des moments où on n’était plus en difficultés. Cela ne signifie pas qu’on a refusé de patients. »

Jean Pujo. « La saturation des lits d’aval, ce n’est pas lié au Covid. Au plus fort de la crise, quand on voit un malade arriver tous les quarts d’heure, c’est difficile. Dans un service classique, si vous avez 30 lits, quand vous avez 30 malades, c’est terminé. Dans un service d’urgences, vous laissez entrer les patients. On a toujours été en capacité, parfois avec difficulté, d’hospitaliser l’ensemble des patients. On n’a jamais renvoyé des gens parce qu’on n’avait pas de lit à l’hôpital. »

Hatem Kallel. « Une étape s’est ajoutée au fonctionnement normal des urgences. Un patient qui arrive avec un symptôme quelconque, il faut le tester pour savoir dans quelle filière on va l’orienter. Ça prend du temps par rapport à ce qu’on fait d’habitude. Il y a donc un ressenti du soignant que ça bloque. On a l’impression que ça ne finit pas. Mais il faut faire la part entre la saturation – toutes les capacités sont consommées – et la tension. Même en période de tension, ils ont continué de recevoir des patients. »

LES PROPOS DU PREMIER MINISTRE APRES SA VISITE EN REANIMATION

Félix Djossou. « Tout va bien ? On ne manque pas de moyens ? Le mot est trop fort. On travaille beaucoup, on est sous tension parce qu’on donne beaucoup de nous-mêmes. On y croit. Le résultat, on le voit, n’est pas mauvais. On manque de petits moyens. Des moyens arrivent pas au moment où on les attend mais ils arrivent quand même, car tout le monde fait attention à nous. Il faut être reconnaissant. Dire qu’on nous a abandonnés, c’est faux. Dire qu’on a tout ? On n’a pas tout. »

Mathieu Nacher. « Il faut voir ce qui s’est passé dans le Grand Est, en Île-de-France. Etant donné comment ça s’est passé ailleurs, la façon dont ça se passe en Guyane, ce n’est rien en termes de chaos. Sur une échelle de 1 à 10 de comment on se prend le Covid dans la figure, nous sommes plutôt à 1 ou 2 alors que ça a été 9 ou 10 dans d’autres régions. Quand je vois la vitesse (de l’épidémie dans certaines régions), ça me donne le vertige de penser à si on avait eu ça ici. Manaus, Macapa, c’était terrible. Mais ça ne nous est pas arrivé. La vague est arrivée proche du bord. C’est dans ce contexte là qu’il faut prendre les éléments de langage (du Premier ministre). Il faut regarder ce que ça peut être dans de nombreux pays. C’est une espèce de ouf ! »

Hatem Kallel. « Nous n’avons pas manqué de moyens. Il y a des moyens fixes et des moyens consommables. On peut à tout moment être en rupture de moyens. Il faut continuer de nous approvisionner. Nous avons demandé des renforts en moyens techniques. Nous les avons reçus. Nous avons quasiment doublé notre parc de machines et de seringues électriques. Il y a une grosse contribution de l’Etat pour nous permettre de travailler. Effectivement, nous n’avons jamais été en panne. A aucun moment un patient ne s’est présenté à l’hôpital et n’a pas été pris en charge faute de machines, de seringues ou de lits, ou de places en réanimation. Mais je ne m’engage pas pour la suite. Aujourd’hui, on parle de la crise. L’après-crise, ce sont d’autres moyens, une autre offre de soins. »


Yesterday at the Cayenne hospital center, Professors Félix Djossou, head of the infectious and tropical diseases unit (Umit), Mathieu Nacher, director of the West Indies-French Guiana clinical investigation center, and Hatem Kallel, head of the emergency department and continuing care, and Dr Jean Pujo, head of Samu-Urgences, provided an update on the care of patients with Covid-19 in the establishment.

PEAK

Mathieu Nacher.One of the goals was to flatten the curve. In French Guiana, we did. Why ? The goal was to prevent the hospital from being completely submerged (...) We're on the other side of the peak. Now, the story of Covid is not over. "

No capacity saturation.

DEATHS

Mathieu Nacher.With the wave, the death toll has increased. In French Guiana, we had between 0.5 and 0.6 deaths per 100 confirmed cases. France is at 20%: since people were not tested, we only have some of the cases. However, in French Guiana, we are testing (...) In Marseille, which everyone agrees that they have tested: 9.1% of the population has been tested. In French Guiana, it is 11.6% of the population. The screening effort is quite considerable. "

Félix Djossou. As the curve for the number of positive cases stabilizes, the increase in deaths may be of concern. In reality, there is no miracle: patients are screened, then they are stabilized. Their condition worsens. It takes time. Some go to intensive care. The stay in intensive care can last 3, 4 weeks. So even if the situation improves, we can unfortunately still deplore deaths. "

A DEATH IS ALWAYS A DEATH TOO MUCH

Félix Djossou. “In the diagnosis, led by the ARS, the Cayenne hospital played a very big role. When we have identified people, we must take care of them. At home if their condition does not require hospitalization. The others at the hospital. Unfortunately, their evolution can lead them to intensive care. And among those resuscitating, some unfortunately die. While the balance sheet shows that we have not had more deaths than the others, the fact remains that for us healthcare professionals, one death is always one death too many. "

Mathieu Nacher.It’s a viral meteorite hitting French Guiana. It's difficult. Before the wave comes, it's very scary. When you see how it went, the hospital absorbed the shock. The emergencies have come together, the associations which mediate, the ARS, the prefecture, the liberal doctors, the liberal nurses, the caregivers… everyone has played their part. One death is always one death too many. Behind the figures, there are lives, families. We are always very aware of it. It was difficult, but I think it was rather remarkably managed. "

HEALTH EVACUATIONS

Félix Djossou.We've had forecasts, from modelers. We always rely on these things to organize ourselves and not be surprised. These bed occupancy forecasts were higher than what we have known. It was therefore necessary to organize for "load shedding", what is called strategic evacuations. When France was up against the wall, there were evacuations to Belgium and to less affected areas. "

Jean Pujo. Since June 18, we have operated 31 evacuations: 12 related to Covid, and for the rest the majority to the West Indies and 5 to Paris. This is our normal job. Given our care offer, there are problems in neonatology and interventional cardiology. So out of the 31 evacuations we made, only 12 were related to Covid. Everything else is the usual work of Samu. As for the vectors, we saw the arrival of the A400M, with its teams, which carried out 3 flights with 2 patients. The rest was carried out in Casa with the CHC teams. The A400M takes off again. This does not pose a problem in terms of management since a second Casa has arrived as reinforcements. This allows us to carry out medical evacuations for Covid and non-Covid patients in a very comfortable way. "

Hatem Kallel.From the start of the crisis, we worked on increasing capacity and making critical care beds available. They are able to receive serious Covid or non-Covid patients at any time. We started with a capacity of 11 intensive care beds of 5 continuous monitoring beds to reach today at the CHC 31 Covid intensive care beds and 8 non-Covid intensive care beds. There are 9 other Covid resuscitation beds in Cayenne. They are equipped but not yet open because the intensive care occupancy rate is 67%. "

Félix Djossou.We don't wait for patients to need a technical platform to transfer them. We anticipate. There are criteria that define patients who are evasable, who are stable, for whom transport can be done safely. The second element is the trigger threshold for evacuations. Today we are far below with 67% critical care occupancy. We are no longer in need, but no one can say what will happen tomorrow. "

Jean Pujo. When the decision was taken to carry out the strategic evacuations, we knew that the capacity could be saturated quite quickly. Since then, we have grown significantly. The profile of the epidemic means that the capacity is quite reasonable. 67% saturation of intensive care beds, 72% of medical beds: we have the capacity to absorb new arrivals. We're never immune to a rebound, we prepare for it, but it didn't become a priority. "

"NEVER IN SATURATION"

Hatem Kallel. Throughout the crisis, the intensive care unit was able to accept Covid and non-Covid patients. We have never been in 100% saturation. To create this capacity, there is the opening of beds. Some of the material was available and the rest was delivered to us as we went. Today we have a very comfortable fleet to cope with the increased activity. We also had to be able to free up beds by transferring intensive care patients for whom we considered that their transfer could be done in complete safety to beds made available in Martinique and Guadeloupe. We evacuated 12 patients. It’s the equivalent of filling an intensive care unit. "

Regarding the death last week of a patient from Kourou, who was not transferred to intensive care in Cayenne, Dr Hatem Kallel said that "this case is under investigation. In any case, it was not related to a saturation of the system. It was not related to a selection of patients, nor to a choice not to hospitalize him. "Félix Djossou continues:" We had 23 patients in critical care, out of a capacity of 29 beds. "

Félix Djossou. There were procedures to qualify patients. If they were not well, take them to intensive care. It can create tension. We have had plans to ramp up. In medicine, we started with 7 beds, that was enough. Then 11, then the whole 20 bed infectious disease unit. Then 26, 27, 33 beds. Whenever there was a need to climb, the ramp-up plan was established. It was necessary to arm with the personnel. It could take twelve to twenty-four hours. If that’s the big deal, then everyone has had it everywhere and maybe more than us. "

THE SITUATION IN EMERGENCIES

Jean Pujo.I intervened three weeks ago to say that we were in difficulty. The influx of patients was large and reinforcements had not yet arrived. The conjunction of the arrival of reinforcements, the decrease in activity means that we have returned to a manageable and normal situation. We had to find solutions, open beds, find staff. This was done in part thanks to the medical reinforcements that came, thanks to Escrim, thanks to our own channels which allowed us to gather people. For the past two or three weeks, we've been in a much more comfortable situation. "

Jean Pujo.In Cayenne, unlike other metropolitan hospitals, it is the emergency room that receives Covid patients. Once you've managed them, you need to hospitalize them. By the time the hospital ramped up, opened services, was able to recover staff, there was a period when the tension in the beds was more complicated than now (...) There are times when we were no longer in difficulties. This does not mean that we have turned away patients. "

Jean Pujo. "The saturation of the downstream beds is not related to Covid. At the height of the crisis, when you see a sick person arriving every quarter of an hour, it is difficult. In a classic ward, if you have 30 beds, when you have 30 patients, it's over. In an emergency room, you let patients in. We have always been able, sometimes with difficulty, to hospitalize all patients. We never fired people because we didn't have a bed in the hospital. "

Hatem Kallel. “Another step has been added to the normal functioning of the emergency room. A patient who arrives with any symptom, he must be tested to know in which sector we will refer him. It takes time compared to what we usually do. So there is a feeling of the caregiver that this blocks. It feels like it doesn't end. But we must distinguish between saturation - all capacities are consumed - and voltage. Even in times of stress, they continued to see patients. "

THE PREMIER'S STATEMENTS AFTER HIS VISIT IN REANIMATION

Félix Djossou. " Is everything fine ? Are we not lacking in resources? The word is too strong. We work a lot, we are energized because we give a lot of ourselves. We believe in. The result, we can see, is not bad. We lack small means. Resources do not arrive when we expect them, but they arrive anyway, because everyone is paying attention to us. You have to be grateful. To say that we have been abandoned is not true. Say we have everything? We don't have everything. "

Mathieu Nacher. "You have to see what happened in the Grand Est, in Île-de-France. Given how it's been elsewhere, the way it's been in French Guiana, it's nothing in terms of chaos. On a scale of 1 to 10 of how we think about Covid in the face, we are more like 1 or 2, whereas it has been 9 or 10 in other regions. When I see the speed (of the epidemic in some areas), it makes me dizzy to think about if we had had this here. Manaus, Macapa, it was terrible. But that didn't happen to us. The wave came close to the edge. It is in this context that we must take the language elements (of the Prime Minister). We have to look at what it can be in many countries. It's crazy! "

Hatem Kallel.We have not lacked in resources. There are fixed means and consumable means. We can be out of resources at any time. We must continue to supply ourselves. We asked for reinforcements in technical means. We have received them. We have almost doubled our fleet of machines and electric syringes. There is a big contribution from the state to allow us to work. Indeed, we have never been down. At no time has a patient presented to the hospital and was not taken care of for lack of machines, syringes or beds, or places in intensive care. But I'm not making a commitment for the future. Today we are talking about the crisis. After the crisis, these are other means, another offer of care. "
 

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