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Infos citoyennes

18/09/20
Circulation concomitante de la dengue et du Covid-19?

Le Pr Mathieu Nacher et treize autres professionnels de santé du territoire tirent des leçons des épidémies conjuguées de Covid-19 et de dengue qu'a connues la Guyane ces derniers mois. Ils publient leurs conclusions dans PLOS Neglected Tropical Diseases. Dans leur article, les auteurs insistent sur la nécessité de ne pas négliger le diagnostic de la dengue même lorsque la recherche du Covid-19 est privilégiée. Ils évaluent les effets des mesures de distanciation sociale sur la lutte antivectorielle et donc sur la poursuite de l'épidémie de dengue. Ils émettent plusieurs recommandations pour limiter les conséquences si, à l'avenir, les deux virus sont de nouveau amenés à circuler en même temps.

La survenue concomitante des épidémies de dengue et de Covid-19 en Guyane ont amené une large équipe de soignants du territoire à s’interroger sur les risques qu’elle entraîne. Mathieu Nacher (CIC Antilles-Guyane, CH Cayenne, photo à droite),  Maylis Douine (CIC), Mélanie Gaillet (CDPS, CHC), Claude Flamand (Institut Pasteur Cayenne), Dominique Rousset (Institut Pasteur Cayenne), Cyril Rousseau (cellule régionale de Santé publique France), Chedli Mahdaoui (maison médicale de garde), Stanley Carroll (Réseau Sentinelles), Audrey Valdes (CHC), Nathalie Passard (CPias, CHC), Gabriel Carles (CH ouest guyanais), Félix Djossou (Umit, CHC, photo au centre), Magalie Demar (laboratoire, CHC, photo à gauche) et Loïc Epelboin (Umit) publient les résultats de leurs recherches dans PLOS Neglected Tropical Diseases. Ce sujet avec déjà été étudié dans le cadre de la saisine que l’Agence régionale de la santé avait adressée au comité d’experts en avril.

« On ne sait pas, pour l’instant, si une co-infection se traduirait par une plus grande sévérité de la maladie mais cela doit amener à être vigilant, souligne les auteurs en introduction. La co-infection avec différents pathogènes peut avoir des conséquences complexes et imprévisibles en termes de sévérité. »

Les auteurs insistent sur l’importance d’envisager les deux pathologies, certains symptômes étant communs. Ne pas rechercher la dengue dans l’attente des résultats du test RT-PCR – ce qui peut prendre vingt-quatre, voire quarante-huit heures – peut se traduire par une perte de chance pour le patient, la période la plus critique se situant entre le 3e et le 8e jour après l’apparition des symptômes. Il est par ailleurs nécessaire de ne pas oublier d’autres diagnostics tels la fièvre Q, la leptospirose, la toxoplasmose amazonienne…

S’agissant des femmes enceintes et des enfants, les auteurs conseillent de préférer une consultation normale à une téléconsultation. Ils rappellent la nécessiter d’ausculter tous les patients non urgents dans des espaces dédiés et avec le maximum de précautions pour éviter tout risque de transmission.

Les auteurs soulignent les effets des mesures de distanciations sociales sur la dengue : ces derniers mois, la lutte vectorielle s’est pour ainsi dire résumée au passage de la baygonneuse. Les visites à domicile, l’entretien des espaces verts publics, la destruction des gîtes larvaires ont été fortement réduits. Ils notent également que le confinement s’est déroulé pendant la saison des pluies, favorables à la reproduction des moustiques. Mais dans le même temps, la réduction des déplacements, à l’intérieur de la Guyane et à l’extérieur, a réduit les possibilités de propagation du virus.

Enfin, les auteurs pointent deux autres risques : celui d’une tension sur les kits de prélèvement et les réactifs, identiques pour la dengue et le Covid-19, et celui d’une forte proportion de professionnels de santé qui tomberaient malades et ne pourraient assurer la prise en charge des autres patients.

Plusieurs pistes sont évoquées pour tenter de réduire l’impact d’une prochaine cocirculation des deux virus :

  • Informer la population de la circulation concomitante de la dengue et du Covid-19 et des mesures de prévention ;
  • Maintenir le niveau d’intervention des services de lutte antivectorielle au niveau le plus élevé possible ;
  • S’agissant du Covid-19, poursuivre le dépistage intensif, le contact tracing agressif et l’isolement ;
  • Faire bénéficier simultanément aux patients fébriles des diagnostics dengue et Covid-19 ;
  • Maintenir des lits d’hospitalisation équipés de moustiquaires pour les formes graves de dengue ;
  • Rechercher la confirmation biologique en période de co-circulation des virus.

Pour conclure, les auteurs recommandent la plus grande vigilance à mesure que les dispositifs de distanciation sociale sont assouplis, notamment en matière de destruction des gîtes larvaires et de contrôles des arrivées sur le territoire.

 

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