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Infos citoyennes

19/11/20
Une situation migratoire préocupante en Guyane ?

Monsieur Gabriel SERVILLE, député de Guyane, s'est adressé au ministre de l'intérieur, Monsieur Gerard DARMANIN, dans une lettre lui demandant la mise en oeuvre d'un plan de gestion de la crise migratoire en Guyane.

"Monsieur le ministre de l’intérieur,

J’attire votre attention sur l’urgence qu’il y’a à doter la Guyane d’un plan global de gestion de la crise migratoire et de prise en charge des populations migrantes.

Dans la nuit du 2 au 3 Novembre, une embarcation chavirait au large de Cayenne, avec à son bord dix-sept personnes, dont six ont été secourues et six qui auraient regagné la terre par leur propre moyen. Hélas cinq ont été portées disparus, dont trois enfants. Les éléments qui nous sont parvenus font état d’une embarcation clandestine en provenance de la ville Brésilienne de Oiapoque.

Ce fait divers qui n’a rien d’isolé, ni d’anodin, est la tragique conséquence d’un trafic incessant de passeurs d’immigrants clandestins, qui vient sans cesse alimenter le volume considérable de clandestins déjà présents sur notre territoire et trahissant l’impuissance de l’État à réguler significativement ce problème.

Or, dans une regrettable concomitance, le 5 Novembre à Perthus, à la frontière franco-espagnole, le chef de l'Etat a émis l'idée d'une "refondation" en profondeur de l'espace Schengen, en modifiant les règles qui, depuis 1995, régissent les frontières intérieures et extérieures européennes.

Nous aurions grandement apprécié, eu égard aux problèmes qu’engendre cette crise migratoire en Guyane, que le chef de l’État démontre la même énergie pour aider nos collectivités, ainsi que les services de l’Etat à faire face à leurs obligations, tant pour ce qui concerne les migrants économiques que pour les demandeurs d’asile politique.

En effet, l’absence de réponses pertinentes et durables face à cette arrivée massive et non contrôlée de populations extérieures conduit progressivement notre population à vivre ce phénomène sur le mode d’une inquiétude désormais palpable.

C’est pourquoi je me fais le relai de cette angoisse maintes fois exprimée face aux nombreuses conséquences que constituent les squats, bidonvilles et occupations illicites de lieux historiques. Et pour cause, à ce jour, les moyens d’accueil, de logement, d'alimentation, et de maintien de l’hygiène sont totalement dépassés par ces flux migratoires imprévisibles et qui évoluent au gré des crises internationales.

Notre discours se veut d’abord humaniste, par la nécessité de respecter la dignité de tous les êtres humains. Mais il se veut aussi soucieux du respect des équilibres internes de la société guyanaise qui ne saurait accepter les faiblesses de l’Etat, dans la lutte contre l’immigration irrégulière d’une part et dans ses capacités à respecter le droit d’asile, d’autre part.

Car la lutte contre l’immigration irrégulière doit demeurer un objectif légitime de l’action publique fondé notamment sur la sauvegarde de l’ordre public qui constitue un principe à valeur constitutionnelle. De même que nous ne saurions accepter de voir bafouer le droit d’asile qui ne relève pas d’un bon sentiment mais d’un droit constitutionnel inscrit au préambule de 1946 et d’une obligation internationale qui repose sur la Convention de Genève du 28 juillet 1951 relative au statut des réfugiés.

Vous comprendrez donc à quel point il nous importe que soient mises en place des politiques publiques efficaces d’accueil et d’orientation des migrants déjà sévèrement éprouvés dans leur pays d’origine. Pour cela, il faudrait-il encore que soient mobilisés des moyens humains, financiers et matériels.

Or, l’analyse du document de politique transversale annexé au budget 2021 des outre-mer démontre une diminution de 5% des crédits de la mission « Asile, Immigration, Intégration » affectés à la Guyane, totalement à contre-courant de  l’augmentation des flux observés et donc des besoins de financement identifiés.

Monsieur le Ministre, il est impératif de penser un plan global pour la Guyane afin de :
- Renforcer les actions internationales de coopération pour réussir à démanteler les réseaux de passeurs ;
- Tarir ou diminuer considérablement le flux entrant par un contrôle renforcé des frontières maritimes, fluviales et terrestres;
- Faire respecter les droits des demandeurs d'asile, en déclinant en tant que de besoin une approche territorialisée spécifique à la Guyane ;
- Mettre en place une politique volontariste d'intégration (culturelle, civique, économique, sociale, de logement) des migrants présents sous peine de créer des poches de marginalisation, lorsqu’il s’avère impossible de les reconduire à la frontière ;
- Doter les services de l’Etat en Guyane des moyens de procéder à un plus juste recensement de la population ;
- Mieux abonder les dotations budgétaires de nos collectivités dont les finances, déjà exsangues, ne permettent plus de faire face aux conséquences de cette explosion démographique.

Un tel plan, qui devra non seulement nous permettre de comprendre et d'anticiper ces mouvements migratoires mais également de traiter au mieux les populations déjà présentes sur le territoire, ne saurait se concevoir sans une active implication de la société civile, des acteurs socio-politiques et économiques aux côtés des services de l’Etat.

Espérant que notre savoir vivre-ensemble l’emportera sur les postures populistes et xénophobes parce que nous aurons réussi, dans un très court délai, à lancer cette politique volontariste de nature à diminuer les tensions désormais sensibles au sein de la société guyanaise.

Comptant sur votre engagement, je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de ma très haute considération."


Mr. Gabriel SERVILLE, deputy for French Guyana, addressed the Minister of the Interior, Mr. Gerard DARMANIN, in a letter asking him to implement a plan to manage the migration crisis in French Guiana.

"Mr. Minister of the Interior,

I draw your attention to the urgency of providing French Guyana with a comprehensive plan to manage the migration crisis and support migrant populations.

During the night of November 2 to 3, a boat capsized off Cayenne, with seventeen people on board, six of whom were rescued and six who would have returned to land on their own. Unfortunately five were reported missing, including three children. The elements which reached us indicate an illegal boat coming from the Brazilian city of Oiapoque.

This news item, which is neither isolated nor trivial, is the tragic consequence of an incessant traffic in smugglers of illegal immigrants, which constantly feeds the considerable volume of illegal immigrants already present on our territory and betraying the state's inability to significantly regulate this problem.

However, in a regrettable coincidence, on November 5 in Perthus, on the Franco-Spanish border, the Head of State put forward the idea of ​​an in-depth "refoundation" of the Schengen area, by modifying the rules which , since 1995, govern the internal and external European borders.

We would have greatly appreciated, in view of the problems caused by this migratory crisis in French Guiana, if the Head of State showed the same energy to help our communities, as well as the State services to meet their obligations, both for economic migrants and for political asylum seekers.

Indeed, the absence of relevant and lasting responses to this massive and uncontrolled arrival of outside populations is gradually leading our population to experience this phenomenon in the form of a now palpable concern.

This is why I am relaying this anxiety expressed many times over the many consequences of squats, shanty towns and illegal occupations of historic places. And for good reason, to date, the means of reception, accommodation, food, and maintenance of hygiene are completely overwhelmed by these unpredictable migratory flows and which evolve with international crises.

Our discourse is primarily humanist, through the need to respect the dignity of all human beings. But he also wants to be concerned about respecting the internal balances of Guyanese society, which cannot accept the weaknesses of the State, in the fight against irregular immigration on the one hand and in its capacity to respect the right of asylum, on the other hand.

Because the fight against irregular immigration must remain a legitimate objective of public action based in particular on the safeguard of public order, which constitutes a principle of constitutional value. Likewise, we cannot accept to see the right of asylum which is not the result of a good feeling but of a constitutional right inscribed in the preamble of 1946 and of an international obligation based on the Geneva Convention of 28 July 1951 relating to the status of refugees.

You will therefore understand how important it is to us that effective public policies are put in place to welcome and guide migrants who are already severely affected in their country of origin. For this, it would still be necessary to mobilize human, financial and material resources.

However, the analysis of the transversal policy document annexed to the 2021 overseas budget shows a 5% decrease in the appropriations of the “Asile, Immigration, Integration” mission allocated to French Guiana, totally against the trend of increase in observed flows and therefore identified financing needs.

Mr. Minister, it is imperative to think of a comprehensive plan for French Guiana in order to:
- Strengthen international cooperation actions to successfully dismantle smuggling networks;
- To dry up or considerably reduce the inflow through reinforced control of maritime, river and land borders;
- Ensure respect for the rights of asylum seekers, by declining as necessary a territorial approach specific to French Guiana;
- Put in place a proactive policy of integration (cultural, civic, economic, social, housing) of the migrants present on pain of creating pockets of marginalization, when it proves impossible to escort them back to the border;
- Provide state services in French Guiana with the means to carry out a fairer census of the population;

- Better supplement the budgetary allocations of our communities whose finances, already bloodless, no longer allow them to face the consequences of this demographic explosion.

Such a plan, which should not only enable us to understand and anticipate these migratory movements but also to best treat the populations already present in the territory, could not be conceived without the active involvement of civil society, socio-economic actors. political and economic alongside State services.

Hoping that our knowledge of living together will prevail over populist and xenophobic postures because we will have succeeded, in a very short time, in launching this proactive policy likely to reduce the tensions which are now sensitive within Guianese society.

Counting on your commitment, please accept, Sir, the expression of my highest consideration. "
 

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