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Infos citoyennes

18/12/20
Comment les PMI se sont organisées pour faire face au Covid-19 ?

Les centres de protection maternelle et infantile ont dû s’adapter au confinement et à la survenue de l’épidémie. L’activité a été réorganisée en fonction des protocoles sanitaires et pour faire face, dans un premier temps, à la difficulté à s’approvisionner en masques. En commune, les agents ont souvent collaboré avec ceux des centres délocalisés de prévention et de soins. Aujourd’hui, l’activité, en forte baisse sur l’année, retrouve un semblant de normalité.

Dans les couloirs flambant neufs de la nouvelle PMI de Rémire-Montjoly, une maman attend seule avec son bébé. En ce milieu de matinée, il est l’heure de l’allaiter. Pas un bruit. On est loin des ambiances habituelles, avec des dizaines de bébés qui jouent, qui crient, qui pleurent. Comme tous les services de santé, la protection maternelle et infantile a dû se réorganiser avec l’apparition du Covid-19. Première conséquence pour les mamans : les professionnels leur fixent désormais des heures de rendez-vous.

« Pendant le confinement, avec l’arrêt des taxis clandestins, les gens s’organisaient et venaient en groupe, se souvient le Dr Eric Giblot-Ducray, médecin-chef directeur des PMI, qui dépendant de la Collectivité territoriale de Guyane (CTG). A Matoury par exemple, nous ne pouvions pas les accueillir, sans quoi cela aurait fait trop de monde dans les locaux. Il a fallu leur apprendre à venir à l’heure, alors qu’avant, on leur disait de passer dans la journée. »

Ces premiers jours de la mi-mars, le Dr Giblot-Ducray se les remémore parfaitement. « Le jour du discours d’Emmanuel Macron (le 16 mars), nous avions une réunion de la cellule médecins. Nous discutions des missions que l’on prioriserait s’il y avait des restrictions. » Le lendemain, le temps s’est accéléré. Le confinement démarrait.

« Le 17, ça a été la confusion. Tout le monde a eu peur. Il a fallu relancer la machine. » Anne Désiré, puéricultrice et responsable par intérim de la PMI de Rémire-Montjoly, confirme : « Tout le monde a eu un peu peur. Les gens sont revenus au bout de quinze jours. On a organisé nos consultations, priorisé les enfants de moins de 1 an, ceux qui étaient à vacciner. On a convoqué les parents, pour qu’il n’y ait pas trop de monde dans la salle d’attente. A partir du moment où les gestes barrières ont été respectés, il n’y a pas eu de souci. »

Parmi les services de la PMI, la crèche de Mirza, à Cayenne, est le premier à rouvrir. Avec d’autres établissements, elle est mobilisée pour accueillir les enfants des professionnels de santé. Autour du 1er avril, les centres de PMI rouvrent à leur tour. Une nouvelle vie s’organise.

A Grand-Santi, lieu du deuxième cluster de Guyane en avril, les agents vont au centre délocalisé de prévention et de soins (CDPS) voisin pour peser les enfants. Et inversement, la sage-femme du CDPS réalise les consultations de suivi de grossesse dans les locaux de la PMI, pour éviter que les futures mamans ne croisent des habitants potentiellement infectés.

A Saint-Georges, où le nombre de cas explosent en mai, l’activité de PMI s’arrête pour céder les locaux aux personnels du CDPS, lancés dans une opération de dépistage intensif. Quand des tests sont mis en place aux points de contrôle routier, la puéricultrice de la PMI d’Iracoubo se propose pour tester les automobilistes.

A Apatou, un circuit est créé entre la PMI et le CDPS, qui partagent le même bâtiment. A Saint-Laurent du Maroni, une infirmière participe aux campagnes de dépistage. Elle sera la seule des 120 à 130 agents de la PMI à contracter le Covid-19 au travail. A Rémire-Montjoly, où le centre souffre du départ de son médecin depuis plusieurs mois, les puéricultrices ont été autorisées à vacciner les enfants sous certaines conditions (lire ci-dessous). « Ça fonctionne très bien », conclut Anne Désiré.

Une activité en forte baisse

Les services de la protection maternelle et infantile (PMI) n’ont pas encore évalué l’impact de l’épidémie sur leur volume d’activité. Elle a évidemment été fortement baissé. Le Dr Eric Giblot-Ducray, médecin-chef directeur des PMI, estime qu’avec 2 690 femmes ayant bénéficié d’une consultation de grossesse dans l’un des centres, les PMI assurent environ un tiers de l’activité du territoire.

Le centre de santé préscolaire s’est arrêté en mars. « Seuls des enfants chez lesquels des difficultés avaient été repérées lors des bilans ont pu être vus par des médecins », précise le Dr Giblot-Ducray. Très peu de personnes se sont présentées au centre de planification et d’éducation familiale (CPEF). Suite au recrutement d’un médecin gynécologue en juillet, ses missions sont en train d’être redéfinies, notamment avec l’extension des interruptions volontaires de grossesse (IVG) à 9 semaines. Mais ses agents auront réalisé cette année beaucoup moins que les 655 IVG médicamenteuses pratiquées l’an dernier.

Les difficultés à s’approvisionner en masques au début de l’épidémie ont aussi été un facteur limitant. « Nous avions quelques masques, mais pas de quoi faire face à une crise, se souvient le Dr Giblot-Ducray. Rapidement, l’ARS nous en a fourni. » Les PMI ont alors de quoi fournir un masque par jour et par personne. Dans ces conditions, il n’est pas possible d’ouvrir les centres plus de quatre heures par jour. Cette difficulté, qui a fait ralentir l’activité, a été réglée en quelques semaines.

Le retard de vaccination ne pourra pas être rattrapé. L’an dernier, les agents de la PMI ont administré 37 957 doses de vaccins. « Nous étions déjà à saturation de nos capacités, souligne le Dr Giblot-Ducray. Nous devons respecter les précautions liées à l’épidémie. Nous ne pouvons plus réaliser des campagnes de vaccination où l’on fait venir 100 personnes. »

Pour faire face aux difficultés également à recruter des médecins, la PMI a aussi mis en place un système de délégation tâche vers les infirmiers et les puéricultrices, avec validation par le médecin de secteur. A Maripasoula ou à Rémire-Montjoly, par exemple, une infirmière et deux puéricultrices ont réalisé des vaccins. « Pour cela, il faut que l’enfant ait déjà été vu par un médecin depuis sa sortie d’hôpital, qu’il ait déjà reçu un premier vaccin et qu’un médecin de secours se trouve à moins de trente minutes. » Une innovation qui pourrait perdurer au-delà du Covid.


Maternal and child health centers had to adapt to the containment and the onset of the epidemic. The activity has been reorganized according to health protocols and to deal, initially, with the difficulty of obtaining supplies of masks. In the commune, the agents often collaborated with those of the offshore prevention and care centers. Today, activity, which fell sharply over the year, is returning to a semblance of normalcy.

In the brand new corridors of the new PMI of Rémire-Montjoly, a mother waits alone with her baby. It’s mid-morning to breastfeed her. Not a sound. We are far from the usual atmospheres, with dozens of babies who play, cry. Like all health services, maternal and child protection had to be reorganized with the emergence of Covid-19. First consequence for mothers: professionals now set them meeting times.

During confinement, with the stopping of clandestine taxis, people organized themselves and came in groups, remembers Dr. Eric Giblot-Ducray, chief medical officer of the PMI, which depends on the Territorial Collectivity of French Guiana (CTG). In Matoury for example, we could not accommodate them, otherwise it would have been too crowded in the premises. They had to be taught to come on time, whereas before, they were told to come by during the day. "

These first days of mid-March, Dr Giblot-Ducray remembers them perfectly. “The day of Emmanuel Macron’s speech (March 16), we had a meeting of the doctors cell. We were discussing which missions we would prioritize if there were restrictions. The next day, the weather accelerated. Containment was starting."

On the 17th, there was confusion. Everyone was scared. We had to restart the machine. "Anne Désiré, nursery nurse and interim manager of the Rémire-Montjoly PMI, confirms:" Everyone was a little afraid. People came back after two weeks. We organized our consultations, prioritizing children under 1 year old, those who needed to be vaccinated. The parents have been summoned so that there are not too many people in the waiting room. From the moment the barrier gestures were respected, there was no problem. "

Among the services of the PMI, the Mirza crèche, in Cayenne, is the first to reopen. With other establishments, it is mobilized to welcome the children of health professionals. Around April 1, the PMI centers reopen in turn. A new life is being organized.

In Grand-Santi, location of the second cluster in French Guiana in April, the agents go to the nearby delocalized prevention and care center (CDPS) to weigh the children. And conversely, the CDPS midwife carries out pregnancy follow-up consultations in the premises of the PMI, to prevent future mothers from meeting potentially infected inhabitants.

In Saint-Georges, where the number of cases exploded in May, PMI's activity stopped to cede the premises to CDPS staff, launched in an intensive screening operation. When tests are set up at roadside checkpoints, the nursery nurse at PMI d'Iracoubo offers to test motorists.

In Apatou, a circuit is created between the PMI and the CDPS, which share the same building. In Saint-Laurent du Maroni, a nurse participates in screening campaigns. She will be the only one of the 120 to 130 PMI agents to contract Covid-19 at work. In Rémire-Montjoly, where the center has suffered from the departure of its doctor for several months, nursery nurses have been authorized to vaccinate children under certain conditions (read below). “It works very well,” concludes Anne Désiré.

A sharp decline in activity

The maternal and child protection services (PMI) have not yet assessed the impact of the epidemic on their volume of activity. She was obviously strongly lowered. Dr Eric Giblot-Ducray, chief medical officer of the PMI, estimates that with 2,690 women who have benefited from a pregnancy consultation in one of the centers, the PMIs provide about a third of the territory's activity.

The preschool health center shut down in March. "Only children in whom difficulties had been identified during check-ups were seen by doctors", specifies Dr Giblot-Ducray. Very few people attended the family planning and education center (CPEF). Following the recruitment of a gynecologist in July, its missions are being redefined, in particular with the extension of voluntary terminations of pregnancy (abortion) to 9 weeks." But its agents will have performed far less this year than the 655 drug abortions performed last year.

Difficulties in obtaining supplies of masks at the start of the epidemic were also a limiting factor. “We had a few masks, but nothing to deal with a crisis,” recalls Dr. Giblot-Ducray. Quickly, the ARS provided us with it.” The PMI then have enough to provide one mask per day and per person. Under these conditions, it is not possible to open the centers for more than four hours a day. This difficulty, which caused activity to slow down, was resolved within a few weeks.

The delay in vaccination cannot be made up. Last year, PMI officers administered 37,957 doses of the vaccine. “We were already at the saturation point of our capacities, underlines Dr. Giblot-Ducray. We must respect the precautions associated with the epidemic. We can no longer carry out vaccination campaigns where we bring in 100 people. "

To cope with the difficulties also in recruiting doctors, the PMI has also set up a system of task delegation to nurses and nursery nurses, with validation by the sector doctor. In Maripasoula or Rémire-Montjoly, for example, a nurse and two nursery nurses have carried out vaccines. “This requires that the child has already been seen by a doctor since leaving the hospital, that he has already received a first vaccine and that an emergency doctor is within 30 minutes." An innovation that could last beyond the Covid.
 

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