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Infos citoyennes

08/06/21
Covid long : « Je n’avais aucun problème de santé ; aujourd’hui, ma vie est bouleversée »

Il y a un an, Joël Geneviève était l’un des premiers à être infecté au Covid-19, à Cayenne. Jusque-là, ce quadragénaire n’avait aucune difficulté à exercer son métier de maçon. Hospitalisé pendant trois semaines à l’Umit de Cayenne, il a vu l’état de ses poumons se dégrader à chaque nouvel examen. A son retour à domicile, il a dû enchaîner les séances de kinésithérapie respiratoire, le suivi médical par l’HAD, les consultations en pneumologie et finalement les séances avec un psychologue. En mai, un an plus tard, il a été évasané à la Clinique du souffle de Lodève où les soignants lui apprennent à vivre avec les conséquences de la maladie.

C’était le 2 juin 2020. La Guyane s’est déconfinée trois semaines plus tôt. Saint-Georges est dans la deuxième semaine de sa campagne de dépistage intensif. Ailleurs, il faut encore une prescription médicale ou l’avis du Centre 15 pour se faire dépister. A Cayenne, les cas de Covid-19 se comptent sur les doigts de la main. Joël Geneviève, un Cayennais de 49 ans, tousse depuis la veille. Quelques jours plus tôt, il a participé à une réunion syndicale sur le protocole sanitaire proposé par son employeur. « Nous n’avions pas encore de masque, pas de gel hydro-alcoolique. Personne ne prenait au sérieux cette maladie. » Il va voir son médecin qui lui fait faire un test. Joël Geneviève est positif au Covid-19. L’unité des maladies infectieuses et tropicales (Umit) de l’hôpital de Cayenne lui donne rendez-vous le lendemain à 16 heures pour son admission. Un an presque jour pour jour après, Joël Geneviève vient d’être évasané à la clinique du souffle de Lodève (Hérault). Il souffre de ce que l’on appelle, désormais, « un Covid long ».

« Il ne présentait pas d’antécédents médicaux, à part un surpoids », se souvient le Dr Sabrina Dordonne, qui l’a suivi pendant près d’un an avec la HAD Guyane Santé. « Un an après, il conserve des séquelles pulmonaires, mises en évidence par un scanner. C’est un patient tel qu’on les décrit désormais, qui présente tous les symptômes du Covid long. »

A l’Umit, Joël Geneviève souffre de fièvre, de toux, de difficultés à respirer. « Au bout de deux ou trois jours, l’inflammation d’un poumon était très sévère », se souvient-il. Il est traité à base de corticoïdes, d’anticoagulants, d’ivermectine. Le décubitus ventral est mis en œuvre pour l’aider à respirer. « J’ai commencé à cracher du sang. Ça continuait de s’enflammer. J’ai dit aux soignants que je voulais appeler ma femme et mes enfants pour leur dire que c’était fini pour moi. » Au total, il passera 21 jours à l’Umit, avant de rentrer chez lui.

« Son épouse avait aussi eu le Covid, poursuit le Dr Dordonne. A sa sortie de l’hôpital, on a poursuivi sa prise en charge à domicile, et non dans une structure telle l’Itep de Roura. Nous avons donc organisé un suivi avec oxygénothérapie. Au fil des mois, nous avons pu réduire la durée, mais il avait encore besoin d’oxygène le soir. » Celui qui est maçon depuis 17 ans, qui faisait des steps chez lui et s’occupait de sa famille sent que chaque effort lui coûte. Sa saturation « descend trop vite ». Un an après, c’est toujours le cas. « Me doucher, m’essuyer, c’est tout un travail. » De l’apnée du sommeil apparaît. Un suivi est mis en place avec le service de pneumologie du Centre Hospitalier de Cayenne. Mais c’est aussi le moral qui en prend un coup. « On fait un effort, on cherche de l’air, ça ne vient pas, on angoisse, on a encore plus de mal à respirer. »

« J’ai toujours travaillé, j’ai toujours été autonome. J’adorais mon métier. Aujourd’hui, je suis dans l’incapacité de l’exercer. » Les gestes de la vie quotidienne deviennent une corvée. Les relations avec ses proches se tendent au début, avant que chacun le comprenne. Au fil des mois, les appels des amis pour prendre des nouvelles se font plus rares, « pourtant, ça aiderait à la guérison ». En plus des séances de kinésithérapie respiratoire à domicile, du suivi médical par l’HAD, des consultations en pneumologie à l’hôpital, des consultations chez le psychologue sont prescrites.

La colère remonte aussi. « Quand on fume, on sait qu’on va tomber malade. Quand on a des rapports non protégés, on sait qu’on prend des risques. Être tombé malade parce que le nécessaire n’a pas été fait, il y a de quoi être en colère. » Et puis les angoisses. Face à des résultats d’examen qui « montrent les dégâts du Covid sur mes poumons », il retourne voir le Dr Aissaoui (pneumologie, CHC) et lui demande : « J’ai été exposé à l’amiante pendant quinze ans. Est-ce qu’il y a autre chose ? Pourquoi mes collègues qui ont eu le Covid sont-ils déjà guéris et pas moi ? » Que son Covid ait fait émerger des problèmes liés à son exposition à l’amiante et qui jusque-là ne s’étaient jamais déclarés est une hypothèse prise au sérieux à la clinique du souffle, explique-t-il.

« Cette exposition à l’amiante ne m’avait jamais posé de problème, à part deux ou trois quintes de toux dans l’année, souligne-t-il depuis l’Hérault, où l’air sec de l’Hexagone lui brûle les poumons certains jours. A la clinique, ils m’ont expliqué que j’allais devoir apprendre à vivre avec. Qu’on allait faire une bonne rééducation respiratoire pour m’habituer à respirer avec mes poumons, dans l’état qu’ils sont. » Son quotidien, jusqu’à fin juin, ce sont donc des tests de marche pour calculer le temps qu’il tient avant d’avoir l’impression de s’évanouir, des exercices de kiné respiratoire, d’autres pour reprendre les muscles qui ont fondu depuis un an, un suivi nutritionnel pour perdre les kilos qui les ont remplacés. La nuit, un appareil l’aide à respirer. Il nous envoie volontiers une photo avec « pour pouvoir sensibiliser ceux qui vous lisent, pour qu’on voie le calvaire dans lequel je suis à présent. » Il sait qu’à son retour, la kiné respiratoire se poursuivra. L’oxygénothérapie sans doute. Les difficultés à respirer aussi. « Je n’avais aucun problème de santé. Aujourd’hui, ma vie est bouleversée. »


A year ago, Joël Geneviève was one of the first to be infected with Covid-19, in Cayenne. Until then, this forty-something had no difficulty practicing his trade as a mason. Hospitalized for three weeks at the Cayenne Umit, he saw the condition of his lungs deteriorate with each new examination. On his return home, he had to go through respiratory physiotherapy sessions, medical follow-up by the HAD, pulmonology consultations and finally sessions with a psychologist. In May, a year later, he escaped to the Lodève Breath Clinic where caregivers taught him to cope with the consequences of the disease.

It was June 2, 2020. French Guiana had deconfined itself three weeks earlier. Saint-Georges is in the second week of its intensive screening campaign. Elsewhere, you still need a medical prescription or the advice of Center 15 to get tested. In Cayenne, the cases of Covid-19 can be counted on the fingers of the hand. Joël Geneviève, a 49-year-old Cayenne, has been coughing since the day before. A few days earlier, he participated in a union meeting on the health protocol proposed by his employer. “We didn't have a mask yet, no hydro-alcoholic gel. No one took this disease seriously. He goes to see his doctor who gives him a test. Joël Geneviève is positive for Covid-19. The Infectious and Tropical Diseases Unit (Umit) at Cayenne Hospital gives her an appointment the next day at 4 p.m. for her admission. A year almost to the day later, Joël Geneviève has just been evased at the Breath Clinic in Lodève (Hérault). He suffers from what is now called "a long Covid".

"He had no medical history, apart from being overweight," recalls Dr Sabrina Dordonne, who followed him for nearly a year with HAD Guyane Santé. “A year later, he still has pulmonary sequelae, highlighted by a CT scan. He is a patient as they are now described, who presents all the symptoms of Long Covid. "

At Umit, Joël Geneviève suffers from fever, cough, and difficulty breathing. "After two or three days the inflammation in one lung was very severe," he recalls. It is treated with corticosteroids, anticoagulants, ivermectin. The prone position is used to help him breathe. “I started to cough up blood. It continued to ignite. I told the caregivers that I wanted to call my wife and children to tell them that it was over for me." In total, he will spend 21 days in Umit, before returning home.

"His wife had also had the Covid," continues Dr Dordonne. When he left the hospital, his care was continued at home, and not in a structure such as Itep de Roura. We therefore organized a follow-up with oxygen therapy. Over the months, we were able to reduce the duration, but he still needed oxygen at night. The one who has been a mason for 17 years, who stepped in his house and looked after his family feels that every effort costs him. Its saturation "goes down too quickly". A year later, that is still the case. "Showering, wiping, it's a lot of work." Sleep apnea appears. Follow-up is in place with the pulmonology department of the Cayenne Hospital Center. But it's also the morale that takes a hit. "We make an effort, we look for air, it does not come, we are worried, it is even more difficult to breathe. "

I have always worked, I have always been independent. I loved my job. Today, I am unable to exercise it." The gestures of daily life become a chore. Relationships with loved ones strain at first, before everyone understands it. As the months go by, calls from friends for news are rarer, "yet that would help in the healing". In addition to respiratory physiotherapy sessions at home, medical follow-up by the ADH, pulmonology consultations at the hospital, consultations with a psychologist are prescribed.

The anger is also rising. “When you smoke, you know you're going to get sick. When you have unprotected sex, you know you're taking risks. Getting sick because the necessary things were not done is something to be angry about." And then the anguish. Faced with test results which "show the damage of the Covid on my lungs", he returns to see Dr Aissaoui (pulmonology, CHC) and asks him: "I have been exposed to asbestos for fifteen years. Is there anything else? Why are my colleagues who have had the Covid already cured and not me?" That his Covid has led to the emergence of problems linked to his exposure to asbestos and which until then had never been declared is a hypothesis taken seriously at the Breath Clinic, he explains.

"This exposure to asbestos had never given me a problem, apart from two or three coughing fits a year," he says from Hérault, where the dry air of France burns him. the lungs on certain days. At the clinic, they explained to me that I was going to have to learn to live with it. That we were going to do a good respiratory rehabilitation to get me used to breathing with my lungs, as they are. "His daily life, until the end of June, is therefore walking tests to calculate the time he takes before having the impression of fainting, respiratory physiotherapy exercises, others to regain the muscles. which have melted for a year, nutritional monitoring to lose the pounds that have replaced them. At night, a device helps her breathe. He gladly sends us a photo with "to be able to sensitize those who read you, so that we can see the ordeal in which I am now. He knows that when he returns, the respiratory physiotherapist will continue. Oxygen therapy, no doubt. Difficulty breathing too. “I had no health problems. Today my life is turned upside down. "
 

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