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Infos citoyennes

06/07/21
L'obligation vaccinale des soignants : le débat est lancé

Le gouvernement a entamé des discussions pour imposer la protection contre le Covid-19 aux professionnels en contact avec les patients ou des personnes fragiles. D’autres pays dans le monde l’ont fait tandis qu’en France, plusieurs vaccins sont déjà obligatoires pour les professionnels de santé. Le Dr Nicolas Vignier, infectiologue à Cayenne, se prononce en faveur de cette mesure. La Lettre pro vous propose de participer à un questionnaire anonyme, en ligne, pour donner votre avis sur le sujet. 

Comme pour l'hépatite B, la diphtérie, le tétanos ou la poliomyélite, les soignants auront-ils bientôt l’obligation de se faire vacciner contre le Covid-19 ? Le Premier ministre Jean Castex consulte les élus, ces jours-ci, sur le sujet. Dans un sondage pour Le Figaro, 72 % des Français se déclarent favorables à la vaccination obligatoire des soignants. Vendredi, la Société de pathologies infectieuses en langue française (Spilf) s’est prononcée pour également. « Compte-tenu de l’enjeu majeur que représente la couverture vaccinale du personnel de santé, pour protéger les patients qui nous sont confiés, et pour réduire au maximum le risque d’une reprise de l’épidémie du Covid-19 et l’émergence de variants toujours plus difficiles à contrôler, la SPILF est favorable à une obligation vaccinale pour le personnel de santé en France. Il en va de même pour les aidants au contact des personnes fragiles. » Ses raisons : l’efficacité des vaccins, les données disponibles après la vaccination de plus de 3 milliards de personnes dans le monde, la gravité potentielle n’a pas été mise en évidence.

Avant cela, l’Académie de médecine avait pris la même position dès la fin mai. « L’obligation vaccinale doit maintenant être envisagée. Cette mesure a été appliquée en France pour la variole (1902-1984), la diphtérie (1938), le tétanos (1940), la tuberculose (1950-2007), la poliomyélite (1964), et étendue en 2017 pour 11 vaccins du nourrisson. Elle s’impose dans tous les cas où une vaccination efficace permet d’éliminer une maladie répandue, sévère et souvent mortelle. Avec un taux d’efficacité de 90 à 95% contre les formes graves de la Covid-19, les vaccins actuellement homologués en France contre le SARS-CoV-2 remplissent les conditions qui permettent de recourir à l’obligation vaccinale face à une épidémie redoutable, en particulier socialement, que les mesures individuelles (gestes barrière) et collectives (couvre-feu, confinement) sont incapables de contrôler dans la durée. » Ces suggestions vont même au-delà de la seule obligation pour les soignants.

Début mai, dans une interview exclusive à la Lettre pro, Patrick Chamboredon, président du Conseil national de l’ordre des infirmiers, soulignait que « l’obligation de vaccination ne peut être qu’un recours ultime (…) Ces derniers mois, des efforts ont été déployés en matière d’information, de transparence concernant les effets indésirables, de répartition, de disponibilité des doses. Toutefois, j’en appelle à la déontologie et à l’éthique de chacun. Comme nous l’avons dit, d’une seule voix avec les autres ordres des professions de santé, se faire vacciner, c’est protéger les patients dont nous assurons la prise en charge, c’est aussi protéger ses proches et se protéger soi-même, et également atteindre une immunité collective qui nous permette de reprendre la vie d’avant. »

En mars, à un moment où la lenteur de la vaccination chez les professionnels de santé n’était pas un motif d’inquiétude, le Dr Félix Ngomba, président du conseil départemental de l’ordre des médecins, souhaitait favoriser l’incitation. Il insistait toutefois : « L’Académie de médecine a parlé de cette « responsabilité déontologique », qui nous a bien été expliquée. Le professionnel de santé qui n’est pas vacciné et potentiellement malade peut être en contact avec un patient fragile et lui transmettre cette pathologie. »

Après avoir favorisé l’incitation ces derniers mois, le Pr Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique national, a indiqué avoir changé d’avis sur ce sujet, la semaine dernière : « J’étais contre l’obligation. Il me semble que, maintenant, on a atteint le niveau où on doit envisager l’obligation vaccinale des soignants. Si l’on veut anticiper ce qui se passera en septembre, c’est maintenant. »

♦ Dr Nicolas Vignier, infectiologue à Cayenne : « On a fait beaucoup d’effort pour sensibiliser les soignants »

En Guyane, le Dr Nicolas Vignier, infectiologue au Centre Hospitalier de Cayenne, est favorable à l’obligation vaccinale des soignants : « La société savante dont je fais partie, la Spilf, a pris position en faveur de la vaccination obligatoire, à la majorité. Il y a encore beaucoup de soignants qui ne sont pas vaccinés. On cumule un nombre de cas de Covid-19 très importants chez les soignants, à l’échelle nationale mais aussi en Guyane. Certains de ces soignants l’ont transmis à leurs patients. En Métropole, ils prévoient une possible quatrième vague à la rentrée, avec le variant Delta. On veut à tout prix éviter sa propagation dans les établissements. C’est un peu triste d’en arriver là mais cela fait plus de six mois qu’on essaie de sensibiliser, qu’on a fait beaucoup d’efforts pour aider à comprendre, pour discuter... Mais il y a encore une frange très importante de soignants qui sont opposés, et pas seulement à la vaccination. Nous avons aussi des soignants qui refusent de se faire tester. On a suffisamment de recul sur le vaccin pour savoir qu’il est sûr. On ne fait pas courir un risque en vaccinant. Ne pas se faire vacciner, cela pose des questions éthiques, en cette période de pandémie. Je travaille dans les communes de l’intérieur. Les lignes bougent un petit peu chez les soignants mais on n’est pas à l’exhaustivité. Et à Cayenne, il y a beaucoup d’opposition. Il y a des clusters où on n’arrive même pas à faire le contact tracing parce que les soignants ne viennent même pas se faire dépister. Quand j’entends ça en cellule de crise, cela m’étonne. Les soignants ont besoin qu’on fixe le cadre, comme il existe pour d’autres vaccinations. Cela n’a rien d’exceptionnel en juillet 2021. Cela paraît une recommandation de bon sens du point de vue de la santé publique. »

♦ Et vous, qu’en pensez-vous ?

Faut-il rendre le vaccin contre le Covid-19 obligatoire pour tous les soignants ? Uniquement pour ceux qui prennent en charge des personnes les plus à risque de forme grave ? Ou au contraire pour toutes les personnes étant au contact des patients, sans être nécessairement soignantes ?

Alors que la question de l’obligation vaccinale est de plus en plus prégnante, la Lettre pro vous propose de répondre à un rapide questionnaire en ligne, pour connaître votre avis sur le sujet.

Votre anonymat est garanti.

Cet article est issu de la Lettre pro de l’Agence régionale de santé. Vous pouvez vous y abonner en remplissant le formulaire suivant : https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html


The government has started discussions to impose protection against Covid-19 on professionals in contact with patients or fragile people. Other countries around the world have done so, while in France, several vaccines are already mandatory for healthcare professionals. Dr Nicolas Vignier, infectious disease specialist in Cayenne, is in favor of this measure.

As with hepatitis B, diphtheria, tetanus or polio, will caregivers soon have to be vaccinated against Covid-19? Prime Minister Jean Castex is consulting elected officials these days on the subject. In a poll for Le Figaro, 72% of French people say they are in favor of compulsory vaccination for caregivers. On Friday, the French Language Society of Infectious Pathologies (Spilf) also spoke out in favor. "Given the major challenge of vaccination coverage for health personnel, to protect the patients entrusted to us, and to minimize the risk of a resumption of the Covid-19 epidemic and the emergence of variants that are ever more difficult to control, SPILF is in favor of compulsory vaccination for healthcare personnel in France. The same goes for caregivers in contact with vulnerable people." Its reasons: the effectiveness of vaccines, the data available after immunizing more than 3 billion people worldwide, the potential severity has not been demonstrated.

Before that, the Academy of Medicine had taken the same position at the end of May. “Mandatory vaccination should now be considered. This measure was applied in France for smallpox (1902-1984), diphtheria (1938), tetanus (1940), tuberculosis (1950-2007), polio (1964), and extended in 2017 for 11 vaccines of infant. It is necessary in all cases where effective vaccination eliminates a widespread, severe and often fatal disease. With an efficacy rate of 90 to 95% against severe forms of Covid-19, the vaccines currently approved in France against SARS-CoV-2 meet the conditions which allow the compulsory vaccination to be used in the face of an epidemic. formidable, in particular socially, that individual measures (barrier gestures) and collective (curfew, confinement) are unable to control over time." These suggestions even go beyond the sole obligation of caregivers.

At the beginning of May, in an exclusive interview with the Lettre pro, Patrick Chamboredon, president of the National Council of the Order of Nurses, underlined that “the obligation of vaccination can only be a last resort (…) In recent months, efforts have been made in terms of information, transparency concerning undesirable effects, distribution and availability of doses. However, I appeal to the deontology and ethics of everyone. As we have said, in one voice with the other orders of the health professions, to be vaccinated is to protect the patients for whom we provide care, it is also to protect loved ones and to protect oneself. - even, and also achieve collective immunity that allows us to resume life before."

In March, at a time when the slowness of vaccination among health professionals was not a cause for concern, Dr Félix Ngomba, chairman of the departmental council of the medical order, wanted to promote the incentive. He insisted, however: “The Academy of Medicine has spoken of this 'ethical responsibility', which has been well explained to us. The health professional who is not vaccinated and potentially ill may be in contact with a fragile patient and transmit this pathology to him. "

After promoting the incentive in recent months, Professor Jean-François Delfraissy, president of the National Scientific Council, said he had changed his mind on this subject last week: "I was against the obligation. It seems to me that, now, we have reached the level where we must consider the obligation to vaccinate caregivers. If we want to anticipate what will happen in September, it is now. "

♦ Dr Nicolas Vignier, infectious disease specialist in Cayenne: "We have made a lot of effort to educate caregivers"
 

In French Guiana, Dr Nicolas Vignier, infectious disease specialist at the Cayenne Hospital Center, is in favor of compulsory vaccination for caregivers: “The learned society of which I am a member, Spilf, has taken a position in favor of compulsory vaccination, at the majority. There are still many caregivers who are not vaccinated. There is a cumulative number of very significant Covid-19 cases among caregivers, nationally but also in French Guiana. Some of these caregivers passed it on to their patients. In Metropolitan France, they are planning a possible fourth wave at the start of the school year, with the Delta variant. We want at all costs to prevent its spread in establishments. It's a little sad to get there but it's been more than six months that we try to raise awareness, that we made a lot of efforts to help understand, to discuss ... But there is still a very important fringe of caregivers who are opposed, and not only to vaccination. We also have caregivers who refuse to be tested. We have enough experience with the vaccine to know it is safe. We do not run a risk by vaccinating. Not getting vaccinated poses ethical questions in this pandemic period. I work in the communes of the interior. The lines are moving a little with caregivers, but we are not exhaustive. And in Cayenne, there is a lot of opposition. There are clusters where we cannot even make contact tracing because the caregivers do not even come to be tested. When I hear that in a crisis cell, it amazes me. Caregivers need the setting set, as it is for other vaccinations. This is nothing exceptional in July 2021. It sounds like a common sense recommendation from a public health perspective. "

♦ And you, what do you think?

Should the Covid-19 vaccine be made compulsory for all caregivers? Only for those who take care of people most at risk of severe form? Or on the contrary for all the people who are in contact with patients, without necessarily being caregivers?

While the question of compulsory vaccination is more and more important, the Professional Letter invites you to answer a quick online questionnaire to find out your opinion on the subject.

Your anonymity is guaranteed.

This article is from the Professional Letter of the Regional Health Agency. You can subscribe to it by filling out the following form: https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html 
 

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