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Infos citoyennes

17/11/21
Pour la première fois en Guyane, de la chirurgie sera réalisée en cabinet d’ophtalmologie

A partir du début d’année prochaine, le Dr Max Gérard proposera de la chirurgie, dans son cabinet d’ophtalmologie de Cayenne. Il s’agit de la chirurgie du ptérygion, une tumeur bénigne qui pourrait toucher 12 % de la population. Jusque-là, cet acte ne pouvait être réalisé qu’en établissement de santé. Cette innovation a été reconnue dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la sécurité sociale 2018, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Porté également par le centre hospitalier de Cayenne, ce projet compte un volet télémédecine qui bénéficiera aux habitants de Maripasoula. Hier, le Dr Gérard a reçu la visite des responsables de l’Agence régionale de santé, de la Caisse générale de sécurité sociale et du Service médical de l'Assurance maladie.

Les murs sont d’un blanc immaculé. Le sol souple est intact. Les machines attendent leurs premiers patients. Les climatiseurs tournent à plein régime et la pression de l’air est régulé. Bienvenue dans le bloc opératoire du cabinet médical Iris, à Cayenne. C’est là, à la Source de Baduel, que le Dr Max Gérard, ophtalmologiste, compte réaliser la chirurgie du ptérygion, à partir du 1er mars, si tout se passe bien.

Ce qui est courant chez les chirurgiens-dentistes – réaliser de la chirurgie en cabinet de ville – est encore inédit en France dans d’autres spécialités comme l’ophtalmologie. « Tout acte chirurgical doit être réglementairement réalisé au sein de bloc opératoire d’établissement de santé ayant reçu au préalable une autorisation de l’Agence Régionale de Santé, rappelle le Dr Gérard. Ici, l’entité juridique co-porteur du projet et supportant le bloc opératoire est un cabinet médical et non un établissement de santé. » Cette innovation portée par le Dr Gérard et le Centre Hospitalier de Cayenne a été reconnue par la Haute Autorité de Santé, puisqu’elle l’a retenue au titre des projets d’expérimentation, dans le cadre de l’article 51 de la loi de financement de la Sécurité sociale 2018.

« Actuellement, pour le patient, c’est le parcours du combattant »

L’ophtalmologiste souligne l’intérêt pour le patient : « Actuellement, pour lui, c’est le parcours du combattant : formalités de préadmission dans les jours précédents, enregistrement à son arrivée dans l’établissement, puis en service ambulatoire, puis à son arrivée au bloc… Et encore du temps d’attente à la sortie. Pour le patient, c’est beaucoup d’attente. Il est souvent programmé en dernier dans la journée du bloc opératoire. Ici, si on est bien organisé, tout sera fait en une demi-heure, comme chez le dentiste. »

Le ptérygion est une tumeur bénigne de la conjonctive. « Il n’existe pas de traitement médical, seul le traitement chirurgical peut ôter cette pathologie dont l’évolution naturelle est une augmentation de sa taille par poussées. » Sans gravité au début, elle peut laisser des séquelles optiques définitives, même après chirurgie, dans ses formes évoluées. Sa prévalence en Guyane n’est pas connue mais des études réalisées dans des régions équatoriales du Brésil ont conclu à 12 % de la population impactée, soit un habitant sur huit. Ses principaux facteurs étant l’exposition au soleil, aux embruns et aux poussières, la Guyane n’est pas épargnée. Sur le fleuve, la plupart des piroguiers en souffrent. Bien qu’il réalise une centaine d’opération par an, actuellement à la clinique Saint-Gabriel, le Dr Gérard avait hier une liste d’attente de 159 personnes. « Certains attendent depuis 2018. » Dès qu’il aura lancé son activité, il compte opérer 5 patients par semaine, soit environ 150 par an.

De la télémédecine pour Maripasoula

Cette activité ne bénéficiera pas seulement aux habitants de l’Île-de-Cayenne ou du littoral. Le projet compte un volet télémédecine avec le Centre Délocalisé de Prévention et de Soins (CDPS) de Maripasoula. « Pour y avoir mené des missions mensuelles pendant une dizaine d’années, je sais qu’il y a de gros besoins (…) Le ptérygion est visible à l’œil nu et facilement photographiable avec une qualité suffisante même avec un nombre limité de pixels : une photographie de smartphone est suffisante », explique le Dr Gérard. Dans le cas des patients de Maripasoula, la télémédecine sera utilisée en pré-opératoire (télé-expertise) et en post-opératoire (téléconsultation). Cela « permet d’éviter deux déplacements aux patients, souligne l’ophtalmologiste. Le défi sera qu’à sa descente de l’avion, le patient fasse sa consultation pré-opératoire, qu’il soit opéré le jour-même, qu’il dorme à l’hôtel et reprenne l’avion le lendemain. A l’hôpital, il y passe huit jours ! Ce que l’on va proposer est impossible pour l’hôpital. Ils en ont compris l’intérêt. »

Hier, lors d’une visite de Clara de Bort, directrice générale de l’Agence régionale de santé, et de Jean-Xavier Bello, directeur de la Caisse Générale de Sécurité Sociale, des Drs Jean-François Gomez et Etienne Pascolini du Service médical de l'Assurance maladie, Max Gérard s’est réjoui que le CHC porte le projet avec lui. « Leur accompagnement est indispensable, notamment pour des raisons de sécurité. Le Dr Chesneau a travaillé avec moi sur les problèmes sécuritaires et la formation du personnel ; les Drs Nkontcho et Blaise pour certains achats ; les urgences, au cas où ; le CPias… On a même mesuré le temps que mettrait le Samu s’il devait intervenir. J’ai aussi été aidé par le Dr Gilles Thomas, du GCS Guyasis. C’est le travail de tout un ensemble de personnes. »

Clara de Bort : "Son travail est vraiment exemplaire"

"Ce que nous a présenté Max Gérard est vraiment le meilleur qui puisse se faire en ophtalmologie de ville, et même plus !" le félicite Clara de Bort, directrice générale de l'ARS Guyane. D'abord, c'est une équipe avec infirmière chargée d'éducation thérapeutique, orthoptiste, assistants médicaux. C'est aussi un travail en réseau avec l'hôpital et l'équipe de diabétologie du Dr Sabbah, et un soutien majeur de la e-santé. Tous les jours, l'équipe du Dr Gérard partage de façon sécurisée (outil Globule) des informations médicales pour mieux soigner le patient, et ça marche ! Et puis Max Gérard a osé se lancer dans une initiative dite "article 51 LFSS 2018" et nous sommes heureux de le soutenir dans ce projet. L'article 51 de cette loi, c'est la possibilité donnée à des professionnels de santé de proposer des fonctionnements innovants, très dérogatoires aux règles habituelles. Ici, le médecin dit : "Je veux essayer d'opérer les ptérygions primitifs directement dans mon cabinet, alors que d'habitude, ce n'est pas permis. Je suis sûr que ça marche et je veux vous le prouver."

"Nous sommes nombreux à expertiser le projet avant qu'il soit lancé et là, nous avons tous été convaincus par le sérieux de l'approche et l'ensemble des garanties apportées, mais aussi le bénéfice majeur pour les patients. Nous avons tous donné notre accord, jusqu'à la Haute Autorité de Santé."

"Ce sont des expérimentations très encadrées mais aussi très suivies par le niveau national, car si elles démontrent qu'elles sont efficaces et utiles pour les patients, alors elles pourront être étendues à toute la France. Ici, en Guyane, grâce à des professionnels comme Max Gérard, on invente les soins de demain ! Nous sommes très impressionnés par son travail et aussi très fiers que la Haute Autorité de Santé lui ait donné un GO. La prochaine étape, pour le Dr Max Gérard, c'est qu'il soit agréé pour accueillir des internes en ophtalmologie, et qu'il participe directement, depuis son cabinet, à la formation des futurs médecins. Nous allons le soutenir dans cette aventure car son travail est vraiment exemplaire."

L'article 51, c'est quoi ?

la loi de financement de la sécurité sociale pour 2018 a introduit, en son article 51, un dispositif permettant d’expérimenter de nouvelles organisations en santé reposant sur des modes de financement inédits. Et ce, dès lors que ces nouvelles organisations contribuent à améliorer le parcours des patients, l’efficience du système de santé, l’accès aux soins ou encore la pertinence de la prescription des produits de santé. Il s’agit là d’une véritable opportunité pour tester de nouvelles approches puisque ce dispositif permet de déroger à de nombreuses règles de financement de droit commun, applicables en ville comme en établissement hospitalier ou médico-social.

Seront éligibles les expérimentations portant notamment sur la coordination du parcours de santé, la pertinence et la qualité des prises en charge sanitaire, sociale ou médico-sociale, la structuration des soins ambulatoires et l’accès aux soins. Le site du ministère des Solidarités et de la Santé consacre une rubrique à ce mode de financement innovant.

Cet article est issu de la Lettre pro de l’Agence régionale de santé. Vous pouvez vous y abonner en remplissant le formulaire suivant : https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html
 


From the beginning of next year, Dr Max Gérard will offer surgery in his ophthalmology practice in Cayenne. This is surgery for the pterygium, a benign tumor that could affect 12% of the population. Until then, this act could only be performed in a health facility. This innovation was recognized under Article 51 of the 2018 Social Security Financing Law, a mechanism allowing experimentation with new health organizations based on novel financing methods. Also supported by the Cayenne hospital center, this project has a telemedicine component that will benefit the inhabitants of Maripasoula. Yesterday, Dr Gérard received a visit from officials of the Regional Health Agency, the General Social Security Fund and the Medical Service of Health Insurance.

The walls are immaculate white. The soft ground is intact. The machines are waiting for their first patients. The air conditioners are running at full speed and the air pressure is regulated. Welcome to the operating room of the Iris medical practice, in Cayenne. It is there, at the Source of Baduel, that Dr. Max Gérard, ophthalmologist, intends to perform pterygium surgery, from March 1, if all goes well.

What is common among dental surgeons - performing surgery in a city office - is still unprecedented in France in other specialties such as ophthalmology. "Any surgical procedure must be carried out by law in the operating theater of a health establishment that has previously received authorization from the Regional Health Agency," recalls Dr. Gérard. Here, the legal entity co-promoter of the project and supporting the operating theater is a doctor's office and not a health establishment."This innovation carried by Dr Gérard and the Cayenne Hospital Center has been recognized by the Haute Autorité de Santé, since it has been retained as part of the experimental projects, within the framework of article 51 of the law. funding for Social Security 2018.

"Currently, for the patient, it is the obstacle course"

The ophthalmologist underlines the interest for the patient: “Currently, for him, it is the obstacle course: pre-admission formalities in the previous days, registration on his arrival in the establishment, then in outpatient service, then on his arriving at the OR ... And still waiting time at the exit. For the patient, this is a long wait. It is often scheduled last in the operating room day. Here, if we are well organized, everything will be done in half an hour, like at the dentist."

Pterygium is a benign tumor of the conjunctiva. "There is no medical treatment, only surgical treatment can remove this pathology, the natural course of which is an increase in its size by flare-ups. “Without seriousness at the beginning, it can leave definitive optical sequelae, even after surgery, in its advanced forms. Its prevalence in French Guiana is not known, but studies carried out in equatorial regions of Brazil have concluded that 12% of the population affected, or one inhabitant in eight. Its main factors being exposure to the sun, spray and dust, French Guiana is not spared. On the river, most of the boatmen suffer from it. Although he performs a hundred operations a year, currently at the Saint-Gabriel clinic, Dr. Gérard yesterday had a waiting list of 159 people. “Some have been waiting since 2018.” As soon as he starts his business, he plans to operate 5 patients per week, or about 150 per year.

Telemedicine for Maripasoula

This activity will not only benefit residents of Île-de-Cayenne or the coast. The project has a telemedicine component with the Relocated Center for Prevention and Care (CDPS) in Maripasoula. “Having carried out monthly missions there for ten years, I know that there are great needs (…) The pterygium is visible to the naked eye and easily photographable with sufficient quality even with a limited number of pixels: a smartphone photograph is sufficient, ”explains Dr Gérard. In the case of Maripasoula patients, telemedicine will be used preoperatively (tele-expertise) and postoperatively (teleconsultation). This "saves patients two trips," emphasizes the ophthalmologist. The challenge will be that when the patient gets off the plane, they do their preoperative consultation, have the surgery the same day, sleep in the hotel and get back on the plane the next day. In the hospital, he spends eight days there! What we are going to propose is impossible for the hospital. They understood the point. "

Yesterday, during a visit from Clara de Bort, Director General of the Regional Health Agency, and Jean-Xavier Bello, Director of the General Social Security Fund, Drs Jean-François Gomez and Etienne Pascolini of the Medical Service of Health Insurance, Max Gérard was delighted that the CHC is carrying the project with him. “Their support is essential, especially for security reasons. Dr. Chesneau worked with me on security issues and staff training; Drs Nkontcho and Blaise for certain purchases; emergencies, just in case; the CPias ... We even measured the time it would take for the Samu to intervene. I was also helped by Dr Gilles Thomas from GCS Guyasis. It’s the work of a whole bunch of people. "

Clara de Bort: "Her work is truly exemplary"

"What Max Gérard presented to us is really the best that can be done in city ophthalmology, and even more!" Congratulates Clara de Bort, Director General of ARS French Guiana. First of all, it's a team. with nurse in charge of therapeutic education, orthoptist, medical assistants. It is also a work in network with the hospital and the diabetology team of Dr Sabbah, and a major support of e-health. Dr. Gérard's team securely shares (Globule tool) medical information to better care for the patient, and it works! And then Max Gérard dared to embark on an initiative called "article 51 LFSS 2018" and we are happy to support in this project. Article 51 of this law, it is the possibility given to health professionals to propose innovative operations, very derogatory to the usual rules. Here, the doctor says: "I want to try to operate the primitive pterygiums directly in my office, al or as usual, this is not allowed. I'm sure it works and I want to prove it to you. "

"Many of us assess the project before it was launched and there, we were all convinced by the seriousness of the approach and all the guarantees provided, but also the major benefit for patients. We all gave our agreement, up to the High Authority of Health."

"These are very supervised experiments but also very closely monitored by the national level, because if they demonstrate that they are effective and useful for patients, then they can be extended to the whole of France. Here, in French Guiana, thanks to professionals like Max Gérard, we are inventing the care of tomorrow! We are very impressed by his work and also very proud that the Haute Autorité de Santé has given him a GO. The next step, for Dr Max Gérard, is that he is approved to welcome interns in ophthalmology, and that he participates directly, from his office, in the training of future doctors. We will support him in this adventure because his work is truly exemplary. "

What is section 51?

the social security financing law for 2018 introduced, in its article 51, a system allowing experimentation with new health organizations based on novel financing methods. And this, as soon as these new organizations contribute to improving the patient journey, the efficiency of the health system, access to care or even the relevance of the prescription of health products. This is a real opportunity to test new approaches since this device makes it possible to derogate from many common law financing rules, applicable in cities as well as in hospitals or medico-social establishments.

Experiments relating in particular to the coordination of the health course, the relevance and quality of health, social or medico-social care, the structuring of outpatient care and access to care will be eligible. The website of the Ministry of Solidarity and Health devotes a section to this innovative method of financing.

This article is from the Professional Letter of the Regional Health Agency. You can subscribe to it by filling out the following form: https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html
 

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