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Infos citoyennes

21/01/22
Avec Omicron, les hôpitaux reçoivent des patients plus âgés et plus fragiles

Dix-huit patients atteints de Covid-19 sont décédés à l’hôpital depuis le début de l’année, alors que le variant omicron, désormais hégémonique en Guyane, est réputé moins sévère que ses prédécesseurs. C’est davantage qu’une épidémie de grippe ou de dengue. La raison tient à la fois au nombre record de contaminations mais aussi au profil des patients, différent des précédentes vagues : les formes sévères d’omicron ne touchent pour ainsi dire pas de personnes jeunes et en bonne santé avant leur contamination, mais des personnes porteuses de comorbidités sévères et/ou très âgées. Elles ne sont pas vaccinées ou alors de manière incomplète.

On l’entend beaucoup : le variant omicron est plus contagieux mais moins sévère que ses prédécesseurs. Pourtant, ces derniers jours, le rythme des hospitalisations a atteint les records des précédentes vagues. Une raison à cela : un variant moins sévère sur un plus grand nombre de personnes provoque un impact similaire à un variant plus sévère sur moins de personnes. « On a atteint des incidences telles qu’en terme épidémiologique, omicron a eu le même poids que la première vague, met en garde le Pr Hatem Kallel, chef de pôle urgences – soins critiques au centre hospitalier de Cayenne (CHC). Mais il n’a pas ramené le même profil de patients. »

Omicron semble déclencher la décompensation d’une maladie initiale

Les professionnels de santé des hôpitaux ont constaté des différences entre les patients qu’ils accueillent actuellement et ceux des précédentes vagues : omicron fait décompenser des patients déjà fragilisés et/ou âgés. Le Dr Nadia Sabbah, chef du service d’endrocrino-diabétologie au CHC, l’a remarqué : « Avec le variant delta, on hospitalisait pour Covid-19 avec des signes respiratoires. Avec omicron, les patients rentrent à l’hôpital pour un déséquilibre glycémique et, quand on les teste, ressortent positifs. » La question de l’imputabilité du déséquilibre glycémique à la contamination par le Covid-19 n’est pas tranchée, mais ce qui est constaté chez les personnes diabétiques s’observe avec d’autres pathologies. Qu’ils souffrent de diabète, d’insuffisance rénale ou cardiaque, ou encore d’une obésité très marquée, chez ses patients, le variant omicron semble déclencher la décompensation de la maladie initiale.

Le Pr Félix Djossou, chef de l’unité des maladies infectieuses et tropicales (CHC), confirme. « Les patients que nous hospitalisons ont des comorbidités. La grande majorité a un schéma vaccinal incomplet, voire ne l’ont pas commencé. Nous n’avons pas eu de patients jeunes, non chroniques et sans comorbidités. Mais nous avons eu relativement moins de patients hospitalisés pour pouvoir comparer aux vagues précédentes. »

Moins d’atteintes pulmonaires

La traduction de leur infection est également différente : « Précédemment, les patients hospitalisés avaient tous une atteinte pulmonaire. Cette-fois-ci, les pneumonies Covid concernent peut-être un tiers des cas. » Les personnes souffrant d’obésité, d’hypertension artérielle ou de diabète sont toujours les plus nombreuses. D’autres sont greffées, dialysées, souffrent d’insuffisance rénale, ou ont un antécédent de cancer. « On a le sentiment que la durée d’hospitalisation est plus courte. Quelques-uns sont partis en réanimation à partir des services d’hospitalisation, mais moins que précédemment. Peut-être parce que la composante pulmonaire est moins importante, suggère le Pr Djossou. Beaucoup semble aussi avoir déjà eu un contact avec le Sars-CoV-2. »

Des patients plus âgés

Si le praticien a le sentiment qu’il y a autant d’hommes que de femmes touchés lors de cette vague, il est en revanche frappé par la différence d’âge avec les précédentes. « Les patients sont en majorité plus âgés. » Ce que confirment les données analysées par Santé publique France. En hospitalisation tous services, les plus de 70 ans représentent 30 % des patients, contre 13 (première vague) à 25 % (quatrième vague) précédemment. En réanimation, ils comptent pour 41 % des admissions, alors que leur part oscillait entre 20 et 31 % jusque-là.

En réanimation, « le variant omicron, dans sa forme la plus sévère, n’a pas ramené de patients qui étaient en bonne santé avant leur contamination, explique le Pr Kallel. Il a ramené des porteurs de comorbidités sévères : insuffisance rénale, des patients ayant déjà décompensé une insuffisance cardiaque, ainsi que des personnes de plus de 80 ans. Nous n’avons eu que très peu de patients jeunes, sauf des super obèses, avec des IMC de 45-50. En tant que réanimateur, cela me rappelle la typologie des patients que l’on voit avec la grippe. »

Un impact différent sur l’hôpital et la réanimation

En soins critiques, la vague omicron se distingue aussi des précédentes par son impact : « Une particularité, c’est que le flux des patients non-Covid a continué, contrairement aux vagues précédentes, souligne le Pr Kallel. Et souvent, quand on les teste, ils sont positifs au Covid. » La traumatologie liée aux accidents et aux agressions n’a pas diminué cette fois. Avec des patients déjà fragilisés avant leur contamination, la mortalité est plus élevée. Chez les personnes qui décéderont, la durée moyenne de séjour est plus courte, tandis qu’elle s’est allongée chez ceux qui s’en sortent. « Cela n’a pas provoqué les mêmes tensions que les précédentes vagues. Au quotidien, il faut se débrouiller pour créer des places, alors qu’avec les précédentes vagues, il fallait créer des secteurs entiers. On est sur une pathologie qui n’entraîne pas de forme sévère si l’on est jeune et en bonne santé. Ces personnes sont prises en charge par la ville. Ce sont les infirmiers et les médecins libéraux qui ont ressenti l’impact. »

La vague Omicron reste donc particulièrement dangereuse pour les personnes très âgées, ainsi que celles atteintes d’un diabète, d’une hypertension artérielle, d’une insuffisance cardiaque ou encore d’obésité. Or des milliers de contaminations sont encore à attendre d’ici la fin de la vague Omicron.

Cette vague est aussi probablement dangereuse, comme l’étaient les vagues précédentes, pour les femmes enceintes et leur enfant à naître, même s’il est encore trop tôt pour évaluer les conséquences sur les grossesses en cours des récentes contaminations. Un point complet sur Covid et santé materno-fœtale sera proposé dans une prochaine Lettre Pro.

Cet article est issu de la Lettre pro de l’Agence régionale de santé. Vous pouvez vous y abonner en remplissant le formulaire suivant : https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html


Eighteen patients with Covid-19 have died in hospital since the start of the year, while the omicron variant, now hegemonic in French Guiana, is deemed less severe than its predecessors. It is more than an epidemic of influenza or dengue fever. The reason lies both in the record number of contaminations but also in the profile of the patients, different from previous waves: the severe forms of omicron do not affect, so to speak, young and healthy people before their contamination, but carriers severe and/or very old comorbidities. They are not vaccinated or only incompletely.

We hear it a lot: the omicron variant is more contagious but less severe than its predecessors. However, in recent days, the rate of hospitalizations has reached the records of previous waves. One reason for this: a less severe variant on more people causes a similar impact as a more severe variant on fewer people. “We have reached incidences such that in epidemiological terms, omicron had the same weight as the first wave, warns Professor Hatem Kallel, head of the emergency department – ​​critical care at the Cayenne hospital center (CHC). But he did not bring back the same patient profile. »

Omicron seems to trigger the decompensation of an initial disease

Hospital health professionals have noticed differences between the patients they are currently seeing and those from previous waves: omicron decompensates patients who are already fragile and/or elderly. Dr. Nadia Sabbah, head of the endocrino-diabetology department at the CHC, noticed: “With the delta variant, we were hospitalized for Covid-19 with respiratory signs. With omicron, patients return to the hospital for a blood sugar imbalance and, when tested, come out positive." The question of the imputability of glycemic imbalance to contamination by Covid-19 is not settled, but what is observed in people with diabetes is observed with other pathologies. Whether they suffer from diabetes, kidney or heart failure, or even very marked obesity, in his patients, the omicron variant seems to trigger the decompensation of the initial disease.

Professor Félix Djossou, head of the infectious and tropical diseases unit (CHC), confirms : The patients we hospitalize have comorbidities. The vast majority have an incomplete vaccination schedule, or have not even started it. We did not have young, non-chronic patients without comorbidities. But we had relatively fewer hospitalized patients to be able to compare to previous waves."

Less lung damage

The translation of their infection is also different: “Previously, hospitalized patients all had lung damage. This time, Covid pneumonia concerns perhaps a third of the cases." People with obesity, high blood pressure or diabetes are still the most numerous. Others are transplanted, on dialysis, suffer from kidney failure, or have a history of cancer. “We have the feeling that the length of hospitalization is shorter. A few went to intensive care from hospital wards, but fewer than previously. Perhaps because the pulmonary component is less important, suggests Professor Djossou. Many also seem to have already had contact with Sars-CoV-2."

older patients

If the practitioner has the feeling that there are as many men as women affected during this wave, he is however struck by the age difference with the previous ones. “The patients are mostly older." This is confirmed by the data analyzed by Public Health France. In all-department hospitalization, the over 70s represent 30% of patients, compared to 13 (first wave) to 25% (fourth wave) previously. In intensive care, they account for 41% of admissions, while their share fluctuated between 20 and 31% until then.

In intensive care, “the omicron variant, in its most severe form, did not bring back patients who were in good health before their contamination, explains Professor Kallel. It brought back carriers of severe comorbidities: kidney failure, patients who had already decompensated heart failure, as well as people over 80 years old. We had very few young patients, except super obese, with BMIs of 45-50. As a resuscitator, this reminds me of the typology of patients that we see with the flu."

A different impact on the hospital and the resuscitation

In critical care, the omicron wave also differs from previous waves in its impact: “One particularity is that the flow of non-Covid patients has continued, unlike previous waves, underlines Professor Kallel. And often, when we test them, they are positive for Covid." The trauma related to accidents and assaults has not diminished this time. With patients already weakened before their contamination, mortality is higher. Among those who will die, the average length of stay is shorter, while it has lengthened among those who survive. “It did not cause the same tensions as the previous waves. On a daily basis, you have to manage to create places, whereas with the previous waves, you had to create entire sectors. We are on a pathology which does not lead to a severe form if we are young and in good health. These people are supported by the city. It was the private nurses and doctors who felt the impact."

The Omicron wave therefore remains particularly dangerous for the very old, as well as those with diabetes, high blood pressure, heart failure or obesity. However, thousands of contaminations are still to be expected by the end of the Omicron wave.

This wave is also probably dangerous, as were the previous waves, for pregnant women and their unborn child, even if it is still too early to assess the consequences on ongoing pregnancies of recent contaminations. A complete update on Covid and maternal-fetal health will be offered in a future Letter Pro.

This article is from the Professional Letter of the Regional Health Agency. You can subscribe to it by filling out the following form: https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html

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