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Infos citoyennes

10/05/22
Pourquoi autant de morts pendant la quatrième vague ?

A l’hôpital de Cayenne, près d’un patient sur deux admis en réanimation pour Covid-19, pendant la quatrième vague, est décédé. Pourtant, leurs caractéristiques étaient les mêmes que lors des vagues précédentes et la prise en charge était similaire. La plus forte sévérité du variant delta et la faible couverture vaccinale sont les principales explications.

Pendant la quatrième vague de Covid-19 à l’hôpital de Cayenne (CHC), d’août à décembre 2021, près de la moitié des patients admis en réanimation pour Covid-19 sont décédés (49 sur 104, soit 47,1 %). C’était beaucoup plus que pendant les deux premières vagues, dues à la souche originelle du Sars-CoV-2 (30 % de décès) et que pendant la troisième vague provoquée par le variant gamma (34,2 % de décès).

Dans le service, le sentiment d’une vague plus sévère est déjà réel. Le 22 septembre, les trois hôpitaux alertent sur la situation de cette quatrième vague (lire la Lettre pro du 23 septembre). « Il risque d’arriver un moment où l’on ne pourra plus admettre de patients en réanimation », alerte alors le Pr Kallel, dont les craintes seront finalement démenties. Santé publique France (SpF), qui suit au quotidien les chiffres de l’épidémie en Guyane, alors à son tour le Pr Kallel, chef de pôle urgences – soins critiques au CHC, sur cette forte hausse de la mortalité. Ce dernier constate aussi qu’alors que la mortalité dans son service était dans la moyenne de ce qui était décrit partout dans les pays occidentaux, elle est désormais supérieure alors qu’il n’y a pas de « différence majeure dans les caractéristiques des patients ni dans la stratégie de gestion ». « Quand il y a une fois et demie plus de morts et que l’on ne sait pas pourquoi, il y a un stress », témoigne-t-il, quatre mois après la fin de cette quatrième vague.

« Il n’y avait pas de différences majeures entre les patients, se souvient-il. Ce n’est pas trois ans d’âge ou 5 % d’hypertendus en plus qui font que l’on a 30 % de morts en plus. » L’explication, lui et ses collègues la trouveront dans des études nord-américaine, portant sur des cohortes de plus de 200 000 patients. Dans un rapport sur les différentes vagues de Covid-19 à l’hôpital de Cayenne, qui a été soumis hier pour publication, ils notent que « dans une vaste étude canadienne, la probabilité d'admission en soins intensifs et de décès était 1,9 et 1,33 fois plus élevée avec le variant delta par rapport (à la souche originelle). En outre, les patients non vaccinés couraient 11 fois plus de risques de mourir du variant delta que les personnes vaccinées », selon une autre étude nord-américaine publiée dans le British Medical Journal.

« Ces études canadiennes et nord-américaines montrent que ça ne vient pas de nous », soulignent-ils. Ailleurs dans le monde, le variant delta a provoqué davantage de décès que ses prédécesseurs, parmi les patients en réanimation. Et la faible couverture vaccinale de la population guyanaise – 6,4 % des patients Covid de réanimation étaient vaccinés pendant la troisième vague ; 8,4 % pendant la quatrième) – explique que l’écart se soit creusés avec d’autres territoires dont la population l’était davantage. L’an dernier, en Guyane, plus de 100 décès auraient pu être évités avec une meilleure couverture vaccinale (lire la Lettre pro du 7 février).

En réanimation, une petite majorité d’hommes parmi les patients, en moyenne âgés de 63 ans

Ce rapport sur les quatre premières vagues de Covid-19 dans le service de réanimation de l’hôpital de Cayenne permet d’en savoir un peu plus sur les 383 patients majeurs admis pour Covid-19 avec une insuffisance respiratoire (26 patients Covid admis en réanimation n’en souffraient pas). Ils avaient en moyenne 63 ans, avec peu de différence au cours des vagues. Il s’agissait majoritairement d’hommes (54,3 %) mais la proportion s’est inversée au fil des vagues (deux tiers d’hommes pendant les deux premières, 56,7 % de femmes pendant la quatrième). Les femmes étaient généralement plus jeunes que les hommes.

Plus de la moitié (61,4 %) souffraient d’hypertension artérielle, la moitié (49,1 %) d’obésité et 42,3 % de diabète. L’indice de masse corporelle (IMC) était de 30 chez les hommes et 32 chez les femmes. Une femme sur neuf était enceinte au moment de son admission en réanimation et un patient sur neuf souffrait d’insuffisance rénale. Ces proportions changeaient peu au cours des différentes vagues. Il se passait en moyenne sept jours entre l’apparition des symptômes et l’hospitalisation, l’admission en réanimation survenant généralement dès le lendemain. Lors de la troisième vague, seulement 6,4 % des patients étaient vaccinés, et 8,2 % pendant la quatrième, soit beaucoup moins que l’ensemble de la population guyanaise.

Il y avait une forte corrélation entre l’âge des patients et le risque de décès :

  • Moins de 20 % de décès en dessous de 50 ans ;
  • Un tiers de décès chez les 50-70 ans ;
  • Et plus de 60 % de décès au-delà de 70 ans.

Les autres facteurs associés avec le risque de décès étaient un score de fragilité élevé, une sévérité élevée et une défaillance d’organe à l’admission, la présente d’une ou plusieurs comorbidités et l’utilisation de la ventilation mécanique.

Cet article est issu de la Lettre pro de l’Agence régionale de santé. Vous pouvez vous y abonner en remplissant le formulaire suivant : https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html  


At Cayenne hospital, nearly one in two patients admitted to intensive care for Covid-19, during the fourth wave, died. However, their characteristics were the same as in previous waves and the support was similar. The higher severity of the delta variant and the low vaccination coverage are the main explanations.

During the fourth wave of Covid-19 at the Cayenne hospital (CHC), from August to December 2021, almost half of the patients admitted to intensive care for Covid-19 died (49 out of 104, or 47.1% ). This was much more than during the first two waves, due to the original strain of Sars-CoV-2 (30% of deaths) and than during the third wave caused by the gamma variant (34.2% of deaths).

In the service, the feeling of a more severe wave is already real. On September 22, the three hospitals alerted to the situation of this fourth wave (read the Professional Letter of September 23). "There may come a time when we will no longer be able to admit patients to intensive care", then warns Professor Kallel, whose fears will ultimately be denied. Public Health France (SpF), which follows the figures of the epidemic in French Guiana on a daily basis, then in turn Professor Kallel, head of the emergency department – ​​critical care at the CHC, on this sharp increase in mortality. The latter also notes that while the mortality in his service was in the average of what was described everywhere in Western countries, it is now higher when there is no "major difference in the characteristics of the patients nor in the management strategy”. "When there are one and a half times more deaths and we don't know why, there is stress," he testifies, four months after the end of this fourth wave.

“There were no major differences between the patients,” he recalls. It is not three years of age or 5% more hypertensive patients that lead to 30% more deaths. The explanation, he and his colleagues will find in North American studies, involving cohorts of more than 200,000 patients. In a report on the different waves of Covid-19 at Cayenne hospital, which was submitted for publication yesterday, they note that "in a large Canadian study, the probability of admission to intensive care and death was 1, 9 and 1.33 times higher with the delta variant compared to (the original strain). In addition, unvaccinated patients were 11 times more likely to die from the delta variant than vaccinated people,” according to another North American study published in the British Medical Journal.

“These Canadian and North American studies show that it does not come from us”, they underline. Elsewhere in the world, the delta variant has caused more deaths than its predecessors, among patients in intensive care. And the low vaccination coverage of the Guyanese population – 6.4% of Covid intensive care patients were vaccinated during the third wave; 8.4% during the fourth) – explains why the gap widened with other territories whose population was greater. Last year, in French Guyana, more than 100 deaths could have been avoided with better vaccination coverage (read the Professional Letter of February 7).

In intensive care, a small majority of men among patients, on average aged 63

This report on the first four waves of Covid-19 in the intensive care unit of Cayenne hospital provides a little more information on the 383 adult patients admitted for Covid-19 with respiratory failure (26 Covid patients admitted in resuscitation did not suffer from it). They were on average 63 years old, with little difference during the waves. They were mostly men (54.3%) but the proportion was reversed over the waves (two thirds of men during the first two, 56.7% of women during the fourth). Women were generally younger than men.

More than half (61.4%) suffered from high blood pressure, half (49.1%) from obesity and 42.3% from diabetes. The body mass index (BMI) was 30 in men and 32 in women. One in nine women was pregnant when admitted to intensive care and one in nine patients suffered from kidney failure. These proportions changed little over the different waves. There was an average of seven days between the onset of symptoms and hospitalization, with admission to intensive care generally occurring the next day. During the third wave, only 6.4% of patients were vaccinated, and 8.2% during the fourth, much less than the entire Guianese population.

There was a strong correlation between patient age and risk of death:

  •  Less than 20% of deaths below the age of 50;
  •  A third of deaths among 50-70 year olds;
  •  And more than 60% of deaths beyond 70 years.

Other factors associated with the risk of death were a high frailty score, high severity and organ failure on admission, the presence of one or more comorbidities and the use of mechanical ventilation.

This article is from the Regional Health Agency's Newsletter. You can subscribe by filling out the following form: https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html
 

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