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Infos citoyennes

13/05/22
Premiers chantiers pour la StraMeLo contre l’exposition au plomb et au mercure

Un an après son lancement, la stratégie de réduction des risques liés aux métaux lourds a tenu son assemblée générale, mercredi. Plusieurs travaux de recherche ont débuté, avec de premiers résultats. Des travaux sont également en cours autour de la culture et de la consommation du manioc, ainsi que de la chasse et de l’utilisation de munitions au plomb. A Camopi, une infirmière et une médiatrice en santé travaillent désormais à temps plein sur ces sujets.

En Guyane, un enfant sur cinq est atteint de saturnisme. C’est soixante fois plus que dans l’Hexagone, comme le révèle Santé publique France, dans un bulletin de santé publique (BSP) de décembre 2020. Dans les communes isolées, l’imprégnation au mercure a augmenté de 25 % depuis 2005. Les femmes enceintes présentent une concentration moyenne supérieure aux normes de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Ces chiffres font de l’exposition aux métaux lourds un problème de santé publique majeure, dans le territoire. C’est pour y faire face qu’a été lancée, en avril 2021, la Stratégie de réduction des risques liés aux métaux lourds : la StraMeLo. Mercredi, les différents partenaires de la stratégie ont dressé le bilan des actions menées au cours de cette première année, lors d’une assemblée générale.

Chasse, alimentation, agriculture : de nombreux sujets sur lesquels la StraMeLo se penche ont trait à la vie quotidienne. D’autres davantage avec l’aspect sanitaire : repérage et prise en charge des intoxications, sensibilisations des professionnels, notamment de santé. « C’est un défi sanitaire et environnemental pour l’avenir du territoire, insiste Clara de Bort, directrice générale de l’ARS Guyane. Une stratégie pluriannuelle de très long terme, qui va occuper nos successeurs pendant très longtemps. Mais il faut avancer, par petits pas, de façon pragmatique. »

Les premiers travaux illustrent les multiples problématiques gravitant autour du problème des métaux lourds. En partenariat avec les chefs coutumiers des villages Espérance, des chercheurs ont commencé, par exemple, à prélever une quinzaine de variétés différentes de manioc, dans quatre abattis répartis autour de Saint-Georges. Ils les analysent pour tenter de découvrir ce qui détermine le niveau de plomb dans chacune des variétés. Un cinquième abattis sera étudié dans les prochains mois pour voir si le brûlis et les autres pratiques agricoles ont un impact sur le niveau de plomb.

Le manioc illustre bien les difficultés de réduire l’imprégnation au plomb, comme le souligne Marine Barizien, coordinatrice de la StraMeLo : « En Métropole, la principale source d’exposition, ce sont les vieilles canalisations. C’est facile de les changer ! Ici, les sources d’exposition sont multiples et souvent alimentaires, ce qui complexifie la tâche. » Des discussions ont par exemple débuté autour de la chasse : avec les armuriers pour évaluer le coût du remplacement du plomb par des billes d’acier pour le petit gibier. Des villages, choisis avec le Grand Conseil coutumier, les testeront afin de dire si elles sont adaptées.

De leur côté, les dessinateurs du collectif The Ink Link ont réalisé plusieurs dessins, actuellement exposés au CDPS de Camopi et reproduits pour certains dans cet article, afin d’aider les médiateurs, les professionnels de santé et les habitants à discuter autour des problématiques liés aux métaux lourds.

Une équipe mobile au plus près de la population et des soignants

Depuis fin février et pour six mois, Léonie Flot, infirmière, et Sonia Louis, médiatrice en santé, travaillent à temps plein, à Camopi, sur les problématiques d’exposition au plomb et au mercure. Elles forment l’EMLo : équipe mobile métaux lourds. Accompagnées d’Estelle Jacoud, infirmière coordinatrice à Cayenne, « elles aident le CDPS à organiser le dépistage quand un enfant a besoin d’un prélèvement. Elles mènent des actions de promotion de la santé : rencontre avec la population pour comprendre les sources de contamination ou pour informer sur la manière de réduire son exposition aux métaux lourds », explique le Dr Brice Daverton, médecin référent des projets de santé publique pour les centres délocalisés de prévention et de soins (CDPS).

Cette semaine, l’équipe EMLo se forme et forme des médiateurs et des soignants de l’association Daac et de l’équipe mobile de santé publique en communes (Emspec) au sujet des métaux lourds. « Le but est de fournir aux médiateurs des connaissances sur le saturnisme et les outils de communication pour faire de la prévention, détaille le Dr Daverton. Avec la population, elles organisent des temps d’échange, à domicile, au CDPS ou sous forme de groupes de parole. Elles travaillent avec les mamans, les femmes enceintes et les enfants. »

Les prélèvements sont d’abord envoyés au laboratoire de l’hôpital de Cayenne. Le dosage du plomb est assuré dans un laboratoire de l’Hexagone, qui fournit des résultats en environ une semaine. Le laboratoire du CHC, lui, mesure les taux de fer et de calcium, une carence étant un facteur de risque de saturnisme. Lorsqu’un cas de saturnisme est identifié, une enquête environnementale est menée, dans la mesure du possible. D’autres mesures de prise en charge peuvent être décidées : évaluation par un pédiatre lors, par exemple, des missions menées à Camopi, examens supplémentaires tels qu’une radiographie de l’abdomen ou un examen neuropsychologique, chélation (traitement pour éliminer le plomb du sang)… « Il existe un certain nombre de recommandations dont nous allons étudier dans quelle mesure il faut les adapter au territoire », poursuit le Dr Daverton. Quant à l’EMLo, elle pourrait être dupliquée sur le Maroni dans un second temps.

Une étude fait le lien entre chasse, manioc et niveau de plomb

Pour la première fois, des chercheurs ont mis en évidence un lien entre la consommation de manioc et/ou la chasse et les niveaux d’imprégnation au mercure relevé chez des enfants. Pour ce faire, une équipe de l’Institut de Recherche pour le Développement (IRD), de l’ARS et de l’hôpital de Cayenne ont comparé les isotopes du plomb retrouvés dans des « échantillons de sol, de tubercules de manioc, de bols alimentaires, de boissons, de gibier, de grains de plomb » et les isotopes du plomb retrouvés dans le sang d’enfants vivant dans plusieurs villages de l’Oyapock. Ils ont publié leurs résultats il y a un an, dans Environnemental Geochemistry & Health.

« Parmi les différentes sources alimentaires, les tubercules de manioc et le gros gibier contenaient des concentrations élevées de plomb alors que les plats à base de manioc étaient dilués. Les rapports isotopiques du sang des enfants recoupaient ceux des plombs de chasse et des repas. Ces premiers résultats confirment, pour la première fois, la consommation alimentaire de plats à base de manioc comme principal contributeur aux niveaux élevés de plomb dans le sang des enfants amérindiens en Guyane française, mais n’excluent pas l’exposition occasionnelle aux balles de plomb par les activités de chasse », soulignent les auteurs.

Les chercheurs ont également constaté une forte hétérogénéité des concentrations de plomb dans les sols, dans les tubercules de manioc, ainsi qu’un transfert très variable du plomb entre le sol et les tubercules. Ces populations étant également exposées au mercure, toujours par le biais de l’alimentation, ils insistent sur la nécessité de travailler avec la population à la recherche de solutions.

Cet article est issu de la Lettre pro de l’Agence régionale de santé. Vous pouvez vous y abonner en remplissant le formulaire suivant : https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html  


A year after its launch, the heavy metal risk reduction strategy held its general meeting on Wednesday. Several research projects have begun, with initial results. Work is also underway around the cultivation and consumption of cassava, as well as hunting and the use of lead ammunition. In Camopi, a nurse and a health mediator now work full time on these subjects.

In French Guiana, one in five children suffers from lead poisoning. This is sixty times more than in France, as revealed by Public Health France, in a public health bulletin (BSP) of December 2020. In isolated municipalities, mercury impregnation has increased by 25% since 2005. Pregnant women have an average concentration higher than the standards of the World Health Organization (WHO). These figures make exposure to heavy metals a major public health problem in the territory. It is to deal with this that the Strategy for the reduction of risks linked to heavy metals was launched in April 2021: StraMeLo. On Wednesday, the various partners of the strategy took stock of the actions carried out during this first year, during a general assembly.

Hunting, food, agriculture: many topics that StraMeLo focuses on relate to everyday life. Others more with the health aspect: identification and management of poisoning, awareness of professionals, especially health. “It is a health and environmental challenge for the future of the territory, insists Clara de Bort, director general of ARS French Guiana. A very long-term multi-year strategy, which will occupy our successors for a very long time. But we have to move forward, in small steps, in a pragmatic way. »

The first works illustrate the multiple issues revolving around the problem of heavy metals. In partnership with the traditional chiefs of the Espérance villages, researchers have begun, for example, to sample about fifteen different varieties of cassava, in four abattis distributed around Saint-Georges. They analyze them to try to find out what determines the level of lead in each of the varieties. A fifth clearing will be studied in the coming months to see if burning and other agricultural practices have an impact on the level of lead.

Cassava is a good illustration of the difficulties of reducing lead impregnation, as Marine Barizien, StraMeLo coordinator points out: “In Metropolitan France, the main source of exposure is old pipes. It's easy to change them! Here, the sources of exposure are multiple and often food, which complicates the task. For example, discussions have started around hunting: with gunsmiths to assess the cost of replacing lead with steel shot for small game. Villages, chosen with the Grand Customary Council, will test them to see if they are suitable.

For their part, the designers of the collective The Ink Link have produced several drawings, currently exhibited at the Camopi CDPS and some of which are reproduced in this article, in order to help mediators, health professionals and residents to discuss issues related to to heavy metals.

A mobile team close to the population and caregivers

Since the end of February and for six months, Léonie Flot, nurse, and Sonia Louis, health mediator, have been working full time, in Camopi, on the issues of exposure to lead and mercury. They form the EMLo: heavy metals mobile team. Accompanied by Estelle Jacoud, nurse coordinator in Cayenne, “they help the CDPS organize screening when a child needs a sample. They carry out health promotion actions: meeting with the population to understand the sources of contamination or to inform them on how to reduce their exposure to heavy metals", explains Dr Brice Daverton, referent doctor for public health projects for remote prevention and care centers (CDPS).

This week, the EMLo team is training and training mediators and caregivers from the Daac association and the mobile public health team in municipalities (Emspec) about heavy metals. "The goal is to provide mediators with knowledge about lead poisoning and communication tools for prevention," explains Dr. Daverton. With the population, they organize discussion times, at home, at the CDPS or in the form of support groups. They work with mothers, pregnant women and children. »

The samples are first sent to the laboratory of the Cayenne hospital. The lead dosage is carried out in a laboratory in France, which provides results in about a week. The CHC laboratory measures iron and calcium levels, a deficiency being a risk factor for lead poisoning. When a case of lead poisoning is identified, an environmental investigation is conducted, if possible. Other support measures may be decided: evaluation by a pediatrician during, for example, missions carried out in Camopi, additional examinations such as an x-ray of the abdomen or a neuropsychological examination, chelation (treatment to eliminate lead blood)… “There are a number of recommendations which we are going to study to what extent they must be adapted to the territory”, continues Dr Daverton. As for the EMLo, it could be duplicated on the Maroni in a second phase.

A study links hunting, cassava and lead levels

For the first time, researchers have demonstrated a link between cassava consumption and/or hunting and the levels of mercury impregnation observed in children. To do this, a team from the Research Institute for Development (IRD), the ARS and the Cayenne hospital compared the lead isotopes found in "samples of soil, cassava tubers, bowls of food, drink, game, lead pellets” and lead isotopes found in the blood of children living in several villages in Oyapock. They published their results a year ago, in Environmental Geochemistry & Health.

“Among the different food sources, cassava tubers and big game contained high levels of lead while cassava dishes were watered down. The isotopic ratios of the children's blood matched those of the shotgun pellets and meals. These early results confirm, for the first time, the dietary consumption of cassava-based dishes as the main contributor to the elevated blood lead levels of Native American children in French Guiana, but do not rule out occasional exposure to lead bullets. by hunting activities", underline the authors.

The researchers also found a strong heterogeneity of lead concentrations in the soils, in the cassava tubers, as well as a highly variable transfer of lead between the soil and the tubers. Since these populations are also exposed to mercury, again through food, they insist on the need to work with the population in search of solutions.

This article is from the Regional Health Agency's Newsletter. You can subscribe by filling out the following form: https://forms.sbc28.com/5a8bed50b85b5350ef1cd117/t13M7zUZQi2XMq5E3DdnhQ/0WQoeDwjRXqJblCpKbLDzA/form.html
 

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