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Infos citoyennes

18/10/22
Comment les infirmiers libéraux veulent et peuvent améliorer leur sécurité

Un atelier sur la sécurité des infirmiers libéraux s’est tenu mercredi, dans le cadre du conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) de Cayenne. Cette première rencontre et celles à venir ont pour objectif de « réfléchir ensemble, de trouver des pistes et d’offrir des solutions » à ces professionnels de santé régulièrement exposés aux problèmes d’insécurité, dans l’exercice de leur profession.


Mercredi dernier, les infirmiers libéraux (IDEL) ayant participé à l’atelier sur la sécurité, organisé par le conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance de Cayenne, sont tous repartis avec un cadeau : un porte-clef alarme qui envoie une sonnerie stridente quand on tire dessus, pour faire fuir son agresseur. C’est Awatef Argoubi, infirmière libérale, conseillère municipale déléguée à la santé à la mairie de Cayenne, et présidente de la Fédération nationale des infirmiers (FNI) pour la Guyane, qui le leur a offert. Cet atelier était une première et ne demande qu’à être renouvelé.

Le quotidien des IDEL n’est pas de tout repos. Et il n’est pas question, ici, d’évoquer l’amplitude de leurs horaires de travail ou les kilomètres effectués chaque jour, mais les conditions de sécurité dans laquelle exerce cette profession très largement féminisée : on compte six infirmières pour un infirmier, en Guyane. Au cours de cette soirée, les infirmiers libéraux ont donc pu échanger avec les représentants des forces de l’ordre, de la mairie, de la préfecture et avec Clara de Bort, la directrice générale de l’ARS, sur les problèmes de sécurité liés à leur exercice. Que ce soit durant leurs nombreux trajets ou chez leurs patients.

Porte-clef alarme, SMS ou bouton d’urgence

« Nos horaires sont très larges, on soigne tout le monde, quels que soient l’heure et le lieu. Les professionnels travaillent de nuit, ce qui représente un facteur aggravant pour notre sécurité », rappelle Awatef Agourbi. Outre son porte-clef alarme, la représentante syndicale a indiqué à ses collègues utiliser le système de SMS du 114, le numéro d’urgence réservé aux sourds et malentendants : « Cela fonctionne très bien. On peut utiliser ce numéro si la situation le nécessite. Le relais sera automatiquement effectué vers les services de police et de gendarmerie de Guyane. »

Au cours de la même soirée, le Dr Jawad Bensalah, radiologue dans le quartier de Mont-Lucas, à Cayenne, a présenté le bouton d’urgence utilisé par de nombreux médecins, à destination des infirmiers exerçant en cabinet. Il est discret mais nécessite d’être acheté et de s’acquitter d’un abonnement, à la charge du professionnel de santé. Les infirmiers ont prévu d’en débattre lors d’une prochaine rencontre.

Cet atelier a été l’occasion de présenter les résultats d'un questionnaire auquel ont répondu 110 infirmiers libéraux, soit un tiers de la profession. Plus d’un sur deux se sent en insécurité pendant son travail. Un sur deux a déjà subi une agression verbale durant ses déplacements ou pendant qu’il était en soins. Et près de 40 % une agression physique. Quatre infirmiers sur cinq affirment que « l’insécurité ou son sentiment est un frein à la prise en charge d’un patient ». Awatef Argoubi abonde : « Des collègues ont quitté le territoire suite à des agressions durant leur travail. » Une répondant au questionnaire reconnaît : « J’ai préféré arrêter la prise en charge de certains patients pour ma sécurité. »

Alerter pour faire progresser la sécurité ensemble

Les représentants des forces de l’ordre présents, qu’ils soient de la gendarmerie, de la police nationale ou de la police municipale ont insisté sur la nécessité d’appeler le 17 en cas de problème. Et sur la nécessité de déposer plainte : sur 49 infirmiers ayant subi une agression physique pendant leur travail, seuls 15 disent l’avoir fait. « L’important, c’est de communiquer, d’alerter, de ne jamais hésiter en cas de danger à appeler le 17, surtout si une situation semble anormale », poursuit le chef d’escadron Eloi Pierchon, adjoint prévention de la gendarmerie nationale. Il se dit partisan de la mise en place de formations, de sensibilisation aux réactions à avoir en cas de violence. Une formation que la quasi-totalité des répondants au questionnaire appellent de leurs vœux, pour les aider à gérer les conflits et l’agressivité.

« Nous encourageons les infirmiers à faire remonter toutes les difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans le cadre de leurs déplacements chez leurs patients », insiste le major Roland Deruel, de la police nationale. Et de citer ce qui peut les gêner dans leurs déplacements professionnels : routes entravées par des véhicules abandonnés, fils électriques coupés, rassemblement inopportuns… Si les représentants des forces de l’ordre admettent qu’ils ne pouvaient pas mettre une patrouille partout, ils ont expliqué aux infirmiers l’intérêt de tels signalements : mieux comprendre ce qui se passe, procéder à d’éventuels recoupements, ajuster les zones de surveillance. Ils ont insisté sur la nécessaire entraide, à travers ces informations, pour faire progresser la sécurité.

« Que les professionnels soient en sécurité partout sur le territoire »

Clara de Bort a encouragé également le partage d’expérience entre professionnels de santé : « C’est une question délicate sur laquelle d’autres professionnels se sont déjà penchés. Des réponses communes peuvent être apportées lors d’échanges de pratiques avec les infirmiers de l’hôpital, qui ont parfois des relationnels très compliqués avec certains de leurs patients. »

Les animateurs de l’atelier également ont présenté une fiche réflexe de prévention, en cours de rédaction. Elle répertorie les conduites à tenir en cas d’urgence, que ce soit lors des tournées dans des quartiers dits à risque, en cas d’agression sur la voie publique ou encore en cas d’agression chez le patient. Ce type d’outil est déjà expérimenté par d’autres professions (notamment les commerçants), comme l’a évoqué le chef de service de la police municipale de Cayenne Franck Ho-a-Chuck.

La gendarmerie, pour sa part, a indiqué qu’elle utilise un dispositif spécifique aux professions menacées. Cette base de données est alimentée par un questionnaire auquel les infirmiers ont été invités à répondre. « On ne perd ainsi plus de temps, à chaque appel, à reprendre les renseignements concernant la personne », témoigne le chef d’escadron Pierchon.

Awatef Argoubi encourage également ses collègues à penser à l’après-agression : « Même si on n’y pense pas, même si on s’en sort bien, l’agression peut laisser une trace post-traumatique. Il demeure important de pouvoir en parler avec un professionnel. Il faut aussi penser à nous, penser à l’après pour se sentir suffisamment bien pour pouvoir repartir. La sécurité, c’est pour vous, mais c’est aussi avec vous. » Si ce premier atelier s’est déroulé à Cayenne, elle insiste sur le fait que les dispositifs évoqués peuvent être utilisés sur tout le territoire et que d’autres réunions suivront pour améliorer les dispositifs, répondre à d’autres questions : « Les conduites à tenir en cas de danger sont les mêmes partout. Les infirmiers bougent et ne sont pas statiques, même si chaque lieu, chaque moment de la journée a des problématiques propres. C’est pourquoi il est important pour chacun de faire remonter ses expériences, ses difficultés. Il faut que les professionnels soient en sécurité sur tout le territoire. »


A workshop on the safety of liberal nurses was held on Wednesday, within the framework of the local safety and crime prevention council (CLSPD) of Cayenne. This first meeting and those to come are intended to " to think together, to find leads and to offer solutions " to these health professionals regularly exposed to problems of insecurity, in the exercise of their profession.



Last Wednesday, the liberal nurses (IDEL) who participated in the workshop on security, organized by the local security and crime prevention council of Cayenne, all left with a gift: a key ring alarm that sends a shrill ringing when fired at, to scare away its attacker. It was Awatef Argoubi, liberal nurse, municipal councilor for health at the town hall of Cayenne, and president of the National Federation of Nurses (FNI) for Guyana, who offered it to them. This workshop was a first and only asks to be repeated.

The daily life of the IDELs is not easy. And it is not a question, here, of evoking the amplitude of their working hours or the kilometers traveled each day, but the safety conditions in which this very largely feminized profession exercises: there are six nurses for one nurse , in Guyana. During this evening, the liberal nurses were therefore able to discuss with representatives of the police, the town hall, the prefecture and with Clara de Bort, the director general of the ARS, on the security problems related to to their exercise. Whether during their many journeys or with their patients.

Alarm, SMS or emergency button keychain

“Our schedules are very long, we treat everyone, regardless of time and place. Professionals work at night, which is an aggravating factor for our safety,” recalls Awatef Agourbi. In addition to her alarm key ring, the union representative told her colleagues to use the SMS system of 114, the emergency number reserved for the deaf and hard of hearing: “It works very well. This number can be used if the situation requires it. The relay will be automatically made to the police and gendarmerie services of Guyana. »

During the same evening, Dr. Jawad Bensalah, radiologist in the Mont-Lucas district of Cayenne, presented the emergency button used by many doctors, intended for nurses working in private practice. It is discreet but needs to be purchased and to pay a subscription, at the expense of the healthcare professional. The nurses plan to discuss it at a future meeting.

Cet atelier a été l'occasion de présenter les  results of a questionnaire answered by 110 self-employed nurses, i.e. one third of the profession. More than one in two feel insecure at work. One in two has already suffered a verbal attack while traveling or while being treated. And almost 40% physical aggression. Four out of five nurses say that "insecurity or the feeling of it is a hindrance to the care of a patient". Awatef Argoubi agrees: "Colleagues have left the territory following attacks during their work." A respondent to the questionnaire admits: "I preferred to stop taking care of certain patients for my safety. 

Alert to advance safety together

The representatives of the security forces present, whether they were from the gendarmerie, the national police or the municipal police, insisted on the need to call 17 in the event of a problem. And on the need to file a complaint: out of 49 nurses who suffered a physical attack during their work, only 15 said they had done so. "The important thing is to communicate, to alert, never to hesitate in case of danger to call 17, especially if a situation seems abnormal", continues squadron leader Eloi Pierchon, deputy prevention of the National Gendarmerie. He says he is in favor of the establishment of training, awareness of the reactions to have in the event of violence. A training that almost all of the respondents to the questionnaire are calling for, to help them manage conflicts and aggressiveness.

"We encourage nurses to report any difficulties they may encounter when traveling to their patients," insists Major Roland Deruel, of the national police. And to cite what can hinder them in their professional travels: roads blocked by abandoned vehicles, cut electrical wires, inappropriate gatherings... If the representatives of the forces of order admit that they could not put a patrol everywhere, they explained to the nurses the interest of such reports: to better understand what is happening, to carry out any cross-checks, to adjust the surveillance zones. They insisted on the necessary mutual assistance, through this information, to improve safety.

"That professionals are safe everywhere in the territory"

Clara de Bort also encouraged the sharing of experience between health professionals: “This is a delicate question that other professionals have already looked into. Common answers can be provided during exchanges of practices with hospital nurses, who sometimes have very complicated relationships with some of their patients. »

The workshop facilitators also presented a prevention reflex sheet, which is currently being drafted. It lists the actions to be taken in the event of an emergency, whether during rounds in so-called high-risk neighborhoods, in the event of an attack on the public highway or even in the event of an attack on the patient. This type of tool has already been tried out by other professions (especially traders), as mentioned by the head of the Cayenne municipal police department, Franck Ho-a-Chuck.

The gendarmerie, for its part, has indicated that it uses a specific system for threatened professions. Cette database is fed by a questionnaire which the nurses were asked to answer. "We don't waste any more time, on each call, to take up information about the person", testifies Squadron Leader Pierchon.

Awatef Argoubi also encourages his colleagues to think about the aftermath of the attack: "Even if you don't think about it, even if you come out of it well, the attack can leave a post-traumatic mark . It is still important to be able to talk about it with a professional. We also have to think about ourselves, think about the aftermath to feel good enough to be able to leave. Security is for you, but it is also with you. » If this first workshop took place in Cayenne, she insists on the fact that the devices mentioned can be used throughout the territory and that other meetings will follow to improve the devices, answer other questions: "The behavior to hold in case of danger are the same everywhere. The nurses move and are not static, even if each place, each moment of the day has its own problems. This is why it is important for everyone to bring up their experiences, their difficulties. Professionals must be safe throughout the territory. »

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