Mardi, la commission spécialisée de l'organisation de soins a étudié les demandes d’autorisation d’activités et d’équipements matériels lourds de plusieurs établissements de santé du territoire. Après l’avis de la CSOS, il revient désormais au directeur général de l'Agence régionale de santé d'accorder ou non les autorisations. Ces décisions sont attendues dans les prochaines semaines.

Réaliser une fécondation in vitro à Kourou, obtenir un rendez-vous pour un scanner à Matoury, rester avec son bébé prématuré à la maternité de Saint-Laurent-du-Maroni, ou bénéficier de la radiothérapie et de la médecine nucléaire enfin en Guyane : voici quelques-unes des perspectives pour les prochaines années en Guyane. Mardi, la commission spécialisée de l'organisation de soins (Csos) a étudié les projets de plusieurs acteurs de santé du territoire sur ces activités d'importance. Il revient désormais au directeur général de l'Agence régionale de santé d'accorder ou non les autorisations d’activités sanitaires et d’équipements matériels lourds.
Mardi, en ouverture des discussions de la Csos, Laurent Bien a souligné combien ces sujets étaient importants pour le territoire. Il devrait rendre ses décisions dans les prochaines semaines. Malgré des débats souvent intenses, que ce soit sur la solidité financière des acteurs, leur volonté de favoriser la formation de professionnels de santé du territoire, leurs intentions de collaborer ou la confiance que leur accorde la population, les membres de la CSOS ont émis des avis généralement favorables aux projets présentés par les promoteurs. Tout comme plusieurs des porteurs de projet, ils ont souligné que le développement d'activités comme la radiothérapie ou la médecine nucléaire sont des enjeux de souveraineté sanitaire pour la Guyane. Ces nouvelles activités, conformes au projet régional de santé, contribueront également à réduire le nombre d'évacuations sanitaires et à réduire le renoncement aux soins de la population.
Aide médicale à la procréation : Kourou en pole position
Demain, une femme pourra-t-elle se présenter au CHU de Guyane - site de Kourou pour faire conserver ses ovocytes ou ses embryons ? Un homme pourra-t-il s’y rendre faire pour conserver son sperme en vue d'une insémination artificielle ou d’un don ? Une femme qui a fait prélever des embryons à l'hôpital Cochin, à Paris, pourra-t-elle les faire transférer à Kourou en prévision d'une fécondation in vitro ? Toutes ces activités font l'objet de demandes d'autorisation de la filière d'aide médicale à la procréation du CHU de Guyane, portée par le Dr Karen Mencé, gynécologue médicale.
Il y a peu, aucune activité n'existait sur le territoire. La filière est en train de se structurer. Aujourd'hui, l'aide médicale à la procréation et la fertilité figure parmi les 10 premières causes d'évacuation sanitaire du territoire :
Si toutes ces autorisations sont accordées, la filière sera quasiment complète en Guyane.
Traitement des cancers : qui fera quoi ?
Le traitement des cancers a fait l'objet d'une réforme des autorisations d'activité. Le CHU de Guyane doit donc en solliciter de nouvelles. La clinique la Canopée s'est également positionnée. Elle demande une autorisation pour le traitement systémique des cancers avec notamment des chimiothérapies à domicile et au sein de la clinique. Mardi, son directeur du développement et de la communication, Alexis Marcet, a rappelé que le groupe Rainbow Santé gère déjà le parcours santé après cancer, avec une trentaine de patients accompagnés l'an dernier.
Le CHU de Guyane, pour sa part, dépose pour la première fois la demande d’autorisation de chimiothérapie, qui jusqu’à présent était réalisée en Guyane en association avec le CLCC Léon-Bérard. Des autorisations de chirurgie complexe en cancérologie sont également sollicitées. C’est aussi la première fois, qu’un promoteur demande l’autorisation de la radiothérapie en Guyane. Si elle est accordée par l'Agence régionale de santé, le projet serait mené en collaboration entre le CHU de Guyane, les oncologues radiothérapeutes venant de Martinique et de Paris, et le groupe Améthyste radiothérapie, premier acteur de cette spécialité en Europe. Selon le Dr Stefanos Bougas, chef de service de radiothérapie au CHUM, l'activité serait intégrée aux locaux de Cayenne, réalisée sans dépassement d'honoraires, avec des téléconsultations et des missions dans les hôpitaux de proximité. En cas de panne, une convention a été signée avec la Martinique, qui dispose du même matériel. Le développement de la radiothérapie en Guyane permettrait d'éviter environ 400 évacuations sanitaires par an, diminuerait les pertes de chance pour les patients, les ruptures de suivi et le renoncement aux soins. L'accélérateur choisi permettrait de pratiquer toutes les techniques de radiothérapie
Diagnostic prénatal : le CHU se positionne
En septembre 2025, le laboratoire Eurofins a annoncé l’arrêt des examens d'identification des marqueurs sériques dans le diagnostic prénatal qu'il était le seul à réaliser en Guyane. Les prélèvements sont aujourd’hui analysés à Paris. Cette activité pourrait toutefois se poursuivre prochainement sur le territoire puisque le laboratoire du CHU de Guyane - site de Cayenne a déposé une demande d'autorisation pour réaliser le diagnostic prénatal le plus poussé. Mardi, le Pr Magalie Pierre-Demar, cheffe de service du laboratoire de biologie médicale, a indiqué que celui-ci était déjà équipé pour réaliser la plupart des analyses. S'agissant de la trisomie 21, des tests de réactif ont même déjà été menés.
Le laboratoire, s’il en l'obtient l'autorisation, compte réaliser :
Selon le Pr Pierre-Demar, « c'est la cytogénétique qui demandera le plus d'investissements ». Pour la réaliser, elle pourra s'appuyer sur le Dr Mody Diop, généticien en pédiatrie, qui se forme à cette activité.
Imagerie : un accès plus rapide aux IRM et aux scanners
Dans les prochaines années, le nombre d'IRM et de scanners devrait fortement augmenter dans l'Île-de-Cayenne. L'hôpital sollicite une dérogation pour pouvoir installer une seconde IRM en plus de son IRM et de ses deux scanners. Trois acteurs demandent des autorisations d’équipements matériels lourds pour effectuer de la radiologie interventionnelle.
Pour ces trois dernières demandes, deux autorisations sont possibles. Les membres de la CSOS ont émis un avis favorable pour toutes. L'Agence régionale de santé devra donc effectuer un choix.
Réanimation néonatale, chirurgie pédiatrique, psychiatrie périnatale…
Mardi, les membres de la Csos ont dû se prononcer sur d'autres demandes d'autorisation d'activité.
Ninon Gautier, directrice du Centre hospitalier de l'Ouest guyanais, a défendu la demande d'autorisation d'activité de réanimation néonatale à Saint-Laurent-du-Maroni, avec un objectif de quatre lits. Si elle l'obtient, la maternité pourra passer au niveau 3. Parmi les 100 parturientes qui ont dû être transférées à Cayenne l'an dernier, un nombre important pourra ainsi être pris en charge sur place. Cette autorisation renforcerait la prise en charge des enfants prématurés du bassin ouest.
L'hôpital de Saint-Laurent-du-Maroni souhaite également développer une activité de chirurgie pédiatrique. Sa directrice a souligné que les chirurgiens adultes opéreraient déjà des enfants de plus de 3 ans en cas d'urgence et que donc la mise en œuvre de cette activité pourrait être rapide. Actuellement, environ 900 enfants de l'Ouest guyanais sont transférés chaque année vers Cayenne, « pour des gestes que nous pourrons faire sur place ».
Deux autorisations de psychiatrie périnatale sont sollicitées par le CHU de Guyane, l'une pour le site de Cayenne, l'autre pour celui de Saint-Laurent-du-Maroni. À Cayenne, cette activité est déjà assurée par une équipe mobile qui souhaite pouvoir organiser des hospitalisations. À Saint-Laurent-du-Maroni, les professionnels de santé soulignent que la psychiatrie périnatale est « la brique manquante » de leurs activités de psychiatrie et serait « un atout pour les petits enfants ».
Le CHU de Guyane - site de Cayenne dispose de 4 lits dérogatoires de soins critiques et de soins intensifs pédiatriques. Ahmed El-Bahri, directeur général du CHU, souhaite passer à huit. En présentant sa demande, mardi, il a confirmé sa volonté de « renforcer la collaboration avec le privé » et la nécessité « que les équipes médicales se réunissent ».
Le Dr Tanguy Gbaguidi, chef de service de néphrologie au centre hospitalier de Cayenne, a demandé que l'activité de traitement de l'insuffisance rénale chronique de Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni soient transférée au CHU de Guyane. Il a souligné que son service était désormais organisé en 4 pôles répondant aux missions d'un CHU : santé publique, clinique, thérapeutique, et enseignement et recherche.
Enfin, les membres de la Csos ont étudié le dossier d’autorisation de médecine nucléaire. Deux acteurs se sont positionnés.
Il revient désormais au directeur général de l'Agence régionale de santé d’émettre une décision sur ces demandes d’autorisations d’activités sanitaires et d’équipements matériels lourds.


passer une petite annonce

passer une annonce de covoiturage


passer une annonce d’emploi







associations, postez vos actualités

participez au courrier des lecteurs

Lancements 2022
Vol 259 Ariane 5