L’Agence Régionale de Santé vient de confier le dispositif Handigynéco à la plateforme de rétablissement du groupe SOS Solidarités. L’objectif est d’améliorer le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap. La plateforme de rétablissement gère déjà deux autres services autour de la parentalité et de la vie intime, affective et sexuelle des personnes handicapées : CapParents, qui apporte un soutien à la parentalité, et Intimagir, qui outille les professionnels du secteur médico-social sur ces sujets.

Dans la salle d’activité de CapParents, sur la route de la Madeleine à Cayenne, chaque tête d’enfant qui passe par la porte est accueillie à grands cris. « Kelviiiin ! », « Johnnyyyy ! » Tout à la fabrication de savons en forme de poissons et d’étoiles de mer, Angelo, 7 ans, annonce l’arrivée de chaque nouvel enfant. Accompagnés de leurs mamans, toutes en situation de handicap, ils viennent participer à un atelier dans le cadre du dispositif CapParents, confié par l’Agence régionale de santé au groupe SOS Solidarités.

Les CapParents sont des services d’accompagnement à la parentalité et à la périnatalité auprès des parents ou futurs parents en situation de handicap. L'objectif est d'établir un parcours visant à offrir à tous les parents un accompagnement adapté et personnalisé pour favoriser un environnement propice à la santé physique, psychique et sociale de leur enfant, tout en favorisant leur plus grande autonomie. A Cayenne, vingt mamans sont accompagnées par une technicienne de l’intervention sociale et familiale, Maunia Derond, une psychologue, Nadège Abgrall, et une éducatrice spécialisée, Capucine Moreaud. Elles leur ont été adressées par l’établissement ou le service médico-social qui les suit.
Guylène, la maman d’Angelo, travaille à l’Esat de Matiti (Adapei). Elle vient depuis bientôt deux ans à CapParents. « Cela me permet de parler de mes problèmes, de mes ressentis, de mes difficultés du quotidien. Quand Angelo est à la maison, c’est compliqué. En classe, il est très agité. Venir à CapParents, ça m’enlève un poids. » Pour la vie de tous les jours, elle a mis en place des routines avec son fils. « Ça me permet de parler moins et d’éviter de crier dans la maison », se constate-t-elle. Elle a également suivi un webinaire de Guyane promotion santé (GPS) sur le handicap et la parentalité.

Pendant que les enfants s’amusent avec des camions ou avec un jeu d’écriture, les mamans discutent des repas à la maison, des inscriptions scolaires de la prochaine rentrée, d’allaitement, des dents de la petite dernière, des rendez-vous médicaux et de la future petite sœur de Johnny. La mission des trois professionnelles ne s’arrête pas à ces ateliers collectifs, qu’ils se déroulent dans le local en saison des pluies, à la plage et dans les parcs quand la météo le permet, au cinéma voire en carbet sur un week-end. « On se rend à domicile, on accompagne aux réunions parents/professeurs, on aide à gérer le budget ou les courses, ou encore à prendre un abonnement à la piscine », détaille Capucine Moreaud.
« Vous vous débrouillez très bien toute seule »
Quand Céline, une autre maman présente ce mercredi-là, souhaite aborder un sujet plus personnel, Capucine Moreaud s’isole avec elle dans une autre pièce. Une autre a été accompagnée pour trouver un appartement : « Elle était en conflit avec sa famille et voulait son propre logement. Mais quand on est suivi par une structure médico-sociale, ce n’est pas simple. Nous travaillons donc en réseau avec divers partenaires », explique l’éducatrice spécialisée.
L’atelier de ce mercredi après-midi touche à sa fin. Les savons partent au frigo pour durcir. Les garçons rangent les camions. Ruta, enceinte, s'était assoupie dans le canapé. Guylène, la maman d'Angelo, pioche dans les vêtements et le matériel de puériculture donnés au groupe SOS. Angelo emprunte un jeu pour emporter à la maison. Sa maman, l’une des plus fidèles du dispositif, prévoit déjà de revenir la semaine suivante : « Ça me permet de souffler, de tenir le coup. Quand je suis bloquée avec quelque chose, je sais que je peux les contacter. » Capucine Moreaud la rassure : « La plupart du temps, vous vous débrouillez très bien toute seule. »
Site internet, « Rencontres et handicap » : des projets en cours pour Intimagir
Outre CapParents, la plateforme de rétablissement du groupe SOS Solidarités gère le centre ressources Intimagir, confié par l’Agence Régionale de Santé. Il offre écoute et information aux personnes en situation de handicap sur leur vie intime, affective, sexuelle (Vias), la parentalité et les violences sexuelles. Elle les oriente vers des interlocuteurs adaptés à leurs besoins. Enfin, elle intervient auprès des professionnels du secteur médico-social pour les outiller sur ces sujets.
L’équipe d’Intimagir – la même que CapParents – organise des webinaires, des stands d’information, des sensibilisations des professionnels des établissements et services médico-sociaux, des groupes de travail sur la Vias, la parentalité et les violences sexuelles… Elle répond également par téléphone aux questions des professionnels. Jusqu’à ce mois de janvier, une sexologue proposait également des consultations.
Vendredi dernier, lors d’un comité technique organisé avec ses partenaires, Johanna Pavie, directrice de la plateforme de rétablissement, a présenté les projets de 2026 : l’ouverture d’un site internet traitant des sujets d’Intimagir et de CapParents, le projet « Rencontres et handicap » permettant aux parents en situation de handicap de se rencontrer, la création d’outils pour sensibiliser le public d’Intimagir à la Vias…
Handigynéco, un nouveau dispositif pour améliorer le suivi gynécologique des femmes en situation de handicap
En 2018, l’Agence régionale de santé Île-de-France a lancé le dispositif Handigynéco. Son objectif était de favoriser l’accès aux soins gynécologiques des femmes en situation du handicap. En effet, l’ARS Île-de-France avait constaté que 58 % d’entre elles bénéficiaient d’un suivi gynécologique régulier contre 77 % dans la population générale. Son enquête révélait également que quatre femmes en situation de handicap sur cinq subissaient des violences et des maltraitances de tout type, et que les femmes autistes étaient encore plus touchées, près de 90 % d’entre elles déclarant avoir subi des violences sexuelles au cours de leur vie. L’ARS Guyane a décidé, à son tour, de déployer ce dispositif pendant douze mois. Elle vient d’en confier la mise en œuvre à l’équipe Intimagir (groupe SOS Solidarités).
Outre améliorer l’accès aux soins gynécologiques des femmes en situation de handicap en institution, Handigynéco a pour objectif de :
Une coordinatrice sage-femme sera chargée de créer le réseau de partenaires, d’organiser des plannings de consultations avec des sages-femmes libérales, de réaliser les consultations lorsqu’elles sont indisponibles, de sensibiliser les équipes éducatives et médico-sociales. Des sages-femmes et des gynécologues libéraux seront sollicités pour réaliser les consultations dans les institutions ou dans des espaces adaptés, mener des actions de prévention et d’éducation à la santé, et assurer le lien avec les structures hospitalières pour la continuité des soins.


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