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Infos citoyennes

16/02/26
Rencontre des associations environnementales avec le cabinet du ministère des Outre-mer

Les associations environnementales Guyane Nature Environnement, WWF Guyane et GRAINE Guyane ont été reçues le 12 février 2026 par Laurent Legendart, conseiller auprès de la ministre des Outre-mer, à l’occasion du séjour en territoire guyanais de Naïma Moutchou, ministre des Outre-mer, du 11 au 15 février 2026. Il était accompagné de M.Ivan Martin, directeur général des territoires et de la mer de la Guyane.

Lors de cet échange, nous avons évoqué plusieurs axes de travail portant notamment sur la préservation de la biodiversité, la durabilité des modèles de développement territorial et la santé des populations. Les discussions ont permis de faire un point sur les attentes des associations environnementales en matière de politiques publiques et d’explorer des pistes de collaboration avec l’État pour renforcer les actions sur ces thématiques essentielles.

Sur la question de l’exploration pétrolière, le conseiller a rappelé la position du gouvernement, opposé à l’abrogation de la loi « Hulot ». La nécessité d’amélioration de la coopération avec le Brésil a néanmoins été abordée, afin de préparer le territoire aux risques de marée noire et autres pollutions, à l’image des fuites du liquide de forage observés lors des phases d’exploration en début d’année. L’accident dont nous avons été potentiellement victimes (la pollution a vraisemblablement atteint les eaux nationales peu de temps après l'accident si l’on se fie au sens des courants dominants) illustre bien ce manque de coopération, avec une information transmise uniquement par voie de presse et l’absence de composition des produits déversés.

La pollution au mercure produite par l’orpaillage illégal a également été au cœur de nos conversation. Nous avons souligné tout l’intérêt des campagnes de lutte menées par l’État tout en indiquant qu’elles n’étaient pas suffisantes : la situation s’est détériorée les dernières années, sur le Maroni mais aussi jusqu’à des sites très proches du littoral, mettant en danger la santé des guyanais. La faiblesse des relations diplomatiques avec le Suriname ne permet pas d’envisager à court terme une politique transfrontalière en capacité d’endiguer les diverses pollutions du Maroni (mercure, plomb, MES, déchets etc.) et permettant l’émergence d’une culture de santé-environnementale commune pour ces riverains français et surinamais. Le problème ne semble d’ailleurs pas avoir avancé de manière significative depuis la visite en Guyane de la ministre de l’Environnement en novembre 2025, qui avait évoqué la possibilité d’attaquer en justice le Suriname.

Au-delà de la mine illégale, les associations ont rappelé les chiffres d'un rapport parlementaire récent indiquant que l’activité minière légale serait responsable d'un tiers des dégradations de cours d'eau. Elles ont exprimé une inquiétude face à la multiplication de Permis d’Exploration et de Recherche sur des terres rares dont l’extraction est autrement plus complexe et
potentiellement polluantes que l’extraction de l’or. L’État s’est voulu rassurant en évoquant des pistes d’améliorations envisagées pour la mine légale afin de tendre vers l’exemplarité, notamment en assurant une meilleure garantie de la restauration des sites et le travail sur le développement de la mine en galerie (moins impactant pour l’écosystème, mais soulevant d’autres problématiques telles que la gestion des abondants déchets miniers toxiques ou la sécurisation des galeries). Nous avons insisté sur le besoin d’améliorer la connaissance de la biodiversité des futurs sites miniers via des études d’impacts plus complètes afin de pouvoir adapter les mesures de gestion et de réhabilitation.

Au-delà des activités économiques extractives que sont l’exploitation pétrolière ou la mine, dont les retombées sont limitées dans le temps, nous avons rappelé au conseiller la volonté des associations environnementales de soutenir davantage des activités économiques durables nécessaires au développement du territoire. Plusieurs filières durables, porteuses de retombées économiques potentielles intéressantes, avaient été mises en avant par le rapport du bureau Deloitte en 2018 (notamment les activités liées à la pêche, à l’exploitation du bois de qualité, à l’agriculture, au tourisme ou à l’économie de la connaissance). Les projets extractifs de grande envergure comme l’exploitation pétrolière ou la mine industrielle du type de la Montagne d’Or ne sont en effet que des serpents de mer qui resurgissent régulièrement et masquent des besoins structurels pour ces activités. Le conseiller nous a confirmé que la ministre est bien consciente des limites de développement d’un territoire sur ces seuls filières extractives, et qu’elle partage le constat d’un manque d’infrastructures et d’investissements dans des filières à développer. Ce manque de moyens induit une faible attractivité des métiers de la pêche, de l’agriculture ou encore de la sylviculture, pourtant en tensions dans un territoire jeune et ou le chômage approche les 20%. Ces retards structuraux engendrent aussi un manque de compétitivité des filières locales dont les surcouts par rapports aux pays voisins sont compensés par l’État et l’Europe. Cette situation ne peut perdurer sans des politiques coordonnées valorisant et sécurisant ces secteurs d’activités sous-coté mais pourtant essentiels.

En s’attardant sur la question de la pêche, nous avons rappelé qu’il était nécessaire d’assurer la souveraineté du territoire et de maintenir un état de droit, que ce soit en forêt ou en mer, et de prendre en compte les limites des ressources du territoire (ex : filière biomasse, fertilité des sols). Concernant la pêche illégale les moyens pourraient être rendu disponibles facilement s'il y avait une volonté politique de les positionner sur les zones de pressions connues. M.Legendart nous a assuré que la ministre identifie parfaitement l’enjeu de souveraineté du ministère des Outre-mer mais que celui-ci nécessite un travail chronophage d’interministérialité. Ce besoin de coordination inter-ministère est en effet fortement perceptible sur le terrain, au vu de la pression de pêche illégale doublée en l’espace d’une dizaine d’années.

Nous avons clôturé l’échange sur la question de l’agriculture et de la souveraineté alimentaire, dans un contexte de signature du Mercosur. Les représentants de l’État ont souhaité nous rassurer en rappelant la création récente de la SAFER, qui devrait améliorer la planification des zones agricoles. Le besoin de revoir l’accompagnement technique apporté
aux agriculteurs a également été un point de convergence du conseiller de la ministre des Outres-mers et des associations environnementales. Des outils existent pourtant mais ils sont soit peu connus, mal utilisés ou tout simplement sous-dimensionnés. C’est dans ce contexte aussi que la chambre d’agriculture monte en puissance ont tenu à souligner les services de l’Etat.

 

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