
L’amélioration de la qualité de l’air intérieur fait partie des objectifs du Plan régional santé environnement (PRSE). L’ARS et Atmo Guyane lancent une enquête auprès de l’ensemble de la population. Une autre étude, dont l’ARS est partenaire, va analyser les champignons présents dans l’air et leurs impacts potentiels sur la santé respiratoire.
« Connaissez-vous réellement l'air que vous respirez ? » L’ARS, Atmo Guyane et leurs partenaires lancent une grande enquête dans le cadre du Plan régional santé environnement (PRSE) : « Que sais-je sur la qualité de l'air ? ». L'objectif est de mieux comprendre les besoins et les connaissances de la population, afin de proposer des actions sur le littoral. Le questionnaire s’adresse à tous, habitants du littoral, des communes de l’intérieur et vivant le long des fleuves.
Jusqu’à présent, « la qualité de l’air intérieur était très peu étudiée en Guyane. Cependant, le climat de la Guyane est caractérisé par une forte humidité et des températures élevées tout au long de l’année, conditions favorables à la prolifération de moisissures et de champignons dans les habitations. Ces organismes peuvent libérer des spores dans l’air intérieur, contribuant à des problèmes respiratoires tels que l’asthme et les allergies », est-il rappelé dans le PRSE 2024-2028.
Airfungui : étudier la diversité des champignons présents dans l’air et leurs impacts potentiels sur la santé respiratoire
En Guyane, quels sont les champignons présents dans l’air et quel est leur impact sur la santé respiratoire ? Pour le savoir, Atmo Guyane et l’Université de Guyane (laboratoire TBip) ont annoncé, fin mars, leur partenariat dans l’étude Airfungui. Ce projet vise à :
Dans le cadre du projet, Atmo Guyane mesure la qualité de l’air sur le plan environnemental. En parallèle, les chercheurs de l’Université de Guyane récoltent les champignons aériens pour identifier et cartographier leur présence. En croisant ces données avec celles d’Atmo Guyane et de Météo France, ils analysent la diversité et l’évolution de ces champignons en fonction des conditions climatiques et environnementales.

« Les particules fines agissent de la même manière que les acariens ou la fumée de tabac »
Il y a quelques semaines, la Guyane a connu de forts épisodes de brumes du Sahara, un phénomène fréquent sur le territoire. Le Dr Gabriel Bafunyembaka suit des enfants ashtmatiques et/ou drépanocytaires au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni. Il explique les mécanismes : « Quand on inhale ces particules fines, il va y avoir une inflammation au niveau des bronches. Ces particules vont se déposer sur les bronches et vont enflammer la lumière bronchique. Dès que la lumière bronchique est inflammée, il y a obstruction, ce qu’on appelle la vaso-constriction. La vaso-constriction va engendrer des signes cliniques avec des sifflements respiratoires. Il y aura moins de passage de l’air au niveau des bronches et le patient va se mettre à siffler, parce que la bronche est très réduite. Il faut un traitement : un broncho-dilatateur pour l’ouvrir. Cela se passe de la même manière avec les acariens ou la fumée de tabac. C’est la raison pour laquelle les fumeurs passifs ont le même risque que les fumeurs actifs : tous deux inhalent la fumée. Parmi les plus à risque figurent les enfants avec un terrain prédisposé. C’est le cas des enfants drépanocytaires. Ils font plus d’hémolyses et de micro-infarctus, ce qui fragilise leurs poumons. Ils sont donc vulnérables à toute attaque (…) Chez les enfants que je suis, les facteurs environnementaux peuvent être un facteur aggravant. Mais la première cause de crise, c’est l’inobservance. Dans un article, les données environnementales récentes montrent que l’exposition chronique aux particules fines (pm 2,5) est liée à une diminution de la fonction respiratoire, à un risque accru d’hospitalisation et même d’AVC pédiatrique en contexte drépanocytaire. Cela peut creuser l’écart pronostic entre enfants avec et sans asthme, notamment en milieu tropical. »
Dr Gabriel Bafunyembaka : « Il est important de dépister systématiquement l’asthme chez les enfants drépanocytaires »
Le 12 décembre, le Dr Gabriel Bafunyembaka, pneumopédiatre au CHU de Guyane – site de Saint-Laurent-du-Maroni, a soutenu sa thèse d’université sur « l’influence de l’asthme sur les complications aiguës de la drépanocytose chez l’enfant ». Son travail était dirigé par le Pr Narcisse Elenga, chef de pôle femme – enfant au CHU de Guyane.
« Cette thèse analyse l’impact de l’asthme sur les complications aiguës de la drépanocytose chez l’enfant en Guyane française, territoire marquée par une forte prévalence de cette hémoglobinopathie et une exposition élevée aux facteurs environnementaux favorisant les pathologies respiratoires, rappelle le médecin dans son résumé. La coexistence de ces deux maladies chroniques, toutes deux fréquentes dans la population pédiatrique guyanaise, constitue un enjeu majeur de santé publique.
« Les objectifs de ce travail étaient :
« La revue de la littérature internationale a confirmé que l’asthme est associé à une morbidité accrue chez l’enfant drépanocytaire, mais les données restent limitées et hétérogènes, notamment en contexte caribéen ou guyanais. Les mécanismes physiopathologiques proposés incluent l’hypoxémie intermittente, l’inflammation chronique et l’activation endothéliale, qui favorisent la vaso-occlusion pulmonaire et cérébrale.
« Quatre études complémentaires menées en Guyane ont permis de répondre à ces questions :
« Ces résultats soulignent l’importance d’un dépistage systématique de l’asthme chez les enfants drépanocytaires, intégrant explorations fonctionnelles, tests allergologiques et parasitologiques, conclut le Dr Bafunyembaka. Ils appellent à une prise en charge multidisciplinaire et adaptée au contexte tropical, afin de réduire la morbidité respiratoire et neurologique. À plus long terme, la mise en place de registres multicentriques, de cohortes prospectives et de programmes d’éducation thérapeutique ciblés apparaît essentielle pour améliorer la qualité des soins et le pronostic vital et fonctionnel de ces enfants. »


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