Plusieurs infections font la une, que ce soit en Guyane ou à l’international. La Lettre pro fait le point.

Chikungunya : de nouveaux foyers dans les Savanes
De nouveaux foyers de cas de chikungunya ont été repérés, la semaine dernière. Ainsi, les Savanes en enregistre un quatrième, annonce Santé publique France, dans son bulletin de surveillance, diffusé hier. Le secteur est donc classé en phase de foyers épidémiques.
C’est également le cas de l’Île-de-Cayenne. Dans ce secteur, il n’est pas possible d’indiquer l’évolution du nombre de cas la semaine dernière, en raison d’une transmission incomplète des données virologiques.
Sur le littoral ouest, l’épidémie se poursuit avec près de quatre cents cas biologiquement confirmés (379) depuis le mois de janvier, dont 55 la semaine dernière. Le chikungunya représente 4,2 % de l’activité des urgences de Saint-Laurent-du-Maroni.
Sur le Maroni, des cas continuent d’être confirmés et des consultations pour chikungunya dans les CDPS sont recensées ; le secteur reste en phase de transmission sporadique.
Ailleurs en Guyane, aucun cas n’a été biologiquement confirmé.
Avec l’arrivée de nouvelles doses de vaccins sur le territoire, la Guyane dispose d’un moyen supplémentaire de protection contre la maladie (lire ci-dessous).
Bronchiolite : la Guyane en pré-épidémie
Depuis la semaine dernière, la Guyane est en pré-épidémie. En effet, une nette augmentation de l’activité du virus respiratoire syncytial est enregistrée depuis début mai, tant dans les CDPS que les hôpitaux de proximité et les services d’urgences des trois sites du CHU de Guyane. Sa détection dans les prélèvements biologiques est également en hausse. Cette reprise des infections à VRS est fréquente en Guyane à cette période de l’année, en raison du début de l’épidémie dans l’hémisphère sud. Il est à noter que la campagne d’immunisation contre le VRS est désormais permanente en Guyane, compte tenu de la circulation continue du virus sur le territoire.
Hantavirus : rien à voir avec le MV Hondius
A partir de la mi-avril, trois passagers d’une croisière sur le MV Hondius sont décédés de l’hantavirus, à proximité du Cap-Vert. L’alerte internationale concerne une souche différente de celle que l’on connaît en Guyane. L’hantavirus se transmet principalement à l’homme par un contact indirect via l’inhalation d’aérosols contaminés par les déjections de rongeurs infectés. Les transmissions interhumaines sont très rares et ne concernent pas le virus Maripa, seule souche identifiée en Guyane. Depuis sa première détection en Guyane en 2008, ont été signalés :
La contamination de l’humain par l’hantavirus est favorisée par un séjour prolongé dans un lieu proche de l’habitat du rongeur et par la réalisation d’activité favorisant la dispersion du virus dans l’air. Plusieurs mesures de protection sont recommandées comme le port de protections lors de ces activités ou lors de contact avec le rongeur (lire la Lettre pro du 12 mai).
Ébola : un risque jugé très faible en France
Le 17 mai, l’Organisation mondiale de la santé a déclaré une urgence internationale pour l’épidémie de maladie à virus Ebola en cours en République démocratique du Congo (RDC). Il s’agit de la dix-septième épidémie depuis la découverte du virus en 1976. Trois virus différents sont connus pour être à l’origine de flambées majeures de maladie à virus Ebola : le virus Ebola, le virus Soudan et le virus Bundibugyo. Le virus en cause dans l’épidémie actuelle est le troisième. Les vaccins et les traitements approuvés ne sont disponibles que pour le virus Ébola. Ils sont en cours de développement pour les autres.
« Une réunion de coordination interministérielle s’est tenue à Matignon le 18 mai afin de coordonner l’action des autorités sanitaires, diplomatiques et de sécurité. Selon les connaissances scientifiques actuelles, le virus se transmet uniquement par contact rapproché avec une personne présentant des symptômes, notamment via les fluides corporels. Le variant Bundibugyo présente une incubation moyenne de sept jours, pouvant aller jusqu’à vingt et un jours. Les modélisations réalisées à ce stade par l’Inserm et Santé publique France estiment que le risque d’importation du virus en France hexagonale et à Mayotte est « très faible ». Aucune liaison aérienne directe n’existe entre la zone touchée et l’Hexagone », précise le gouvernement dans un communiqué.
Webinaire sur la vaccination contre le chikungunya
Après l’arrivée en Guyane de nouvelles doses de vaccin contre le chikungunya, Bertrand Parent, directeur général de l’Agence régionale de santé, lancera officiellement la campagne de vaccination, lors d’une conférence de presse mardi. Le lendemain, mercredi, l’ARS convie tous les professionnels de santé à un webinaire sur le sujet sur Teams. Il se déroulera de 13 heures à 13h30. L’objectif est de mobiliser l’ensemble des acteurs de la chaîne vaccinale : prescripteurs, effecteurs et dispensateurs.
Ordre du jour prévisionnel :
Bronchiolite : l’immunisation contre le VRS prise en charge toute l’année en Guyane
Chaque année, la campagne d’immunisation contre le VRS vise à protéger les nouveau-nés et les nourrissons en prévision de la de circulation du virus, notamment grâce à la mise à disposition des traitements de prévention Abrysvo, Beyfortus et Synagis. Durant cette campagne, ces spécialités sont prises en charge. Les dates sont fixées sur la base de l’analyse de l’évolution épidémiologique par Santé publique France sur chaque territoire. Du fait de la circulation annuelle du virus respiratoire syncytial (VRS) en Guyane, le ministère de la Santé a annoncé que ces traitements préventifs sont désormais mis à disposition en continu sur le territoire. Un message DGS-Urgent rappelle les modalités de mise en œuvre.


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