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Infos citoyennes

07/07/26
France Santé : 13 premières structures labellisées en Guyane

Lancé par le Premier ministre à Mâcon (Saône-et-Loire) le 13 septembre 2025, le réseau France santé vise à structurer, sur l’ensemble du territoire, une offre de soins de proximité, coordonnée, lisible, accessible en moins de trente minutes et garantissant une réponse dans les quarante-huit heures. Le réseau s’inscrit dans la politique de lutte contre les déserts médicaux. En Guyane, l’ARS a labellisé treize premières structures. Après la publication de nouvelles modalités de labellisation, elle invite les structures souhaitant rejoindre le réseau à se faire connaître.

Garantir à chaque Français une offre de soins de proximité accessible à moins de 30 minutes et sous 48 heures, tel est l’engagement porté par le gouvernement avec le réseau France Santé. Ce dispositif permet de labelliser différentes structures (les maisons et centres de santé et les hôpitaux de proximité, par exemple) dès lors qu’elles répondent à certains critères d’accessibilité, de coordination entre professionnels et de services offerts. Le réseau France Santé renforcera ainsi l’offre de soins de proximité sur l’ensemble du territoire. Pour les structures de soins, cette labellisation s’accompagne d’une aide financière. Cette année, elle sera de 50 000 euros en moyenne.

L'Agence régionale de santé a labellisé 13 premières structures :

  • La MSP Léopold du Dr Magali Moubitang à Saint-Laurent-du-Maroni ;
  • Le centre médical de Soula, à Macouria, géré par le Dr Stéphanie Dranebois ;
  • Les trois centres de santé de la Croix-Rouge française à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni ;
  • Le centre de santé du CHU Guyane - site de Saint-Laurent-du-Maroni ;
  • Le centre de santé de Sinnamary géré par le CHU de Guyane - site de Kourou ;
  • Les trois hôpitaux de proximité du CHU Guyane à Maripasoula, Grand-Santi et Saint-Georges ;
  • Les CDPS de Papaïchton, Apatou et Camopi.

Hier matin, Myriam Chanteur, directrice générale adjointe par intérim, et Clémentine Akcelrod, responsable du développement de l'offre ambulatoire à l'ARS, ont posé la plaque France Santé devant les futurs locaux du centre de santé de la Croix-Rouge française à Cayenne, en présence de Jérôme Domec, directeur de la Croix-Rouge française en Guyane, et Mélissa Marcelin, assistante médicale.

Critères assouplis : comment se faire labelliser France Santé ?

Après la labellisation France Santé de treize structures de soins en Guyane, l’Agence régionale de santé prépare une seconde vague de labellisation. Une circulaire du 16 juin précise les critères pour pouvoir candidater :

  • La présence d'un médecin généraliste avec une patientèle traitante (ou en cours de constitution) ;
  • La présence d'un professionnel infirmier au sein de la structure ou à proximité. Il peut s'agir d'un infirmier diplômé d'État (IDE) ou d'un infirmier en pratique avancée (IPA), associé, salarié ou mobilisé dans le cadre d'un partenariat formalisé avec une organisation proposant une offre infirmière ;
  • Une ouverture au public au moins cinq jours par semaine ;
  • L'application des tarifs opposables, sans dépassement d'honoraires ;
  • La capacité à répondre aux patients dans un délai inférieur à 48 heures lorsque leur état de santé le nécessite, notamment via la participation au Service d'accès aux soins (SAS) ou à la Permanence des soins ambulatoires (PDSA).

Les structures souhaitant rejoindre le réseau doivent préalablement déposer une déclaration d'intention sur la plateforme numérique dédiée. À l'issue de l'instruction, le label est accordé par courrier conjoint du directeur général de l'ARS, du préfet et du président de la Collectivité territoriale de Guyane.

Pourquoi il vaut mieux déposer son dossier avant vendredi ?

L’investissement financier au titre de France santé représente en moyenne 50 000 euros par structure et par an. Ce financement est constitué de :

  • Un financement socle, forfaitaire, accessible à l’ensemble des structures dès lors qu’elles remplissent les critères de la labellisation ;
  • Un financement complémentaire destiné à soutenir des projets spécifiques, structuré autour de quatre thématiques : renforcer l’accès aux soins, favoriser la coordination des parcours, favoriser la prise en charge des patients en situation de vulnérabilité, développement les actions de prévention et répondre aux priorités de santé publique.

Pour bénéficier du financement en année pleine, les structures, qu’elles soient conventionnées ou non, doivent déposer leur déclaration d’intention jusqu’à vendredi inclus. Pour les formulaires déposés à compter du 11 juillet 2026, le financement est accordé au prorata temporis de l’année 2026.

Dans le cadre d’une convention de partenariat conclue avec l’État pour le déploiement du réseau France santé, la Caisse des dépôts, à travers la Banque des Territoires, propose notamment aux structures du réseau France santé une offre intégrée d’ingénierie, de prêts et d’investissements adaptée aux besoins des territoires.

Le CHU s’apprête à ouvrir le nouveau centre de santé de Sinnamary

Vérifier le parcours patient, s’assurer de son bon enregistrement à l’arrivée, de la facturation après son départ. Hier, et de nouveau aujourd’hui, le personnel du CHU de Guyane – site de Kourou effectue les derniers tests avant l’ouverture du nouveau centre de santé de Sinnamary. Le maire Michel-Ange Jérémie et Christophe Blanchard, directeur du site hospitalier de Kourou, doivent signer le bail demain. L’ouverture aux patients est espérée dans la foulée.

Le projet de centre de santé est né du départ du Dr Serge Caut, seul médecin libéral de Sinnamary, en 2023. Il accueillait également des patients d’Iracoubo où aucun médecin de ville n’est installé. Début 2024, le Centre Hospitalier de Kourou et l’Agence régionale de santé ont décidé de créer des consultations avancées. D’abord en médecine libérale, puis des consultations de spécialistes et de sages-femmes. Ces consultations avancées sont ensuite devenues centre de santé, géré par le par le CHU de Guyane – site de Kourou. La municipalité a lancé la construction d’un local en vue d’y installer le CDS. Les travaux ont été réceptionnés début janvier (notre photo). Les derniers mois ont été consacrés à l’équipement du centre de santé, aux réseaux et à diverses démarches administratives. Le centre de santé sera coordonné par Alex Cirany, infirmière nouvelle diplômée en pratique avancée (IPA).

La Croix-Rouge prépare le déménagement de ses centres de santé

Au mois d’octobre, cela fera vingt ans que la Croix-Rouge gère des centres de prévention santé (CPS) à Cayenne, Kourou et Saint-Laurent-du-Maroni. Ils abritent à la fois un centre de vaccination, un centre gratuit d’information, de dépistage et de diagnostic (Cegidd) des IST et centre de lutte antituberculeuse (Clat). Depuis 2024 à Cayenne et Kourou, et depuis l’an dernier à Saint-Laurent-du-Maroni, l’association dispose de centres de santé (CDS). Ils proposent des consultations de médecine générale ouvertes à tous. Tous trois s’apprêtent à déménager.

Le premier sera celui de Cayenne. Installé dans les mêmes locaux que le CPS, rue du Dr-Barrat, il emménagera à la rentrée près de la rocade de Zéphyr, dans les locaux du centre de formation de la Croix-Rouge, qui n’a actuellement plus d’activité. Il regroupera cinq bureaux de consultation. Le CPS, lui, restera en centre-ville.

A Kourou et à Saint-Laurent-du-Maroni, la Croix-Rouge française s’installera dans des locaux de l’ancien centre OKA formation. Dans la ville spatiale, le déménagement est prévu en fin d’année ; dans la sous-préfecture, il est programmé au premier semestre 2027.

Une première IPA libérale en Guyane

Il y a deux ans, quatre infirmières ont été sélectionnées dans le cadre d’un appel à candidatures de l’ARS pour la formation d’infirmier en pratique avancée (IPA). Deux viennent d’être diplômées : Alex Cirany, recrutée par le CHU de Guyane – site de Kourou pour devenir la coordinatrice du centre de santé de Sinnamary (lire ci-dessous), et Renée-Lise Augustin, infirmière libérale à Cayenne. Infirmière depuis vingt ans dont quinze en ville, elle a choisi de poursuivre en libéral.

Pour Renée-Lise Augustin, ce diplôme d’IPA est la continuité de ses précédentes formations : DU de diabétologie et DU de nutrition. « Mon souhait était d’abord de comprendre pourquoi nous avons, en Guyane, autant de patients chroniques en difficulté. La formation d’IPA me permet d’aller encore plus loin. Au départ, je l’ai fait pour enrichir mes propres connaissances, comprendre les prescriptions et les résultats d’analyse. L’ARS a financé ma formation, mais sans cela, je l’aurais quand même suivie. Cette formation va me permettre de travailler avec les médecins afin d’accompagner le parcours de soins des patients. »

« Le médecin peut m’orienter des patients chroniques stabilisés, ce qui lui libère du temps, souligne-t-elle. Je compte notamment réaliser des visites à domicile, ce que plus guère de médecins n’ont la possibilité de faire. »

Renée-Lise Augustin cherche désormais à travailler par délégation de tâches d’un ou plusieurs médecins de ville.

Contact : 0694 40 44 77.

  • Les médecins intéressés peuvent aussi se rapprocher de Clémentine Akcelrod, responsable du développement de l’offre ambulatoire à l’ARS, à clementine.akcelrod@ars.sante.fr.

Quel est le rôle d’un IPA ?

Le rôle d’un infirmier en pratique avancée est de se consacrer au suivi de pathologies ciblées dans le cadre d’une équipe de soins coordonnée par un médecin. Cette profession vise à améliorer l’accès aux soins et le parcours des patients. Cette vidéo de l’ARS Centre – Val-de-Loire rappelle ses missions. 

L’IPA travaille avec le médecin qui lui confie la prise en charge et le suivi de certains patients souffrant de pathologies. Pour les patients et les pathologies dont il assure le suivi, il peut notamment :

  • Conduire un entretien et réaliser l’examen clinique ;
  • Réaliser des actes techniques sans prescription médicale et en interpréter les résultats ;
  • Demander des actes de suivi et de prévention ;
  • Prescrire des médicaments non soumis à prescription médicale obligatoire, des dispositifs médicaux ou des examens de biologie ;
  • Renouveler des prescriptions médicales.

Il doit également se coordonner et se concerter avec l’équipe de soins pour optimiser la prise en charge des patients. Il peut aussi être amenée à réaliser des actions d’évaluation et d’amélioration des pratiques professionnelles telles que des études et des travaux de recherche en santé publique.

 

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