Santé publique France vient de publier un bulletin sur la santé périnatale et la petite enfance en Guyane. C’est la première fois que l’agence de santé publique détaille les données à l’échelle départementale. Elle encourage à mener des actions de promotion de la santé avant, pendant et après la grossesse.

Avec un peu plus de 6 500 naissances l’an dernier, la Guyane a enregistré une nouvelle année de baisse de la natalité. Elle se maintient toutefois au deuxième rang des départements ayant le taux de natalité le plus élevé, derrière Mayotte : en 2024, il s’élevait à 23,5 naissances pour 1 000 habitants. Il s’agit de l’une des informations divulguées par Santé publique France, dans un bulletin sur la santé périnatale et la petite enfance en Guyane, couvrant la période 2012-2024 et diffusé en début de mois. C’est la première fois que SpF détaille ces données à l’échelle départementale.
« La Guyane enregistre le taux de natalité le plus élevé après Mayotte faisant de la périnatalité un enjeu de santé publique majeur », souligne SpF. En fournissant des données sur la santé des femmes enceintes, des fœtus et des nouveau-nés, de la grossesse jusqu’au post-partum, l’agence de santé publique souhaite fournir des données utiles pour orienter les politiques publiques. Les actions de promotion de la santé menées avant, pendant et après la grossesse figurent en effet parmi les leviers les plus efficaces pour réduire les inégalités sociales et territoriales de santé.
En Guyane, la situation périnatale reste marquée par plusieurs défis : une forte natalité, des grossesses souvent précoces, un suivi prénatal encore insuffisant pour prévenir certaines pathologies et complications, ainsi que des taux de mortalité néonatale et infantile parmi les plus élevés des régions françaises.
Le territoire présente toutefois plusieurs indicateurs favorables. Les femmes enceintes y fument moins qu’ailleurs, les accouchements par voie basse sont plus fréquents, les complications liées à l’accouchement moins nombreuses, et l’adhésion au dépistage des maladies rares et graves est meilleure. La pratique de l’allaitement y est également davantage répandue.
Une femme sur huit qui accouche en Guyane a moins de 20 ans, soit une proportion six fois supérieure à celle observée au niveau national. Ces grossesses précoces, notamment chez les adolescentes, augmentent les risques pour l’enfant à naître, avec davantage de risques de faible poids de naissance, de prématurité ou encore d’anomalies congénitales. Elles peuvent aussi fragiliser le parcours des jeunes mères, en amplifiant l’isolement social et le décrochage scolaire, et contribuer au maintien des inégalités liées au genre.
Autre difficulté : en Guyane, les grossesses sont moins souvent désirées ou planifiées et font l’objet d’un suivi moins régulier. Pourtant, la prise de folates avant la conception, la préparation à la grossesse et un accompagnement médical de qualité tout au long de celle-ci constituent des leviers essentiels pour limiter les risques maternels et néonatals.
Les conséquences d’un suivi insuffisant sont notamment visibles dans le dépistage du diabète gestationnel : seules trois femmes enceintes sur cinq en bénéficient, alors qu’il devrait être proposé systématiquement, y compris en l’absence de facteur de risque. Les troubles de la tension artérielle, plus fréquents qu’ailleurs, nécessitent également une détection précoce, car ils peuvent entraîner des complications graves pendant la grossesse.
Parmi les éléments positifs, la Guyane affiche une proportion plus faible de femmes enceintes fumeuses, ainsi qu’un recours moins fréquent aux césariennes et moins de complications lors de l’accouchement. Ces résultats peuvent notamment s’expliquer par l’âge plus jeune des mères et par le fait qu’elles sont plus nombreuses à avoir déjà eu des enfants.
Les indicateurs concernant la santé des nouveau-nés restent néanmoins préoccupants. Plus d’un enfant sur dix naît prématurément, ce qui accroît le risque de troubles du neurodéveloppement et de handicap, même si la tendance évolue à la baisse. La mortalité néonatale, notamment dans les six premiers jours de vie, ainsi que la mortalité infantile au cours de la première année restent également supérieures à celles observées dans la majorité des autres territoires français.
La Guyane se distingue en revanche par une meilleure acceptation du dépistage des maladies rares et graves chez le nouveau-né. Ces pathologies y sont globalement moins fréquentes qu’ailleurs, à l’exception de la drépanocytose, qui concerne environ un enfant sur 200.
Enfin, l’allaitement constitue un point fort : près de neuf mères sur dix choisissent d’allaiter leur enfant, plaçant la Guyane parmi les départements français où cette pratique est la plus répandue.
Dans les maternités, 12 % de femmes de moins de 20 ans, 29 % de grossesses non désirées ou non planifiées

Dans son bulletin sur la santé périnatale et la petite enfance en Guyane (2012-2024), Santé publique France fournit de nombreuses données :
Les indicateurs sur les naissances sont préoccupants :


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