
Après s’être dotée en début d’année d’un nouveau véhicule permettant aux résidents de se déplacer dans la ville, la maison d’accueil spécialisée du groupe SOS Solidarités a continué de former son personnel et ses usagers à de nouvelles méthodes de communication en juin, et aménage des chambres pour faciliter le travail des soignants. Les visiteurs ont pu découvrir ces nouveautés lors des portes ouvertes qui s’y étaient tenues, fin mai.
Le prochain marathon de l’Espace, à Kourou, est prévu le 21 mars 2027. Parmi les plus de mille participants, les résidents de la maison d’accueil spécialisé (MAS) de Kourou (groupe SOS Solidarités) comptent bien être de la fête, comme ils en ont pris l’habitude. Avec pour objectif, lors de cette édition, de parcourir les 42,195 km. Pour ce faire, ils disposeront d’une rosalie, un véhicule dont l’établissement médico-social s’est équipé il y a peu et qui a été présenté, lors des portes ouvertes fin mai. Les Kourouciens ont déjà pris l’habitude de la voir circuler dans les rues de la ville. « Nous faisons beaucoup de sorties vélo, toutes les semaines, relatait Hélène Guérier, cadre éducative. Des sorties à vélo, en tricycle et désormais en rosalie. »
C’était l’une des innovations qu’ont découvertes les visiteurs ce jour-là. Ces derniers mois, l’équipe de la MAS a également beaucoup travaillé sur la communication adaptée. Dans les couloirs, les professionnels se déplacent avec des dizaines de petits cartons accrochés à leur porte-clefs. Sous forme de dessins, de pictogrammes, de photos, de mots… ils permettent d’échanger avec les usagers. Lorsque la parole ne suffit pas à se faire comprendre, la photo, le dessin ou le mot imprimé sur le carton sera souvent plus efficace : un rasoir, la chambre, maman, papa, le goûter. Les listes ont été adaptées par profession. Les infirmiers ont par exemple des cartons représentant la prise de sang et les gouttes dans les yeux.
« Pour tous les résidents, nous avons évalué ce qu’ils comprennent le mieux. Le porte-clef regroupe les mots du quotidien. Cela permet d’avoir un vocabulaire commun. » Ce dispositif a été mis en place l’an dernier et tend à se généraliser. Après avoir équipé l’ensemble du personnel, l’objectif était de munir les résidents à leur tour. « Nous avons moins de trouble du comportement, se réjouissent les professionnels de la MAS. Les résidents non verbaux s’en saisissent. » D'autres parviennent à s'exprimer à travers les sessions d'art-thérapie organisées trois fois par semaine dans les locaux.

« Accompagner vers un possible internat »
Les innovations rentrent également dans les chambres. Après l’oreille augmentée, financée par l’Agence Régionale de Santé et qui permet d’alerter les soignants en fonction des sons captés grâce à l’intelligence artificielle, de nouvelles chambres ont été équipées de rails. Ils permettent par exemple de déplacer un résident de son lit à la douche. Sur les soixante chambres de la MAS – vingt par étage –, dix-huit sont équipés et huit de plus le seront d’ici à la fin de l’année. « C’est bénéfique pour les soignants, témoigne-t-on du côté des aides-soignants. Avec le lève-personne, c’était beaucoup plus compliqué. »
La visite se termine dans une salle de jeux éducatifs. Une usagère est venue pour quelques heures. Avec des représentations de fruits et de légumes dans les mains, elle tente de respecter un code couleurs. « Pour nous, ce sont des choses qui peuvent paraître simple, reconnaît Karine Rambault, la directrice de la MAS. Mais le seul fait qu’ils arrivent à nommer un fruit ou un légume est une grande victoire pour nous. L’idée de l’accueil de jour, c’est aussi d’accompagner vers un possible internat. Il y arrive que les familles n’y arrivent plus. En les accueillant en journée, cela leur permet de se familiariser avec l’institution. »



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