
La Guyane vit un épisode de sécheresse qui sera vraisemblablement plus intense qu’en 2024. Vendredi, les acteurs concernés, dont l’ARS, se sont réunis à la préfecture pour anticiper les risques. Dans le secteur de la santé, la vigilance porte notamment sur la salinité de l’eau et la protection des patients dialysés, la continuité des soins et les stocks des centres de santé et hôpitaux de proximité.
Beaucoup ont encore les images en tête : des habitants de Saint-Laurent-du-Maroni s’approvisionnant en eau dans des bâches, le Centre Hospitalier de l’Ouest guyanais faisant remplir ses cuves par la SGDE, les hélicoptères multipliant les allers-retours vers les communes de l’intérieur pour transporter des professionnels de santé, des patients, du fret et du matériel médical. La sécheresse et l’augmentation de la salinité de l’eau avaient rendu l’eau impropre à la consommation dans la sous-préfecture, tandis que les pirogues ne pouvaient quasiment plus naviguer sur le Maroni.
Cette année pourrait être pire. Avec un déficit de 49 % de ses précipitations en juillet, la Guyane connaît son épisode de sécheresse le plus sévère depuis le début des collectes de données. Il risque de durer. Le pic est attendu pour octobre, novembre et décembre. Ce serait donc davantage qu’en 2024.
Vendredi, la préfecture a réuni les services de l’État, l’Agence Régionale de Santé, la Collectivité Territoriale de Guyane, les maires, Météo-France, EDF et tous les acteurs concernés, afin de se préparer et se coordonner pour anticiper les risques et agir efficacement face aux épisodes de chaleur à venir. Comme en 2024, le secteur de la santé est concerné.
Le biseau salin, c’est-à-dire la limite à laquelle l’eau de mer remonte les fleuves, est surveillé. Le risque est qu’il atteigne les captages d’eau potable de la Comté et du Maroni. Pour l’heure, il est stable. Les grandes marées du 20 septembre sont toutefois anticipées. En cas de dépassement de certains seuils, des recommandations pourraient être adressées aux personnes souffrant d’insuffisance rénale chronique, voire des distributions d’eau organisées à leur intention. Un protocole entre l’ARS, la SGDE et la préfecture prévoit diverses mesures en cas de dépassement de certains seuils de conductivité de l’eau. Pour cette raison un recensement des patients dialysés a démarré auprès des structures les prenant en charge. Dans le même temps, l’Agence régionale de santé a sensibilisé les établissements de santé à leurs stocks de membranes pour les osmoseurs.
L’ARS a également échangé avec le pôle Hôpitaux de proximité – CDPS du CHU de Guyane au sujet de leurs stocks et de leurs besoins de transport. L'établissement a d'ores et déjà anticipé et commencé à constituer des stocks. Lors de la réunion à la préfecture, il a été rappelé l’enjeu de maintenir les déplacements des patients et professionnels de santé. Ce pour garantir une prise en charge optimum de la population et éviter tout retard de prise en charge.
Par ailleurs, des travaux sont en cours sur certains les forages d’eau potable du Haut-Maroni, pour tenter d’éviter une pénurie, a indiqué le préfet Antoine Poussier. A Saint-Laurent, des travaux sont en cours pour augmenter les capacités de production et de stockage.

Le Maroni en 2024


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