
Le comité de pilotage de la Stramélo s’est réuni hier, à la préfecture, en présence du préfet Antoine Poussier et du directeur général de l’ARS Bertrand Parent. L’Agence a présenté le projet de filière sanitaire territoriale intégrée à l’échelle du CHU et de renforcement de l’offre médico-sociale. L’objectif est de disposer d’une réponse sanitaire et médico-sociale plus lisible, coordonnée et équitable sur l'ensemble du territoire, au bénéfice des personnes intoxiquées aux métaux lourds.
Disposer d’une filière unique pour dépister, orienter, prendre en charge et suivre les personnes intoxiquées aux métaux lourds en Guyane. Le tout doublé d’un volet médico-social allant du repérage à l’accompagnement. Tel est l’objectif fixé par Bertrand Parent, directeur général de l’Agence régionale de santé, qui a fait de la lutte contre les intoxications aux métaux lourds l’une de ses quatre priorités pour 2026.
Cette finalité, Bertrand Parent l’a rappelée hier, en ouvrant, avec le préfet Antoine Poussier, le comité de pilotage de la Stratégie interministérielle de lutte contre les intoxications aux métaux lourds (Stramélo). A cette rencontre ont notamment participé des représentants de l’Agence régionale de santé, de la préfecture, des services de l’État, du CHU de Guyane, de la CTG, de la CGSS et du Grand Conseil coutumier. Ils ont fait le point sur les objectifs de la Stramélo, les actions en cours, l’évolution de la gouvernance et les perspectives jusqu’en 2029.
Le souhait est donc de disposer :
Cette filière sanitaire regroupera :
S’agissant du volet médico-social, l’offre envisagée sera la suivante :
Pour y parvenir, l’ARS a présenté son projet de création d’une taskforce interne à l’Agence. Elle prévoit d’organiser une gouvernance interne afin d’assurer le pilotage opérationnel et transversal du projet, de coordonner les actions entre les directions de l'ARS et les partenaires, de suivre l'exécution des actions et de préparer les décisions du comité de pilotage. Dans le même temps, les réunions du Copil Stramélo passeront à un rythme semestriel. L’objectif est de disposer d’une réponse sanitaire et médico-sociale plus lisible, coordonnée et équitable sur l'ensemble du territoire, au bénéfice des personnes intoxiquées aux métaux lourds.

U-Stramélo, Emlo, Aymara, Ploc : de premiers résultats
Hier, les participants au comité de pilotage de la Stramélo ont présenté plusieurs actions.
Le Dr Yann Lambert et le Dr Isabel Travecedo ont fait le point sur la U-Stramélo, programme de soutien universitaire à la Stramélo. En début d’année, un séminaire avait réuni des chercheurs de multiples disciplines pour discuter des projets de recherche à mener pour lutter durablement contre les intoxications aux métaux lourds en Guyane.
Le Dr Cyril Rousseau, directeur des hôpitaux de proximité et des CDPS au CHU de Guyane, a détaillé le déploiement des équipes mobiles de lutte contre les métaux lourds sur le Haut-Maroni et le Haut-Oyapock (lire la Lettre pro du 23 décembre 2025). La mission comporte quatre volets :
En moins d’un an, 473 enfants ont été intégrés dans la file active. Les femmes enceintes de l’hôpital de proximité de Maripasoula bénéficient toutes d'un dépistage : 30% présentent en 2025 un saturnisme gestationnel qui s'améliore durant le suivi de la grossesse. Au bourg de Camopi et à Trois-Sauts, 310 enfants ont été suivis en 2025 dont un tiers présentaient un saturnisme contre 50% les années précédentes. Un dépistage des troubles du neurodéveloppement par un médecin des CDPS, en partenariat avec le programme Pilakit, porté par le GCSMS, a été mis en place.
L’étude Aymara, menée depuis 2024, a montré que dans le village de Pidima, en amont du bourg de Maripasoula, près des trois quarts (72 %) des adultes et 56 % des enfants dépassaient les normes de l’OMS en matière d’imprégnation au mercure. Les concentrations en mercure augmentent dans les poissons, tandis que des concentrations en plomb importantes sont retrouvées dans certains aliments.
Enfin, les résultats de l’étude Ploc ont été rappelés (lire la Lettre pro du 4 avril 2025). Son objectif était de déterminer les facteurs de bioaccumulation et de transfert sol-tubercule en plomb dans les variétés de manioc, puis dans les dérivés de manioc liquides et solides lors de leur préparation. Elle a montré que « la contamination observée du manioc est principalement liée au milieu de culture (sols et facteurs environnementaux) et non au processus traditionnel de transformation ».


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