Fin août, l’ARS a organisé un temps d’échange avec les médecins référents des Ehpad et les professionnels de santé intervenant auprès des personnes âgées en ESMS et à domicile. Cette population fait partie des plus à risque de développer une forme sévère de la maladie. Pour les personnes de plus de 65 ans, avec ou sans comorbidités, la HAS recommande le vaccin Vimkunya.

Fin août, l’ARS a organisé un temps d’échange avec les médecins référents des Ehpad et les professionnels de santé intervenant auprès des personnes âgées en ESMS et à domicile. L’objectif était de communiquer sur la situation épidémique et lae campagne de vaccination en cours, et d’échanger sur les mesures de gestion et de mise en place de cette campagne pour en connaître les retours d’expérience, les freins et le niveau d’adhésion auprès de cette population.
Un patient hospitalisé sur cinq a plus de 60 ans
Dans son dernier point épidémiologique hebdomadaire consacré au chikungunya, Santé publique France précise qu’un patient hospitalisé sur cinq à plus de 60 ans (72 sur 361) et que cette tranche d’âge compte pour 21 % des formes sévères (7 sur 33).
Par ailleurs, parmi les patients hospitalisés ayant développé une forme grave :
La Haute Autorité de santé (HAS) recommande pour les plus de 65 ans l’utilisation du vaccin Vimkunya contre le chikungunya, avec ou sans comorbidités. En effet, les personnes âgées font partie des plus à risque de développer une forme sévère de la maladie, au même titre que les nourrissons et que les personnes souffrant de comorbidités. La protection des personnes âgées « est un enjeu de santé publique, souligne le Dr Manuel Munoz, directeur de la santé publique à l’ARS. Tout laisse à penser que le pic n’a pas été passé sur l’ensemble du territoire. Il est donc toujours temps de vacciner, surtout dans l’Île-de-Cayenne. »
A l’Ehpad du Chog, 80 % des résidents vaccinés contre le chikungunya
A l’Ehpad de Saint-Laurent-du-Maroni, trente-quatre des quarante-deux résidents s’étaient fait vacciner contre le chikungunya, fin août. « Sans complication post-vaccinale, pas même de fébricule », a précisé le Dr Olivier Angénieux, médecin référent de l’établissement, lors de l’échange avec l’ARS et d’autres professionnels de santé intervenant auprès des personnes âgées. Huit n’ont donc pas été vaccinés : trois en fin de vie, un en phase aigu d’une pathologie et quatre qui s’y étaient opposés : deux fermement et deux qui souhaitaient y réfléchir.
Enfin, il a rappelé qu’en l’absence d’opposition de la famille ou du tuteur à la vaccination, le médecin est compétent pour évaluer la balance bénéfice-risque et proposer toute chose qui est bonne pour le patient. Dans ce cas, le praticien est couvert par les recommandations de la Haute Autorité de santé. « Nous étions en épidémie, poursuit le gériatre. Si nous ne le faisions pas, on aurait pu nous reprocher de ne pas avoir mis les moyens pour protéger les usagers d’une maladie potentiellement mortelle. »
Une faible mortalité, mais un risque d'impact durable sur la qualité de vie

Photo Association L'Ebène
Le virus du chikungunya circulant actuellement en Guyane ne présente pas de sévérité particulière. Mais si les formes gravissimes du chikungunya restent rares, touchant principalement les personnes les plus fragiles, la maladie peut entraîner des atteintes chroniques invalidantes, avec des douleurs articulaires persistantes pouvant altérer durablement la qualité de vie, comme l’a relaté le Dr Angénieux, qui jugeait « effroyables » les formes symptomatiques rencontrées à Saint-Laurent-du-Maroni. « Il s’agissait de jeunes personnes solides, incapables de sortir du lit pendant une ou deux semaines, avec des douleurs persistantes aux articulations. Quand l’épidémie va arriver dans l’Île-de-Cayenne, les gens réaliseront que chez les plus jeunes, c’est une expérience très difficile. Chez les personnes âgées, cela rajoutera des comorbidités, des douleurs et une baisse énorme de la qualité de vie. »
Un cas exporté en Guadeloupe
L’ARS Guadeloupe a annoncé qu’un cas de chikungunya, importé de Guyane, avait été confirmé dans l’archipel. Résidant en Guyane, le patient était de passage en Guadeloupe lorsque ses symptômes sont apparus. Il a consulté un professionnel de santé sur place. Dans un communiqué, l’ARS Guadeloupe précise avoir déclenché des enquêtes environnementales et avoir mis en œuvre des actions ciblées dans les lieux fréquentés par le patient. Depuis, ce dernier est rentré en Guyane, dans un état jugé rassurant.
Cent trente personnes vaccinées en sept jours

Cent trente doses de vaccins ont été administrées du 17 au 23 septembre, en Guyane. Cela porte à 1 587 le nombre de vaccins délivrés depuis le début de la campagne de vaccination.
Financée par l’Agence Régionale de Santé, la vaccination contre le chikungunya est gratuite en Guyane, sur prescription médicale. Retrouvez toutes les informations sur son site internet.
Où se faire vacciner ?

La vaccination est désormais accessible auprès de plusieurs professionnels de santé :
Le parcours vaccinal en trois étapes
- Prendre contact avec le professionnel de santé de son choix : pharmacien, médecin, infirmier ou sage-femme.
- Échanger avec lui afin d’obtenir une prescription adaptée à son profil.
- Se faire vacciner immédiatement lorsque cela est possible ou en prenant rendez-vous.
Le tableau ci-dessous résume les recommandations publiées par la HAS le 9 avril 2026 concernant les deux vaccins actuellement disponibles.

La vaccination vise à prévenir les formes graves, essentiellement chez les personnes les plus fragiles, mais également les formes invalidantes (environ 30 à 50 % des patients symptomatiques développent des douleurs articulaires persistantes au-delà de 3 mois). La vaccination permet ainsi de réduire le risque de complications et l’impact sur la qualité de vie, ainsi que la pression sur le système de santé en contexte épidémique.
Les personnes les plus vulnérables face au chikungunya sont les personnes âgées, les personnes présentant des comorbidités, les personnes immunodéprimées ainsi que les nouveau-nés. Bien que la vaccination soit un geste individuel, elle contribue également à réduire le risque de transmission et à protéger ces populations particulièrement fragiles.
La vaccination ne remplace pas les autres mesures de protection mais vient les renforcer. Il est crucial de continuer à :


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