
Face à la sécheresse qui touche la Guyane et à la baisse du niveau du Maroni et de l’Oyapock, le préfet Antoine Poussier a déclenché le plan Orsec afin de garantir la sécurité sanitaire des populations, la continuité électrique, et d’assurer l’approvisionnement des communes les plus touchées. Sur le littoral, le biseau salin est surveillé. Dans l’intérieur, plusieurs mesures sont déployées pour assurer l'acheminement de l' eau potable et du fret. L' ARS et le CHU sont en contact pour évaluer la situation des hôpitaux de proximité et des CDPS.
Surveillance du biseau salin sur la Comté et le Maroni, installation de fontaines atmosphériques à Maripasoula, organisation de l'acheminement du fret vers les communes de l’intérieur et contrôle des prix : une batterie de mesures sont en cours pour faire face à la sécheresse qui touche la Guyane. Sur le littoral, elle fait courir le risque que de l’eau salée rentre dans les usines de production d’eau potable. Dans l’intérieur, elle empêche quasiment la circulation sur les fleuves. Ces mesures ont de nouveau été discutées hier.
Face à la sécheresse qui touche la Guyane et à la baisse du niveau du Maroni et de l’Oyapock, le préfet Antoine Poussier a déclenché le plan Orsec afin de garantir la sécurité sanitaire des populations et d’assurer l’approvisionnement des communes les plus touchées. Depuis hier, le centre opérationnel zonal se réunit chaque jour pour suivre l’évolution de la situation, recenser les besoins des communes et coordonner les opérations de ravitaillement.
L’Agence régionale de santé suit plusieurs sujets de près. Tout d’abord la question de la conductivité de l’eau. Elle traduit la quantité de sel qui s’y trouve. Deux seuils sont fixés à 1 100 et 2 300 microsiemens par centimètre. En cas de dépassement du premier, de l’eau potable sera distribuée aux patients dialysés. En cas de dépassement du second, cette distribution sera étendue à toute la population. Pour l’heure, il n’y a pas d’alerte sur ce point. Sur la Comté, les pluies prévues devraient stabiliser la situation, ce qui n’est pas le cas sur le Maroni où aucune précipitation n’est attendue. Entre outre, la station de la Comté se trouve plus en amont désormais. A Saint-Laurent, des travaux ont démarré.
L’ARS fait également régulièrement le point avec la direction des CDPS et hôpitaux de proximité du CHU de Guyane, grand utilisateur des moyens de transport entre le littoral et l’intérieur, que ce soit pour ses patients, ses professionnels ou du fret. Pour l’heure, l’établissement utilise principalement des hélicoptères pour satisfaire ses besoins.
S’agissant du ravitaillement en eau, la mairie de Maripasoula fait installer des fontaines atmosphériques, dans ses écarts. Ces appareils récupèrent l’humidité de l’air, la traite et la filtre. Les plus grosses ont une capacité de 500 litres par jour. Les réunions du centre opérationnel zonal vont se poursuivre de manière quotidienne.
Sur le Maroni, de la sensibilisation pour éviter les maladies hydriques

Sur le Haut-Maroni, l’équipe mobile de santé publique (Emspec) de Maripasoula n’a pas attendu que le Fleuve soit au plus bas pour aller à la rencontre des habitants. Du 21 au 25 septembre, trois médiateurs en santé et une infirmière se sont rendus à Elaé, Taluen, Cayodé et Antecume Pata. Outre les activités prévues, ils ont effectué des maraudes pour sensibiliser les habitants au stockage de l’eau et aux maladies à transmission hydrique. Un agent du service Eau et assainissement de la mairie les a accompagnés pour répondre aux questions de la population.
Une quarantaine de foyers ont été visités. « Cette mission a permis de rappeler les bonnes conduites à tenir sur le stockage de l’eau et de recueillir les doléances des habitants sur l’accès à l’eau potable », relate Louise Mutricy, infirmière coordinatrice de l’Emspec. Les difficultés ne manquent pas : robinets cassés, niveau de la crique très bas à Cayodé, coupures d’eau régulières… Les parents ont également pris le temps de parler des diarrhées. Dans son bulletin de surveillance du 9 octobre, Santé publique France faisait état d’une cinquantaine de passages pour ce motif dans les hôpitaux de proximité et les CDPS, un chiffre juge modéré et stable.
Ces derniers mois, l’Emspec est également intervenue avec la Croix-Rouge française auprès de certains foyers, dans le cadre du déploiement du dispositif Traitement de l’eau à domicile (TED, lire la Lettre pro du 24 mars). En formant les familles à diverses techniques de traitement de l’eau, l’objectif est de réduire durablement les risques sanitaires liés à la consommation d’eaux non sécurisées.
Déployé dans le cadre du Plan régional santé – environnement (PRSE), ce dispositif a connu une phase pilote à Macouria, Saint-Laurent-du-Maroni et Grand-Santi. La Croix-Rouge française cherche désormais à le faire essaimer partout sur le territoire, avant une éventuelle pérennisation. Des interventions ont donc été réalisées à Maripasoula et Saint-Georges.
« Sur le Maroni, nous avons pu accompagner une dizaine de familles à Antecume Pata et Palassissi, précise Illily Ag Mohamed, référent Eau, hygiène et assainissement à la Croix-Rouge. Dans cette commune, la signature d’une convention avec la mairie et le CHU de Guyane est considérée comme un premier pas pour que la commune reprenne tôt ou tard le flambeau.


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