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Infos citoyennes

30/10/26
Saint-Laurent ouvre son Carbet des femmes

Accueillir la parole des femmes victimes de violences, coordonner leur parcours de soins, avec la justice et les services sociaux, animer un réseau de partenaires sur le sujet : telles sont les missions de la maison des femmes de Saint-Laurent-du-Maroni. Elle ouvre ses portes lundi, dans l’ancien hôpital, en centre-ville. Elle accueillera les femmes victimes de violences, y compris avec leurs enfants, les lundi, mardi, jeudi et vendredi de 8 heures à 12 heures, avec ou sans rendez-vous. Les femmes pourront s’y présenter spontanément, sur orientation depuis l’hôpital ou par un partenaire extérieur. A ce titre, une fiche de liaison a été transmise aux structures et aux acteurs de la ville susceptibles de recevoir ce public.

Cette maison – la première au sein du CHU de Guyane – fait office de guichet unique. A son arrivée, la victime est vue par une sage-femme. Équipé d’un large canapé, d’une table ronde, de quoi se désaltérer, le bureau se veut « un endroit chaleureux où les femmes aient envie de se poser et se sentent confiance pour parler », décrit Elise Messmer, sage-femme depuis onze ans à Saint-Laurent, qui occupera le poste jusqu’en mars, en remplacement de Meggane Pesnel.

La sage-femme construira avec elle son parcours : « Le but de l’entretien est d’identifier ses besoins et ce qu’elle souhaite au moment où elle vient nous voir. En cas d’urgence ou de mise en danger immédiate, des procédures sont prévues. » Le site est encore doté d’une salle de consultation médico-gynécologique et d’une pharmacie pour « fournir des petits soins non urgents, dispenser des contraceptifs d’urgence et des contraceptions régulières ». Le Carbet des femmes pourra également bénéficier d’interventions de son chef de service, le Dr Hassen Hadiji, médecin urgentiste.

L’usagère peut également être reçue en consultation par une psychologue ou une assistante sociale. L’Association guyanaise d’aide aux victimes (Agav) tiendra des permanences bimensuelles, tandis que la gendarmerie pourra recueillir les plaintes sur place. Un médiateur en santé sera recruté prochainement. « Il pourra assister pour les consultations, faire de l’aller-vers et de la sensibilisation, proposer des activités », explique Marion Louault, ingénieure d’études en santé publique et coordinatrice du Carbet des femmes.

Outre la gendarmerie, la maison des femmes s’appuiera sur un réseau de partenaires pour orienter les femmes : les gestionnaires d’hébergement d’urgence, les professionnels de santé libéraux, la Croix-Rouge française pour la vaccination, la protection maternelle et infantile, la Pass, le centre communal d’action social (CCAS), le Cegidd, les services sociaux, le Planning familial et l’hôpital pour les demandes d’IVG, la sous-préfecture les associations communautaires. A ce titre, elle a édité deux brochures localisant les acteurs de la lutte contre les violences faites aux femmes à Saint-Laurent et fournissant tous les contacts utiles.

Marion Louault s’attend à ce que le Carbet des femmes rencontre rapidement une forte affluence. « C’est le cas dans toutes les maisons des femmes. » Si l’on ne dispose pas de données précises dans l’Ouest, un tiers des femmes reçues au Planning familial de Saint-Laurent en 2025 ont signalé être victimes ou avoir été victimes de violences. 

 

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