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Conte Populaire guyanais : RAVET KÉ POULE

Ravet ké Poule té marié.

Oun jou, Poule dit Ravet : « Nous gagnin nou bâtis, faut nous travaille li. Dimain bon matin, nous ké lévé grand bonho et pis nous ké pati. » Ravet dit oui. Quand poule prête, li appelé Ravet. Ravet sòti di sô boucan su machouai marrée cou paquet bois. Li dit Poule : « Mô chè, laissé mô la case jùdi-là, mô malade. » Poule allé la bâtis li oune sô. Dipi li sôti, ravet mette tambou dérhô, li commencé chanté :

« Tibidi badi badi Bamban, Tambou kalé la Sosso... Potè bouteilles champagne, ho Tambou kalé la Sosso. Tibidi badi badi Bamban, Tambou kalé la Sosso ! »

Toutes ravets di vouésinage rivé ; yé toutes ka dansé. Dipi Ravet tende quatre ho, li serré sô tambou, li renvoyé toute moune, et pis li allé couché, li marré so machouai. Poule rivé, li doumandé Ravet coment li fika. Ravet dit li ka souffri beaucoup. Lendimain, Poule lévé pou allé la battis.
Li dit Ravet : « To pou ka vini ké mô ? »
Ravet dit li trop malade.

Tous lé jous, Ravet té ka fait même farce. Dipi Poule allé la battis, li ka santé dérhò : fioup ! li, ka batte tambou. li ka dansé, li ka chanté :

« Tibidi badi badi Bamban etc. etc.

Poule dit : « Ça trop fo ; mo crai Ravet ka foutan di mô ! » Lendimain, en place li pati pou yé bâtis, li serré sô cô dèyè case. Ravet crai li allé la bâtis, li mette sô tamboù dérhô, li coumencé chanté :

« Tibidi badi badi Bamban » etc. etc.

Toutes sô zamis ravets rivé. Pendant dansé là té bien chaud, Poule sùti dèyè case. Li dit : « Anhan ! parsou !.. A cou ça tô malade?.. Coquin! tô pou ka foutan di mô encô ! Li tombé lassou bande ravet-yé-là. Ravet coumencé couri toutes côtés : chouiii, chouiii ! Mé avant yé gain temps di : mô maman !... Poule tué yé toutes, li mangé yé toutes.

A pou ça ou ka tendé di toute temps : « Ravet pou ka jamé gagnin réson divan la pote poulailler. »



RAVET ET POULE

Ravet s'était marié avec poule.

Un jour, Poule dit à Ravet : «Nous avons notre abatis, il faut que nous le travaillions. Demain matin, nous nous lèverons de très bonne heure et puis nous partirons. » Ravet dit oui. Quand Poule fut prête, elle appela Ravet. Ravet sortit de sa cabane (1) la mâchoire attachée (grosse) comme un paquet de bois. Il dit à Poule : « Ma chère, laissez-moi à la maison aujourd'hui, je suis malade. » Poule alla sur l'abatis elle toute seule. Dès qu'elle fut partie, Ravet mit son tambour dehors, il commença à chanter :

« Tibidi badi badi Bamban, Le tambour va (s'en ira bientôt) au village voisin. Portez des bouteilles de Champagne, ohé ! Le tambour va au village voisin. Tibidi badi badi Bamban, Le tambour va au village voisin. »

Tous les ravets du voisinage arrivèrent; eux tous se mirent à danser. Dès que Ravet entendit quatre heures il serra son tambour, il renvoya tout le monde, et puis il alla se coucher, il attacha sa mâchoire. Poule arriva, elle demanda à Ravet comment il allait. Ravet dit qu'il souffrait beaucoup. Le lendemain, Poule se leva pour aller à l'abatis. Elle dit à Ravet : « Tu ne viens pas avec moi ? » Ravet dit qu'il était trop malade. Tous les jours, Ravet faisait la même farce. Dès que Poule était partie pour l'abaLis, il sautait dehors : fioup !. il battait du tambour, il dansait, il chantait :

« Tibidi badi badi Bamban » etc. etc.

Poule dit : « C'est trop fort ! je crois que Ravet se moque de moi. » Le lendemain, au lieu de partir pour leur abatis, elle serra (cacha) son corps derrière la case. Ravet crut qu'elle était partie pour l'abatis, il mit son tambour dehors, il commença à chanter :

« Tibidi badi badi Bamban » etc. etc.

Tous ses amis ravets arrivèrent. Pendant que le danser était bien chaud, Poule sortit de derrière la case. Elle dit: « Ah! ah ! paresseux!.. C'est comme ça que tu es malade?.. Coquin ! tu ne te moqueras pas de mot encore ! » Elle tomba sur cette bande de ravets-là. Les ravets se mirent à courir de tous côtés: chouiii, chouiii !.. Mais avant qu'ils n'aient eu le temps de dire: ma mère!... Poule les tua tous, elle les mangea tous.

C'est pour cela que vous entendez dire tout le temps : « Les ravets n'ont jamais raison devant la porte d'un poulailler. »


sources :
http://manioc.org
Bibliothèque Alexandre-Franconie
Archives territoriales
Bibliothèque de l'Université de Guyane
association ORkidé


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