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Formation, diplôme, accessibilité : les clés de l’emploi des jeunes

Insertion professionnelle des 15-29 ans

La moitié des 46 000 jeunes Guyanais âgés de 18 à 29 ans n’est ni en emploi ni en formation : la Guyane se caractérise par un nombre très important de jeunes éloignés de l’emploi. Ils sont chômeurs ou sans activité. Parmi eux, deux tiers n’ont aucun diplôme, et ils habitent davantage dans l’ouest ou l’est de la Guyane, ou dans les communes « non-routières ». La scolarisation en Guyane, moindre et plus courte, ajoutée aux départs vers la France métropolitaine des néo-bacheliers conduit à des niveaux de diplômes plus faibles sur le territoire. Pour ceux qui s’orientent vers la voie professionnelle, l’insertion est facilitée. Les difficultés sont accrues en Guyane « non routière » et pour les étrangers qui représentent un jeune sur trois.

En 2015, en Guyane, 24 000 jeunes entre 18 et 29 ans ne sont ni en emploi ni en formation, soit 53 % de la classe d’âge. Le premier déterminant de cette situation est le diplôme. En effet, 71 % des jeunes sans diplôme ou avec au mieux un brevet des collèges ne sont ni emploi ni en formation, soit presque 16 000 jeunes. La majorité réside dans l’Ouest Guyanais, où 82 % des 18-29 ans ne sont ni en emploi ni en formation.

Le rôle central du lieu de résidence

Les jeunes résidant dans les Communautés de Communes de l’Ouest et de l’Est Guyanais sont plus éloignés de l’emploi et de la formation. Plus généralement, il en est de même pour ceux n’ayant pas d’accès routier, c’est-à-dire résidant dans la Guyane dite « non-routière ». Pour ces derniers, le diplôme protège moins du chômage, l’éloignement au bassin d’emploi restant déterminant : 82 % des jeunes de la Guyane « non-routière » possédant un CAP-BEP ne sont ni en emploi ni en formation.

Enfin, les immigrés sont également défavorisés vis-à-vis de l’emploi et de la formation. Ainsi, même parmi les jeunes immigrés possédant un baccalauréat, 45 % ne sont ni en emploi ni en formation. L’absence de nationalité française est donc un déterminant crucial vis-à-vis de l’éloignement de l’emploi et de la formation. C’est dans l’Ouest guyanais que se trouve la plus forte proportion d’immigrés (42 % d’immigrés chez les 18-29 ans).

Finalement, plus de la moitié des jeunes ni en emploi ni en formation de Guyane sont résidents de la CC de l’Ouest Guyanais, 37 % résident dans la CA du Centre Littoral, 8 % dans la CC des Savanes et 4 % dans celle de l’Est Guyanais. La situation sociale de ces jeunes et de leur famille, la précarité, les difficultés d’insertion pour les immigrés, ainsi que l’éloignement géographique aux formations ou au bassin d’emploi, représentent autant de freins sur le chemin de la formation et de l’emploi.

Une partie de ces jeunes ni en emploi ni en formation sont des femmes, dont l’entrée dans la vie professionnelle est plus difficile. Près de 60 % des jeunes femmes âgées de 18 à 29 ans sont au chômage ou sans activité. Un des facteurs limitant est la charge de famille, puisque chez les 20-24 ans, elles sont 40 % à avoir déjà fondé une famille.

Une scolarité plus courte

De la scolarisation initiale à la formation diplômante, le parcours est déterminant pour l’insertion sur le marché du travail. Deux facteurs caractérisent les difficultés des jeunes en Guyane : une non-scolarisation plus élevée d’une part et une scolarisation plus courte, d’autre part.

Signe d’une non-scolarisation qui faiblit très peu, 62 % des jeunes âgés de 15 à 29 ans sont non-scolarisés en 2015. Ce taux a progressé d’un point par rapport à 2010. Le décrochage s’amplifie en fin de collège et s’accentue fortement après le baccalauréat. Plus de la moitié des jeunes Guyanais ne sont plus scolarisés dès l’âge de dix-neuf ans, trois quarts ne le sont plus à vingt et un ans et seulement un dixième sont scolarisés à vingt-quatre ans.

À la rentrée 2014, le taux de scolarisation à 18 ans est de 65 % en Guyane, 81 % aux Antilles, et 84 % en France métropolitaine. Ce phénomène est renforcé par le départ annuel d’une partie importante des néo-bacheliers vers la France métropolitaine. Le plus grand nombre de départs a lieu à 18 ans. Ainsi, en 2014-2015, 38 % des néo-bacheliers guyanais ont poursuivi leurs études supérieures en France métropolitaine. Ces départs sont le reflet d’opportunités d’études plus longues ou diplômantes puisqu’un quart des jeunes originaires de Guyane résidant en France métropolitaine et un tiers de ceux résidant en Île-de-France sont diplômés du supérieur contre 10 % parmi les jeunes résidant en Guyane.

La scolarisation est également plus courte : en 2015, l’espérance de scolarisation ou durée moyenne espérée de scolarisation d’un enfant âgé de deux ans est estimée à 16,4 années en Guyane, alors qu’elle est de 19 années en France métropolitaine. Cette espérance est un peu plus élevée pour les filles (16,5 ans) que pour les garçons (16 ans). En moyenne, quand les jeunes femmes poursuivent des études secondaires et supérieures, leur durée est plus longue que pour les garçons.

Plusieurs facteurs concourent à une scolarisation plus courte en Guyane. La non-scolarisation à des âges précoces est plus élevée. Par ailleurs, le département accuse un retard structurel notamment concernant la construction de lycées et de collèges de proximité. Les trois derniers lycées guyanais ont ouverts leurs portes en 2009, alors que la population des 15-19 ans augmente de 600 par an depuis 2010.

Enfin, de nombreux cursus de formation généraux plus longs ne sont assurés qu’en France métropolitaine ou aux Antilles. L’orientation est plus souvent professionnelle, au détriment des filières longues de l’université. Les formations de la voie professionnelle permettent cependant une insertion plus rapide sur le marché de l’emploi et ouvrent également l’accès à l’enseignement supérieur (notamment en BTS).

Les formations technico-professionnelles facilitent l’accès à l’emploi

Plus de la moitié des jeunes diplômés en Guyane le sont dans les domaines de formations techniques ou professionnelles. En Guyane « routière », ceux formés dans les domaines technico-professionnels de la production (par exemple l’agro-alimentaire ou le bâtiment) trouvent plus facilement un emploi. Plus de deux tiers d’entre eux sont actifs, la moitié occupe un emploi, le reste est au chômage.

Ces formations étant a priori plus courtes, les diplômés arrivent plus rapidement sur le marché du travail.

Les jeunes s’étant orientés vers les formations technico-professionnelles des services (par exemple le commerce, la vente ou la santé) sont nombreux à être actifs (70 %) et presque la moitié sont en emploi.

De plus, moins d’un jeune sur trois diplômés dans les domaines technico-professionnels des services est au chômage.

Les jeunes ayant suivi une formation disciplinaire (par exemple les sciences humaines et le droit ou la littérature) sont plus nombreux à la recherche d’un emploi.

Les spécialités des domaines disciplinaires correspondent généralement à des formations longues, ce qui explique que le taux d’activité des jeunes qui s’orientent dans ce domaine soit plus faible que pour la majorité de ceux restés en Guyane « non-routière ».

En Guyane, l’insertion des jeunes sur le marché de l’emploi local est très défavorable à ceux n’ayant aucun diplôme ou formation, puisque 15 % seulement d’entre eux sont en emploi, alors que 72 % sont inactifs.

Une insertion problématique en Guyane « non routière »

L’éloignement des structures d’enseignement, de formation ou des bassins d’emplois est un facteur clivant pour une partie des jeunes Guyanais. Les jeunes de la Guyane « non-routière » doivent faire face à des difficultés accrues par rapport à ceux de la Guyane « routière ».

La différence de taux de scolarisation en Guyane « non-routière » par rapport à la Guyane « routière » et la France métropolitaine est particulièrement forte entre 19 et 26 ans, marquant l’absence de structures d’études dans les communes « non-routières ».

En Guyane « non-routière », un jeune sur deux n’est plus scolarisé à partir de 17 ans. Et dès l’âge de 23 ans, les jeunes de l’intérieur ne fréquentent presque plus d’établissement scolaire.

L’espérance de scolarisation d’une jeune femme résidant en Guyane « non-routière » accuse un retard de six années par rapport à une jeune de France métropolitaine.

Comparés aux jeunes urbains, les jeunes ruraux ou ceux habitant la Guyane « non routière » doivent déménager sur le littoral dès le collège. Ceux qui ne le font pas sont déscolarisés plus tôt et doivent entrer plus tôt dans la vie active, sans diplôme. Une partie de ces jeunes sont, par définition, catégorisés en « inactifs » de par leur mode de vie traditionnel (chasse, pêche et agriculture sur brûlis). Pour la majorité de ceux restés en Guyane « non-routière », le risque d’une persistance de l’inactivité ou du chô­mage est fort, par manque de perspective d’em­ploi ou d’accessibilité à des formations.

L’absence de nationalité française est un frein à l’insertion

En Guyane, 31 % des jeunes sont étrangers. La situation des jeunes de nationalité étrangère face au diplôme est défavorable : 75 % des étrangers âgés de 15 à 29 ans n’ont pas de diplôme, contre 41 % des résidents de nationalité française. Seuls 3 % d’entre eux ont un diplôme d’études supérieures.

Les jeunes étrangers résidant en Guyane sont ainsi bien moins diplômés que les jeunes de nationalité française résidant en Guyane et encore moins que les jeunes originaires de Guyane (ceux nés en Guyane ou dont l’un des parents est né en Guyane) résidant en France métropolitaine. En effet, 41 % des jeunes Français en Guyane ne sont pas diplômés ou ont au mieux un brevet des collèges, contre 21 % de ceux originaires de Guyane résidant en France métropolitaine. De même, 16 % d’entre eux ont un diplôme d’études supérieures contre 25 % pour les originaires vivant en France métropolitaine.

La situation est également dégradée pour les jeunes femmes étrangères. En effet, en Guyane, 76 % des femmes étrangères âgées de 15 à 29 ans n’ont pas de diplôme ou au mieux un brevet des collèges, contre 41 % pour celles de nationalité française. De même, les jeunes femmes de nationalité étrangère ne sont que 3 % à avoir un diplôme d’études supérieures, contre 21 % pour celles de nationalité française. Outre le niveau de diplôme, la nationalité française ou la possession d’un titre de séjour sont déterminants pour trouver un travail formel.

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Source :
Nora Eliot INSEE
Paru le : 30/08/2019

 


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