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Jodla 27/05/10
« La pantalonnade durable » dans La Semaine Guyanaise

Devant un monde qui échappe à la raison où que se porte le regard, quand juste à notre porte, à l'occasion d'élections reconnues comme parfaitement démocratiques par l'organisation des états américains (Politique Suriname : Une grande fête démocratique), des citoyens libres de leur choix viennent de faire le lit d'un pur produit du totalitarisme, il n'est pas insensé de tourner le regard vers nos propres turpitudes. Car si le Suriname est tenté par la candidature d'un ancien putchiste assoiffé d'or, condamné pour trafic de cocaïne et sous le coup d'un mandat d'arrêt international ("Immunité diplomatique", sur Politique Suriname, Les Echos, France-Guyane, et Wikipédia), nous, citoyens de la Guyane française, regardons passer le train de la misère et de la corruption sans chercher à l'arrêter, laissant ce soin aux institutions dépassées par la tâche à accomplir, ou même peut-être à quelques citoyens encore conscients au sein d'institutions en désarroi. Faut-il qu'un petit militant de l'UTG soit impliqué dans un procès pour que le public s'y intéresse ?

A l'issue d'un procès qui aurait dû être emblématique et populaire, dans un dossier fouillé sur le procès des commerçants de Saint-Elie - accompagné du réquisitoire du procureur David Percheron -, Frédéric Farine sort avec bonheur de son rôle de journaliste d'investigation pour nous livrer un superbe article d'analyse : « Saint-Elie : la pantalonnade durable ».

Extraits de l'article de Frédéric Farine « Saint-Elie : la pantalonnade durable », paru dans La Semaine Guyanaise :

« Des pépites dans un pripri de paradoxes : c’est aussi cela Saint-Elie. Et des droites parallèles (procureur et avocat ) qui ont pu avoir raison ou cru avoir raison, chacun à leur manière, sur ce dossier.

Meurtres et bordels
À Saint-Elie, l’envers du décor est moins angélique. Les meurtres, ces dernières années n’y
ont pas été une vue de l’esprit, les bordels en forêt abritant des prostituées mineures pas
davantage. J’en ai vus cachés en forêt, encore, fin 2008. »

...........

« Avec bien des similitudes, Saint-Elie commune guyanaise sur le papier était, en fait, imperceptiblement devenue une sorte de territoire étrange et étranger au cœur même de la République, un nouveau front pionnier quasi brésilien où, sans école, ni dispensaire, sans eau courante 22 heures par jour, sans électricité après 22 h, la débrouille est devenue la norme, où les plus habiles ont mieux réussi que les autres, où des commerçants se sont installés progressivement flairant le filon. »

..........

« Et d’ailleurs, le réquisitoire du procureur en atteste puisqu’il révèle que c’est son « intime conviction » qui lui permet de dire que la majorité des prévenus ont « un patrimoine copieux » au Brésil. Autrement dit, il n’en a pas la preuve. Et pour cause, la justice française n’est pas allée voir sur les comptes des intéressés au Brésil, elle n’y a pas enquêté sur leur patrimoine dans ce pays ! »

........

« C’est donc un travail de pionnier qui attend le tribunal qui s’est donné au minimum jusqu’au 1er juillet pour délibérer. Un délai qui lui réclame d’éplucher les 11 tomes de ce dossier. Car c’est un jugement qui fera date : une absence de réponse de la justice serait un échec cuisant pour les enquêteurs. Elle marquerait aussi les limites juridiques de la lutte contre l’orpaillage illégal en Guyane. »

........

« Et si une partie de ces gens, pour la plupart sans formation, habitués à la débrouille dans leur pays avaient tout simplement perpétré à l’extrême cette vie-là sur un territoire français abandonné, bourré d’or et sans le moindre garde-fou ? Et que l’on soit aussi en droit de s’interroger sur le fait que le chef de la compagnie de gendarmerie de Kourou* entre 2000 et 2003 avait finit par épouser la gérante (entre 2000 et 2003, selon le dossier d’instruction) d’un des commerces de Saint-Elie aujourd’hui dans la ligne de mire de la justice. En Guyane, le mélange des genres est une pratique qui ne provoque aucun barrage routier. À ce sujet, comment ne pas être perplexe quand une majorité à la Région Guyane confie sans sourciller la délégation des ressources naturelles à Carol Ostorero (...). »

........

Je me suis aussi demandé pourquoi les gens du littoral ne se sont pas déplacés pour ce
procès. Un jeune enseignant guyanais m’a donné son opinion : « Les gens entendent parler
de Saint-Elie mais puisqu’ils n’y vivent pas ça ne fait pas partie de leurs préoccupations
. (...) »

........

« Nos parlementaires, entre autres, auraient dû assister à ce procès des commerçants de
Saint-Elie. Peut-être y auraient-ils puisé un peu de doutes et d’inspiration. Au tribunal de
Cayenne, l’entrée est gratuite pour les dames en pantalon.»
 

* Vincent Sciascia (NdE).

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